mardi, 21 août 2018
 

Le marchandage du ralliement politique de J.L.Borloo : une méthode éculée.

Tiens, nous revoilà dans la gadoue des annonces de ralliement "des démissionnaires" d’hier à la candidature présidentielle, "sous conditions préalables". Le marchandage d’égos politiques est toujours un marchandage d’égouts. « J’ai des propositions à faire au Président de la République, mais certaines sont "non négociables" ». Bien sûr. Et si le Président de la République ne les accepte pas, que va faire Jean-Lous Borloo ? Représenter sa candidature ? Rallier François Bayrou ? Ou les Socialistes ? Qu’il sache d’avance que pour ces deux là, la méthode à déjà été rejetée.

Parmi ses conditions non négociables, y a-t-il la candidature de Rama Yade qui voulait rallier Bayrou il n’y a pas si longtemps, en lui posant également ses conditions préalables avant même de l’avoir rencontré et à distance ? Le forcing en politique n’est qu’un marchandage de vendeurs de tapis. C’est simple, si Jean Louis Borloo a des propositions, qu’il présente sa candidature et ses Députés. A ce jeu là, c’est qui perd gagne. Il a le temps jusqu’au 16 Mars pour y aller. Seul comme un Grand, sans menaces, ni ultimatum. Un peu de cran à nos amis qui ne reculent devant rien, même pas la Honte pour rester, durer et polluer le débat avec des prises de positions en changement constant. Après, il faudrait leur faire confiance...

La Politique rend-elle fou ? Pas plus tard qu’hier encore, on disait du bien ici de Jean Louis Borloo pour son travail à Valenciennes. Le résultat c’est une sortie avec annonce d’un ralliement sous conditions préalables dont certaines sont non négociables. Un conseil à Mr. Borloo, allez voir ailleurs ; vous ne trouverez personne pour vous acheter vos tapis. François Hollande a prévenu tous ceux qui veulent se rallier à lui. Pour François Bayrou, si l’homme a tenu tout seul contre vents et marées pendant 5 ans, ce n’est pas pour se plier aux ordres d’un rallié de dernière minute.

Non, mais, qu’est-ce que c’est que ces façons de faire ? Vous entrez dans une négociation et déjà vous avez non pas des propositions, mais des conditions - ce qui est déjà trop - mais encore vous avez des "conditions non négociables" ? On croit rêver. Qu’il garde ses conditions pour lui et puis basta. On a suffisamment à faire dans cette campagne pour se soucier de ce genre de manigances.

Le problème des petites formations politiques c’est qu’elles cumulent les défauts des grandes formations et des petites. A la fin, c’est le “souk” total où on peut dire une chose le matin et une autre le soir, l’essentiel étant d’obtenir un poste. Dans ces conditions, il vaut mieux avancer avec les deux grandes formations : l’UMP et le PS. Elles au moins sont professionnelles et savent où elles veulent aller. L’amateurisme n’a pas sa place au niveau de la Présidentielle. Il en devient polluant.

Aux Etats-Unis, en 2008, lors du débat entre Barack Obama et John McCain, le second des trois débats, la question du dialogue avec l’Iran était à l’ordre du jour. McCain était pour un dialogue sous "conditions préalables". Ce que Barack Obama avait récusé totalement, comme étant la pire des politiques. En fait, une non politique tout court. Mc Cain était apparu comme un Mec ringard qui retarde d’une voire de deux lunes, depuis le Vietnam. Voir aujourd’hui en France, un homme politique reconduire de telles méthodes éculées et remettre des vieilles lunes au goût du jour ne s’explique que par une chose : l’opportunisme. Chacun veut surfer sur la vague de mécontentement populaire de la crise de la dette européenne qui a frappé les portefeuilles et les emplois.

Pensant que le Président de la République est à terre, ils se comportent en charognards. Pas de chance pour les amateurs de charognes. A moins de vivre sur la planète Mars, la sortie du Président de la République Dimanche dernier a sonné le glas des "rapaces" de la politique. Et celui des ingrats. Le Président Sarkozy est un homme debout.

De la rapacité et de l’ingratitude en Politique

Premièrement le FN.

Le Front National est confronté à un manque de signatures et a saisi le Conseil Constitutionnel pour l’aider. Il faut savoir que le FN n’est pas présent aux élections dans une optique de gouvernement, mais pour récolter les subventions qui lui permettent depuis 1981 de vivre. Tous les 7-5 ans, le Front refait son capital avec le vote de ses électeurs qui y croient. C’est un vote perdu. Le Front veut faire tourner sa "boutique", ses cadres, ses Chefs et son personnel du parti. Point. Le parti assure ainsi une rente à vie au Front.

Deuxièmement, à chaque élection, le Front cible la Droite et l’accuse de tous les maux. La Droite, c’est l’ennemi de toujours du Front qui préfère la Gauche. Pourtant, lorsque le Front est confronté à la réticence des Maires, c’est encore cette Droite qu’elle combat qui lui accorde les signatures. C’est encore le Chef de l’Etat de Droite qui va téléphoner aux élus de Droite pour donner des signatures au Front qui n’a pas l’honnêteté de le reconnaître et de dire merci. Au contraire, cynique jusqu’au bout, le Front voudrait que les parrainages soient anonymes. Constitutionnellement irrecevable. Et la Transparence alors ?

