mercredi, 19 septembre 2018
 

Traitement du chômage. A quand l’obligation de pourvoir les postes vacants pour les employeurs ?

L’obligation de recrutement doit-elle s’imposer aux recruteurs ? J’entends des cris ici. Pourtant, nous sommes d’accord pour dire que trop d’offres d’emplois ne trouvent pas d’occupants. Une fois qu’on a dit cela, on a fait le constat et on est allé se recoucher. Pourtant, il y a erreur quelque part.

Lorsque le Président et son PM ont défendu l’idée - d’ailleurs pas nouvelle - de sanctionner les chômeurs qui refuseraient une seconde offre d’emploi, il ne leurs a pas échappé qu’un volet manque depuis longtemps à l’ensemble : c’est la partie recrutement. Quid de l’obligation de recrutement pour les employeurs en ce qui concerne les postes éternellement vacants au point qu’ils en deviennent des simulacres d’offres d’emplois ? Quiconque observe la liste des offres d’emplois est stupéfait pas leur longueur et, de l’autre côté, la file d’attente des chômeurs s’allonge elle-aussi sans cesse. On a conclu rapidement que cette non-concordance des profils recherchés aux profils existants était quasi-naturelle, bien que déplorable. On s’y est fait par défaitisme ou par facilité et on a mis en place des centres de formation pour combler le fossé entre les deux files d’attente, à charge pour eux de se débrouiller pour y arriver... par miracle.

Dans l’affaire, on a oublié de réfléchir à deux ou trois choses essentielles :

- La première est la valeur ajoutée du territoire, elle concerne le rapport entre l’école et l’environnement = le territoire. Sachant que l’environnement comporte plusieurs étages : le niveau local, le niveau régional, le niveau national, le niveau européen et le niveau international, il y a de quoi faire.

Ce rapport entre l’orientation scolaire des élèves - pas seulement de ceux en alternance mais de tous - avec les besoins en recrutements et en personnel des entreprises localisées sur le territoire - à court, moyen et long terme - rejaillira à son tour sur l’offre scolaire. Une circularité où chacun pourra s’ajuster et s’enrichir sans changer de nature, ni de caractère avec à la clé, une véritable dynamique territoriale (je pense notoirement aux territoires défavorisés classés Politique de la Ville) et un souffle nouveau qui recrée l’espoir perdu sur ces territoires abandonnés.

- La seconde, c’est la considération des demandeurs d’emplois dans les "Pôles Emploi". Lorsque vous proposez des emplois sous qualifiés à un Jeune diplômé, vous l’humiliez. A l’autre bout, lorsque vous proposez toujours des emplois précaires et sans intérêt (ici il y aurait beaucoup à dire), vous fatiguez les postulants. Pour les cadres confirmés, c’est encore un autre casse-tête. Au final, le sentiment qui prévaut chez tout ce monde, à tort ou à raison - disons plutôt à raison, puisque je suis passée par là - est "qu’il faut se démerder tout seul et advienne que pourra". Alors, venir sanctionner des gens dans cette situation est maladroit, d’autant que celui qui a pris la loi de vous sanctionner (les parlementaires et la classe politique dans son ensemble) n’a plus aucune crédibilité morale pour vous. C’est alors que chacun a bonne conscience que le Système D est ce qui marche et que l’Etat est loin très loin voire Impuissant. A la limite, il s’en fout. Rien qu’ici déjà, il y a un « grand nettoyage de fond » à faire pour pacifier ce climat où personne ne fait plus confiance à personne.

- Enfin, la formation. Ici également, il y aurait tant et tant de choses à dire sur le sujet. D’abord, il n’y a pas de formation véritablement qualifiante payée par les "Pôles Emploi". Il faut mettre le prix pour cela et le compte n’est pas bon. La méthode également. C’est pourquoi, si on prenait le problème au stade de l’orientation scolaire en en transférant la compétence et la charge directement aux entreprises - afin qu’elles forment le personnel qu’elles vont employer, ça résoudrait et le problème de l’anticipation des embauches et celui de ceux qui ont besoin d’une véritable formation pour se relancer : la formation sur le tas au sein de l’entreprise. Ce sera à l’employeur de voir qui il veut solliciter : l’Ecole ou Pôle Emploi. Pour les stages par exemple, les entreprises peuvent directement solliciter les Ecoles ou les Universités.

