mardi, 21 août 2018
 

Introduction d’une dose de proportionnelle : les réserves de Jean-François Copé.

Lors de son meeting de Marseille, le Président Sarkozy a proposé l’éventualité de réfléchir à l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les élections législatives, ouvrant ainsi la possibilité aux petites formations politiques d’être représentées au Parlement. L’idée est de parvenir à une représentation nationale fidèle au peuple. La base générale de la proposition se tient.

Pourtant, les réticences de Jean-François Copé méritent de l’attention. L’idée que la représentation nationale serait parfaite si l’ensemble des formations politiques étaient représentées suppose que les formations politiques sont parfaitement représentatives du peuple ; ce qui reste à vérifier.

Le choix

A partir de là, on peut considérer que ce qui compte, c’est moins la représentation de toutes les formations politiques au Parlement que celle de la physionomie réelle du peuple. Auquel cas, il faut penser la représentativité en amont, dans la composition des listes des candidats au sein même des partis politiques. Ce qui suppose également que les partis seraient des entités vertueuses.

Si on considère que les partis sont représentatifs de la réalité sociologique et sociale, l’injection d’une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin est une bonne idée.

Si on considère qu’il faut viser une représentation du peuple et non pas des partis, alors, on transfère l’esprit de la proportionnelle en amont du processus électoral, au sein même des partis politiques. Cela semble être la position de Jean-François Copé qui veut des majorités et une opposition claire. Bémol ici également, rien qu’avec la parité, l’UMP, son parti ne respecte pas les quotas et préfère payer les pénalités. Qui garantit que demain en instaurant d’autres quotas génériques, les partis s’y conformeront ?

La démocratie étant une affaire du peuple et non des partis politiques, Jean-François Copé tient là un argument valable. Lorsqu’il ajoute qu’il faut laisser du temps au temps pour débattre de la meilleure solution possible, c’est aussi intéressant. Ceci étant dit, il est légitime d’avoir une réserve du type : les partis prêchent pour leurs paroisses, comprendre qu’ils ne veulent pas voir le nombre de leurs parlementaires baisser.

Il y a également l’objection que la perfection n’est pas de ce monde et qu’à l’attendre on reste dans l’immobilisme.

On peut enfin dire que le risque zéro n’existe pas, quelle que soit l’option finale retenue.

De toutes façons, cette question de l’introduction d’une dose de proportionnelle n’est pas insurmontable. Elle trouvera naturellement son axe de cohérence.

 
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