Deuxièmement les ex du gouvernement Fillon et les ex compagnons de route du Président Sarkozy : J.L. Borloo, Hervé Morin, Dominique De Villepin et les autres.

Il y a la catégorie des sortis du gouvernement dont fait partie J.L. Borloo, parti à sa demande, car il lui fallait le poste de François Fillon on rien. Déjà les "conditions non négociables" qui ont obtenu une réponse adéquate en son temps. Il n’y a aucune raison que cette fois-ci "ses conditions non négociables" rencontrent un autre avis que le précédent, en raison de leur maladresse, de leur clientélisme et de leur inconvenance. Puis, il y a celles qui sont passées chez le sieur Borloo pensant que le sieur se présenterait à la présidentielle pour négocier plus tard un maroquin en échange d’un "ralliement de carpette". Je ne vais pas citer les noms, on les connaît.

Hervé Morin lui, fait cavalier seul car il a une histoire personnelle avec le Président. Ecarté du gouvernement en tant que Ministre de la Défense, car dit-il, il avait annoncé son intention de se présenter (en sa qualité de Président du Nouveau Centre) aux élections présidentielles, il continue sur sa lancée. Ses cadres ne l’ont pas suivi. L’opération est condamnée à terme. On doit reconnaître à Hervé Morin la présence d’esprit d’avoir déjà annoncé à qui il se rallierait au second tour.

Dominique de Villepin. Idem, affaire personnelle avec le Président. Les hostilités entre les deux hommes sont de notoriété publique.

Quelle crédibilité accorder à ces candidatures si le seul et unique but c’est cela ? Un temps, on pensait que les propositions allaient être révolutionnaires et on s’est donné le temps pour les entendre. Force est de reconnaître aujourd’hui, que la Révolution annoncée n’a pas eu lieu. Un peu comme on attend la "bombe atomique" de Mme Boutin, si elle n’obtenait pas ses signatures. Franchement, est-ce cela faire de la politique ? Surtout après avoir été Ministre du Logement et mandatée pour une « mission sur la mondialisation » par le Président de la République qu’elle menace d’atomiser. Mission contestée par ailleurs par le Grand Public et perçue comme un cadeau immérité de surcroît, en fait très largement au-dessus des compétences de l’intéressée. Que faut-il faire pour contenter les insatiables en politique ?

Lire. Mme Boutin. Missions et rapports.

La vengeance (Morin et De Villepin) ou la menace (J.L. Borloo et Cie, Mme Boutin) et le business électoral (côté FN), n’ont rien apporté sur ce point. Pardon de le dire pour Hervé Morin et pour DDV. Pas étonnant qu’ils n’obtiennent pas de signatures. Quelqu’un a dit « qu’être candidat n’était pas un droit, mais que cela se méritait ». S’il n’y a pas de signatures, on dira que le Système s’autorégule et c’est parfait ainsi.

Troisièmement. L’Ouverture vers la Gauche et l’Ingratitude qui en a résulté.

Au cours de son entretien télévisé, le Président de la République a rappelé ce qu’il avait fait en termes d’ouverture et de transparence que la Gauche n’avait jamais mis en place à savoir :

- Nommer un Membre de l’Opposition à la Cour des Comptes : Didier Migaud, ex Député de l’Isère, avant cela Président de la Commission des Finances à l’Assemblée Nationale, toujours sur proposition du Président de la République. La même Commission est toujours tenue par un Député de la Gauche. Il est vrai que la nouvelle majorité de la Gauche s’est ajustée à l’élégance du geste Présidentiel en accordant à son tour la Présidence de la commission similaire au Sénat à un Sénateur de Droite. Echanges de bons procédés.

- Dans le Gouvernement, le Chef de l’Etat a accepté la nomination de Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères, en provenance de la Gauche et une Secrétaire d’Etat, provenant de la société civile.

- Dans le gouvernement toujours, Eric Besson, venu de la Gauche, déçu de la Gauche après un cinglant "qui connaît Eric Besson" de Mme Royal - déjà du mépris - a été nommé Ministre de l’économie numérique. Actuellement, il est Ministre de l’Industrie.

- Martin Hirsh, venu de la société civile, a été nommé Commissaire aux solidarités actives et est un peu le théoricien du RSA, ex-RMI.

- Yazid Sabeg, en provenance du privé, Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances.

- Au FMI, le Chef de l’Etat a soutenu la candidature de Dominique Strauss Kahn qui était sur la balance avec Laurent Fabius, en raison de leur profil professionnel assez similaire.

Transparence.

- Pour la première fois, la Cour des Comptes a un droit de regard sur les comptes du Palais de l’Elysée.

Après tout cela, venir aujourd’hui poser des conditions préalables au Président de la République, même si on entre de plain pied dans la campagne, c’est se foutre de la gueule du monde. Passez moi l’expression, mais on commence à toucher le fond.

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Etre candidat, ça se mérite.

"La crise est un accélérateur de l’Histoire".

 
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