mardi, 21 août 2018
 

Frais bancaires : principale cause d’accélération de la dégradation de la trésorerie des entreprises et de la propagation de la crise.

SOS PME en détresse : « Les banques sont en train de nous étrangler ! »

Révision à la baisse de la croissance, menace de dégradation de la note des Etats européens et des assureurs, après la dégradation effective des banques françaises… Celles-ci entament aujourd’hui, chacune à leur tour, les plans de rigueur qui se traduisent par des cessions d’actifs, un resserrement des effectifs, et, notamment pour le Crédit Agricole, des demandes pressantes auprès de leurs fournisseurs (dont de nombreuses PME et TPE) de réduire les tarifs de leurs prestations, alimentant ainsi la spirale récessionniste. Elles nous affirment cependant encore que leur recapitalisation est suffisante. Elles ont le droit de l’espérer, voire de le croire. Mais il faut être pleinement conscient que si les banques disent vrai, ce sera au prix de l’affaiblissement de notre économie et de la hausse du chômage. Sans changement de politique, les banques nous conduisent à la récession.

Comme en 2008, les liquidités n’arrivent plus jusqu’aux entreprises, particulièrement pour financer les besoins de trésorerie, parfois malgré un carnet de commandes plein… Les découverts inévitables pour se financer génèrent des frais bancaires qui augmentent les besoins de trésorerie… amplifiant encore les effets de la crise et accélérant sa diffusion à l’ensemble de l’économie.

Le Cerf dénonce depuis des années cette pratique quasi-automatisée, et c’est aujourd’hui à Bernard Rameix, le Médiateur du crédit, de lancer l’alerte dans son dernier rapport. Comble du cynisme, en période de crise, les banques voient donc augmenter la « vente » de leurs produits les plus « margés », grâce à la position de dépendance de leur client et de leur pouvoir de police qui les autorise à prélever sans l’accord desdits clients des sommes dont la Commission européenne a déjà, à plusieurs reprises, dénoncé les montants disproportionnés et déconnectés de tout service réel. Ainsi, les frais bancaires représentent 40% des revenus des banques. Pas étonnant qu’elles aient pu rembourser si vite les crédits accordés par les contribuables et donc les entreprises.

Si l’on peut parler de bonne gestion sur le plan comptable, il en va autrement sur le plan de la responsabilité sociale et citoyenne : cela s’est fait au détriment des entreprises et donc de la relance et de la croissance. Alors sauver les banques, oui ! mais les banquiers dont les pratiques ont permis d’augmenter leurs revenus de 40% en moyenne en 2010 alors que nous étions toujours en crise ?

Dans un contexte d’impérieuse nécessité de relancer l’économie, la recapitalisation annoncée par les banques françaises ne suffira donc pas. Jean-Pierre Joyandet l’a bien annoncé, que « les banques vont devoir faire des sacrifices ». Et ces sacrifices doivent être faits sur leur marge et donc leur rentabilité, ne leur en déplaise. Car pour permettre aux entreprises de jouer leur rôle dans la croissance, il est impossible de ne pas agir sur les frais bancaires qui sont la principale cause d’accélération de la dégradation de la trésorerie des entreprises et de propagation de la crise. Ce faisant, elles se priveront d’une partie de leurs profits, ce qu’elles n’ont pas pris en compte pour évaluer leur besoin de recapitalisation, se fondant sur leur rentabilité habituelle, assise sur les frais bancaires.

Nous demandons donc des annonces fortes du secteur bancaire sur la baisse de frais bancaire et, à la suite, des annonces pour nous rassurer sur leur devenir.

 
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