dimanche, 27 mai 2018
 

Mme Royal et le syndrome Nicolas Hulot

Le score de Mme Royal, donnée à 7 % n’est pas juste et ne réflète pas du tout sa valeur. Mme Royal et Nicolas Hulot font partie de ces personnages qui comptent un nombre impressionnant d’adversaires dans leur propre camp et dans les médias.

Certes en 2007, au moment de sa première tentative, les adversaires se comptaient surtout à l’intérieur du parti. En 2011, les médias se sont ajoutés à la liste des adversaires.

Ennemis de l’intérieur.

Tout s’est joué au lendemain des présidentielles de 2007 dans ce congrès où le PS a volé la victoire à Mme Royal, seule contre tous. A ce moment-là, Mme Royal était victime de son succès populaire et a surtout donné l’idée et l’envie à Mme Aubry de se projeter dans la course aux présidentielles, sans pour autant en faire une fixation, ainsi que son "pacte" avec son ami de 30 ans, DSK l’a laissé supposer : elle était prêté à ne pas concourir contre lui. Disant cela, elle faisait preuve de plus de réalisme que les autres et du sens du jeu collectif plus que les autres.

Là-dessus, elle a marqué des points.

Ennemis de l’extérieur.

Comme Nicolas Hulot, Mme Royal a été handicapée par le rejet des médias. Les médias et les "Ecolos pur jus" reprochaient à Nicolas Hulot de n’être pas du sérail politique ; d’être, au mieux, un "opportuniste" et, au pire, un "imposteur", voire un "usurpateur" de métiers. De la télé, il était, de la télé il devait rester. La France idôlatre les cloisons et les chemins balisés, une fois pour toutes, dès l’adolescence jusqu’à la retraite. C’est d’un triste. Fondamentalement, la seconde chance est quelque chose qu’on ignore en France, même si on en fait la promotion.

Les médias ont décrété que la campagne de Mme Royal de 2007 était « brouillonne » ; ils ont dit qu’ils se fiaient aux sondages pour affirmer cela. Comprendre que ce ne sont pas eux seulement qui le disent, mais une bonne partie du peuple Français le pensent. Voilà qui illustre parfaitement comment la seconde chance en France est impossible. Au lieu de penser, que Mme Royal a et pouvait évoluer, comme d’anciens candidats parvenus à la fonction suprême (Jacques Chirac, François Mitterand) jugés eux-aussi brouillons à leur temps [qui ne se souvient des railleries de Charles Pasqua, ami de 30 ans de Jacques Chirac, rallié avec armes et bagages à Edouard Balladur - dans ses bagages, il y avait le Président Sarkozy - les railleries de l’ami Charles à son ex ami J. Chirac disant que "ce dernier avait raté deux campagnes et qu’incapable qu’il était, il ne voyait pas comment il pouvait remporter cette troisième campagne de 1995"]. On connaît la suite : Jacques Chirac a gagné.

Les trois débats des primaires ont démontré que Mme Royal n’avait rien à envier à ceux qui sont arrivés en tête, côté idées comme côté tenue du débat. En 2007, on a parlé de ses faibles compétences. En 2011, sans aucune raison, on a décrété son exclusion. Son score reflète ce rejet. Par ailleurs, ce qui a compté c’est un vote UTILE et non INTELLIGENT.

Le Vote UTILE c’est s’assurer que celui qui va être désigné peut battre Nicolas Sarkozy au second tour. D’où le vote Hollande et Aubry à qui les sondages ont prêté cette capacité. Le vote INTELLIGENT, c’était celui d’Arnaud Montebourg ou de Mme Royal.

Plus dur risque d’être la chute.

La primaire ne comporte-t-elle pas un vice de forme ?

 
A propos de Mon site SPIP
Sans réagir sur le fond des motifs du mandat d’arrêt international du Président Soudanais : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’Union Africaine a pourtant manifesté son extrême prudence pour cette condamnation d’un de ses membres. Raison avancée : la sécurité et la paix doivent primées sur la (...)
En savoir plus »
Thèmes