Lire ici ce que propose le PM Britannique sur la question.

Ici, je vais quand même dire un mot. Trop souvent, ceux qui suivent les demandeurs d’emplois se déchargent à très bon compte sur eux, en leur demandant de justifier leurs demandes éventuelles de formation par la production d’une lettre de motivation qui comporte - dans ses exigences de formulation - la preuve que le bassin d’emplois territorial a des débouchés pour eux. Ca montre que vous (le demandeur d’emploi) - et non eux, les instructeurs - connaît bien les débouchés et sait où il va. Mais que fait l’instructeur-accompagnateur de ce demandeur ? N’est-ce pas précisément son travail ? Non, me suis-je laissée dire, l’instructeur est là afin de veiller à ce que les deniers publics soient bien utilisés. Ouah ! Admirez le zèle contreproductif, alibi du mauvais accompagnement ou plutôt la preuve de "ce démerde-toi tout seul".

Quand ce n’est pas le souci allégué "d’une bonne gestion de l’argent de l’Etat" - comme si l’Etat ce n’était pas aussi les chômeurs - l’autre justification tout prête est "qu’il n’y a pas assez d’argent pour tout le monde" ; du coup, on délivre des formations au rabais au plus grand nombre et, au final, personne ne s’en sort. Et ça étonne tout le monde, sauf les chômeurs en formation qui savent déjà qu’ils sont embarqués dans un cul-de-sac.

Ailleurs, le salaire de ceux qui accompagnent les demandeurs d’emplois est modulé en fonction du retour à l’emploi effectif de ceux accompagnés et non ex-nihilo.

Dans un billet antérieur, j’avais parlé de la qualité de l’accompagnement des demandeurs d’emplois. Là aussi, il y a beaucoup de travail de réformes. Mais, si on met déjà en oeuvre ce qui est exposé ici, au bout de 5 ans, peut-être commencera-t-on à mesurer comment le fossé entre les longues listes d’offres d’emplois non pourvues et les demandeurs d’emplois non satisfaits évolue.

Il ne faut pas se leurrer, personne n’est heureux au chômage ou sans activité. Ceci étant dit, il n’est pas certain que l’emploi à tout prix soit l’horizon obligé de toutes les femmes qui élèvent seules (par choix ou par accident) leurs enfants.

SALAIRE MATERNEL ET EGALITE HOMMES FEMMES

S’occuper des enfants est une activité qu’il faudra récompenser. Pourquoi ne pas réfléchir à un salaire maternel ? Libre de choix. Ca ferait du bien aux mères exténuées par des double journées et aux enfants dans la foulée. C’est comme pour les 35 heures, elles auraient été une excellente idée pour les femmes.

Le travail à tout prix n’est pas l’unique voie d’épanoussement des femmes. Si on veut repenser "l’action sociale", il y a ici une voie à explorer. On va me renvoyer ici au visage la sempiternelle égalité supposée entre les hommes et les femmes, là où il y a nécessairement complémentarité. Non pas que les femmes soient assignées et destinées aux fourneaux et à garder les enfants à domicile et les hommes à l’usine et au bureau, mais par réalisme. L’égalité Homme/Femme aujourd’hui se résume à une compétition sauvage, car les femmes ont été invitées à se comporter comme des Hommes, à devenir des Hommes (Chefs de famille) et les Hommes, à se faire assister soit par l’Etat, soit par leurs épouses et/ou compagnes. Il y a comme une inversion des rôles qui brouille les relations entre les sexes.

- Alors, il y a plus de divorces ? Oui. L’Etat veut aider ? Il semblerait.

- Il y a plus de prostitution hard et affirmée, quand elle n’est pas sublimée (escort et autres maids) ? Menée et « Macquée » par les Femmes aussi ? Oui. C’est une conséquence inattendue.

- Il y a plus d’homosexualité affichée et de mariages homosexuels revendiqués sur la place publique, alors que le PACS existe ? Oui. Même cause, même effet. Pour ces mêmes couples, y a-t-il une pression illégitime sur l’adoption des enfants ? Oui. Je soutiens que cela va à l’encontre du Droit des Enfants, tel que codifié internationalement.

- Il y a plus d’enfants dans la délinquance dure ? Oui, pour les mêmes motifs.

