jeudi, 23 mai 2013
 

El Béchir est au Tchad malgré deux mandats d’arrêts internationaux

D’abord l’Union Africaine avait manifesté sa réserve à la condamnation, dès l’annonce de la condamnation, disant que cette condamnation était de nature à aggraver le conflit du Darfour et à servir finalement un objectif opposé à l’objectif de paix poursuivi par l’Union Africaine dans la résolution du conflit de Darfour. Effectivement, la tenue des premières élections législatives et présidentielles dans ce pays est l’un des résultats de cet effort de paix. Et, même si le Président Omar a été accusé de fraudes électorales, les élections ont été sans violences.

Pour toutes ces raisons, la même Union Africaine avait dépêché une délégation à l’ONU pour demander un moratoire à l’instruction et à l’arrestation du Président Béchir. En effet, c’est la première fois qu’un Président en exercice est condamné par la Cour Pénale Internationale. Ce qui a fait dire au Ministre de l’Information du Soudan qu’il "s’agissait d’une décision prise par un Tribunal de Blancs" disqualifiant ainsi le verdict. Même disqualification de la part du Président Béchir qui s’est déplacé depuis dans les pays musulmans amis.

Le Président El-Béchir a été accusé par le Tribunal Pénal de crimes contre l’humanité, de meurtres, d’extermination, de déplacements forcés des populations, de tortures et de viols. Il a été également accusé de crimes de guerre, coupable d’attaques contre les civils et d’incitation aux pillages.

Sur insistance du Procureur du Tribunal Pénal, le juge Louis Moreno-Ocampo, un second mandat international a été lancé la semaine dernière par la même Cour Pénale. Ce mandat ajoute les accusations de génocide aux crimes contre l’humanité et aux crimes de guerre. Le génocide permet une condamnation sur une durée plus longue voire à vie.

Une condamnation porteuse de divisions

Plusieurs Présidents de l’Union Africaine avaient estimé que la décision de la Cour Pénale était injuste pour l’Afrique et menacé de ne plus être membres de ladite Cour.

Les Nations Unies estiment à 300 000 le nombre de personnes tuées dans le conflit du Darfour et à 2,5 millions le nombre de personnes déplacées.

Le Soudan nie ce bilan qu’il qualifie d’exagéré.

Les violences au Darfour ont commencé en 2003 après un soulèvement des rebelles originaires du Darfour contre le Gouvernement.

Amnesty International demande au Tchad de procéder à l’arrestation du Président Béchir. Ce qui est impensable, au regard des enjeux nationaux et internationaux.

Le Président Béchir vient d’être reélu pour un nouveau mandat après la tenue des premières élections dans le pays, elles-mêmes précédées par un accord de paix avec les représentants des rebelles dans les Emirats Arabes Réunis. Le Président Omar El-Béchir débute son troisième mandat. Les élections qualifiées d’historiques ont eu lieu en mai dernier et ont été contestées et boycottées par l’opposition. Le Président Béchir avait pourtant pris ses précautions en signant la paix avec les leaders politiques de la Province du Darfour.

Le Président Soudanais a été élu avec 68 % de voix. C’est déjà plus crédible que les 99 % du Président Meles Zenawi de l’Ethiopie élu au même moment.

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A propos de Scène Publique Internationale
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