- Il y a plus de parents et d’enfants paumés ? Oui. Forcément avec la conséquence ultime que le nombre d’abandons scolaires augmente au fur et à mesure que la prétendue "égalité Homme/Femme" est hurlée.

"OBJECTIVER LES LIEUX A PARTIR DESQUELS ON S’EXPRIME" : PIERRE BOURDIEU

A ceux qui se demandent, d’où je sors ces analyses ? Il suffit de se procurer mon ouvrage "le clonage Institutionnel" (photo) qui est en lui-même un programme politique clé en main que j’aurais pu vendre à un Homme Politique, si nous étions ailleurs qu’en France et qui me l’aurait acheté cash. A défaut, il aurait pu constituer une excellente base de travail. Le livre a pourtant été expédié à quelques grands décideurs, en début de législature. En 2007 donc.

Malheureusement, en France, ce n’est pas ce que vous dites qui vous définit, c’est votre statut institutionnel. Je n’en ai pas. Vous m’en voyez désolée. En France, si vous jouissez d’un statut appartenant à la catégorie des autorisés à s’exprimer, quel que soit ce que vous direz, vous serez jugé excellent et inversément. De là, la difficulté de faire émerger du neuf dans le domaine de l’écriture et la crise intellectuelle.

Ailleurs, c’est le contraire. Ce que vous dites vous définit avant tout le reste et votre statut institutionnel ne saurait ni ne peut vous servir d’alibi, de paravent, ni de parapluie. Genre usage de Nègres et occupation excessive de l’espace public sans rapport avec vore apport sur la scène publique. Ailleurs, ce que vous dites est mis à l’épreuve du réel et s’il passe le test, il est validé. Ailleurs, c’est votre capacité à influencer de manière positive les choses - y compris localement - qui fait votre Valeur et votre Etre. Fort heureusement, « cette valeur et cet Etre » sont fortement récompensés et honorés à leur juste prix. Donc l’Etre et le Paraître coïncident nécessairement. C’est l’histoire du Président Obama.

Ici en France, on « Parâit » d’abord et - éventuellement - on « Est » ensuite. « Les lauriers de la gloire » sont décernés à ceux qui ont cette capacité de figurer sous les spots de ce Paraître. Et puisque ce « Paraître » est organisé en amont dans un « système de cooptation » et de « copulation » hors vu, tout se joue dans la sphère d’une « méritocratie autoproclamée » et autoattribuée par usurpation puisque totalement dissimulée. En fait la chose contourne les canaux et les procédures de la Méroticratie Républicaine.

En Allemagne, on est Herr pour la vie, comme Mme Merkel qui signera toujours Herr Angela Merkel, avant d’être Chancelière, car c’est cela son essence. Comme en Allemagne, je suis Herr Doktor. C’est tout et franchement c’est pas mal. Un jour prochain, je vous parlerais de moi, plus en détail, de mon parcours d’errance en France transformé en ethnologue.

Ce livre - le clonage institutionnel - est une réflexion qui, à vrai dire a commencé à la Fac de manière involontaire et inconsciente (pendant 10 ans) et s’est poursuivie sur le terrain de 1995 à 2007 au moment où j’édite ce livre. Pierre Bourdieu disait qu’il fallait toujours objectiver les lieux à partir desquels on s’exprime. Voici mes lieux.

Ethnographe malgré moi, dans la société Française, j’ai traversé toutes les étapes du chemin de croix en France. J’en parle donc d’abord en "Experte du terrain" et, ensuite, en "Experte de formation" consacrée par le titre Herr Docteur. Les deux expertises ont nécessairement convergé vers "l’expertise professionnelle", puisque par une sorte de conjonction magique, il se trouve que ma formation universitaire m’a en quelque sorte formatée et ciselée comme si elle prévoyait ce que j’allais vivre par la suite ou ce sur quoi j’étais appelée à exercer mon expertise ; expertise qui ne répresente rien en France. Bien évidemment. Because pas de statut institutionnel.

Issue d’un autre pays en plus (le Cameroun en Afrique), j’ai posé sur la France un « regard vierge », mais déjà éduqué et nourrit à la double culture depuis l’Afrique à ma naissance. A l’arrivée, ce qui est dit ici est le fruit d’un cobaye (Moi) dans une société qui s’ignore elle-même parfois, à moins qu’elle ne fasse semblant de s’ignorer. Si, au bout de toute cette longue exploration, dans un double exil intérieur et extérieur - exilée de l’Afrique et de la France - je ne redonne pas ce que j’ai appris à la société, en partage, alors, mon exil n’aura servi à rien. Mon observation aussi.

Je voudrais qu’ils servent à quelque chose. C’est pourquoi j’interviens dans le débat et, parfois, ça peut prendre des allures de prescription. Que je m’en excuse ici ne sert à rien, car, ce qui compte, c’est d’avoir saisi et réfléchi et théorisé tout ceci depuis longtemps, sans qu’il y ait de démenti quelconque dans les pratiques et dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Ni avant, ni après. Au contraire, les choses sont allées en se confirmant.

En ces temps graves, il serait criminel de me taire, et d’un. Et de deux, je pense qu’il faut aller vite, pour redresser la barre. Donc, je pousse volontairement les choses pour qu’elles aillent vite. J’en suis parfaitement consciente.

"J’Y AI DEJA REFLECHI"

Dans un documentaire sur de Gaulle, j’ai vu qu’il exaspérait parfois son entourage car, il semblait avoir réponse à tout. Normal, leur avait-il répondu "j’y ai déjà réfléchi". Cela ne veut pas dire qu’on tue le débat dans l’oeuf, mais que, fort de cette avance dans la réflexion, on accélère le débat et la pédagogie. Ce qui ne veut pas dire que le débat public est clos. Du tout. On s’ajuste également. Simplement, l’opération prend moins de temps et le gain de temps c’est de l’efficacité.

Le pouvoir, il faut y réfléchir avant, car après, on est sur pilotage automatique et si on n’a pas réfléchi avant, c’est mort. L’accélération continue du temps et des problématiques rend quasiment impossible l’ajustement dans la bonne direction. C’est alors qu’on aligne erreur sur erreur et toutes sortes d’étrangetés.

Pour cette raison, cette campagne ne peut pas souffrir ceux qui y viennent en amateurs, en aventuriers, en Justiciers aussi, pour régler leurs comptes antérieurs, se tester, se compter, s’essayer ou même recommencer tout de zéro. L’heure est grave et à l’urgence. J’ai essayé autant que faire se peut de faire passer le message dans ce sens.

Là, je sens que vous êtes encore sur votre faim. Je vois bien que vous voulez me demander "combien cela te rapporte"  ? Je vous réponds franchement et crûment : « Rien et je n’en attends rien, sachant ce que je sais de la France ». Vous avez le droit de me demander la suite "combien de temps peut-on se contenter de vivre d’expédients, genre RSA par exemple ?" - Réponse tout aussi franche : « jusqu’à ce qu’on prenne la décision d’aller voir ailleurs ». Ne me demandez pas "quand sera-ce ?". Le moment venu, vous le constaterez, par vous-même.

J’exhorte les Jeunes de France à s’ouvrir à un Ailleurs. Cela peut leur sauver la vie. Scène Publique Internationale (SPI) ouvre l’espace des Ailleurs aussi familièrement que possible pour encourager les jeunes à sortir de la France - s’ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent - et à atterrir sur des territoires qui ne leur seront pas totalement inconnus. Si quelques uns trouvent le courage - en lisant SPI - de faire cela, alors ce serait Merveilleux. Ce message concerne également les immigrés qui envisagent le retour. Pas dans l’immédiat, mais plus tard, SPI devrait y contribuer.

Après, vous savez ce qu’on dit : "l’homme propose, Dieu dispose".

Il y a une catégorie d’hommes et de femmes qu’on appelle "les passeurs d’idées" et les "bâtisseurs des passerelles". J’en fait partie. Mais franchement, si vous avez trouvé les propositions que j’ai formulées jusqu’ici ainsi que mes analyses sans intérêt, je pose le stylo.

Le 12 Mai 2009, Toni Morrison a dit ceci chez France Inter : « La société postraciale n’est pas encore en vue. Ni en France. Ni en Amérique. En France, toute Nobellisée que je suis et professeur à Princeton, je n’aurais pas de job ».

Quand on sait cela et qu’on sait que le Monde entier le sait, « on va plutôt mieux que bien » (la fameuse phrase de qui vous savez). 2009-2012, qu’est-ce qui a changé ? Rien du tout. Et avant 2009, 20-30 ans en arrière ? Pas mieux.

Dernière mise à jour : 15 Février.

Clonage institutionnel. C’est par ici

 
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