mardi, 21 août 2018
 

La taxation Hollande. Quand les riches deviennent les boucs-émissaires, c’est le signal fort d’une société "A bout de souffle".

Au bout du long cycle initié en 1981, on a assisté à la perte du triple A en France. Au-delà de la France et de l’Amérique qui avait inauguré le cycle de la dégradation, ce sont les ex grandes puissances de l’Occident qui sont touchées. Pourtant, les dirigeants des pays dégradés pointent la crise comme principal sinon l’unique responsable. La crise a été un accélérateur de ce qui se profilait à l’horizon.

Le cas des pays du Nord de l’Europe emmenés par l’Allemagne, malgré les "inégalités" salariales et statutaires, est l’antithèse des pays en dégradation continue. Et, dans ces pays du Nord, contrairement aux pays dégradés, la lutte entre les classes n’est pas réactivée : il n’y a pas, d’un côté, un nouveau « Prolétariat de masse » qui s’oppose et rejette un « clan des privilégiés » (tous secteurs confondus) qui, de surcroît, essaiment entre eux.

La panne de l’ascenseur républicain n’est pas juste une image, c’est une « Image Juste », selon le jeu de mots de J. Luc Godard, le cinéaste Suisse qui a découvert J. Paul Belmondo (plus précisément a révélé son talent exceptionnel à l’écran et au jeu théâtral), car, il regardait au-delà du faciès. Déjà. Et à cette époque-là, le racisme anti-Italien, anti-Espagnol et anti-Portugais se portait très bien. C’était eux les immigrés de la France, en ce temps-là.

Les pays du Nord et la Suisse partagent une humilité dans l’exercice du pouvoir. Des ministres roulent à velo et prennent les transports en commun. Ils paient leurs loyers et leur électricité. Ils ne peuvent pas être pris en défaut sur le prix du ticket de métro ou de bus dans leur pays, car ils restent en contact et au contact du pouls et du rythme du pays qu’ils dirigent. Ils sont en phase avec le pays réel.

Cela ne se résout pas seulement à la « connexion-déconnexion des dirigeants avec leur peuple », cela concerne une gestion saine et l’Equité. Victor Hugo a dit "qu’il y a une chose au-dessus de la Justice, c’est l’Equité" (les Misérables). L’Equité est ce doseur inné que chacun de nous possède en tant que membre d’une même espèce - comme chez les animaux : c’est entre autre pourquoi on dit que l’homme est un animal - et qui, instinctivement, sait quand la mesure de l’un déborde le raisonnable et devient un "rapt".

Il n’est point besoin de demander au « prolétariat » (hier) comme au « nouveau Prolétariat » (aujourd’hui) comment il sait et à quel moment il se sent « opprimé » et « exploité » par les "Puissants", l’horloge et la balance biologique, j’ai envie de dire "génétique" voire "universelle" propre à l’espèce humaine déclenche automatiquement l’alarme. On n’a même pas besoin d’aller à l’école pour le voir, le sentir et s’en convaincre.

Donc, les Politiques se mentent à eux-mêmes, lorsqu’ils croient dissimuler leur "jeu malsain" qui oscille entre "prends l’oseille et tire-toi" et "j’y suis je reste" ad vitam eternam ou, pire, lorsqu’ils essaient de singer les codes des riches industriels de famille (en héritage donc), ou mettent en connexion deux univers aussi éloignés que le CAC 40 et le coeur de l’Etat qui place ses Hauts fonctionnaires pour organiser le système bien connu « d’empilement des jetons de presence » dans les Conseils d’Administration et des « honoraires gargantuesques de Direction des entreprises du CAC 40 » en « clan amical », composé (ici il faut suivre le cercle vicieux) d’administrateurs issus de la Haute Fonction Publique d’Etat, elle-même confisquée par les élèves sortis des Grandes Ecoles de France (ENA, Polytech, Mines, Centrale, HEC, Sup de Co, etc...). Le système porte le nom codé de "PANTOUFLAGE - parfaitement décrit par Jean Montaldo ici". Il vient de pantoufles que vous mettez chez vous. Sauf que, vous ne gagnerez pas un sou de plus de chez vous. Ce qui ne devrait pas vous étonner.

Comment et où se termine tout ceci ? Dans la proposition de F. Hollande, par exemple, de surenchérir sur l’impôt. Je ne vais par rappeler les 75 % de taxation proposée pour tel montant annuel qui sont purement arbitraires et passent sous silence la réalité complexe des circonstances dans lesquelles on peut gagner ce million sur l’année.

Comment peut-on devenir millionnaire subito ou durablement ?

4 parcours fléchés peuvent mettre tout le monde d’accord sur l’arbitraire de la mesure. Comment peut-on devenir millionnaire subito, lorsqu’on n’est pas acteur du star system (Footballeur, top model, acteur du cinéma) où la chose est méritée et courante ? Félicitations à Jean Dujardin au passage : Jean est un condensé de Belmondo et de Sean Connery, il a un double héritage naturel. Bravo ! J’ai envie de lui dire Splendid The Artist ! comme dans le "Mask"] ?

- Et même pour ces stars, on sait que les carrières sont courtes (dans la majorité) du moins à leur apogée. On sait également que plusieurs ont dû « passer par le purgatoire » pour en arriver là en sacrifiant tout à leur rêve. Florent Pagny a eu un témoignage poignant un jour où le fisc le poursuivait : « lorsque j’étais "galérien" et que je vivais dans un camping sans le sou, je n’ai jamais vu l’Etat frapper à ma porte. Maintenant, je suis une bonne vache à lait ». C’est vrai, certains acteurs ont eu faim, se sont restreints et, au final, venir comme ça, à la Hollande, avec une hachette à la main couper là dessus, c’est ... je vous laisse compléter, chacun à sa manière.

- Comment peut-on devenir millionnaire subito ? On peut gagner le million sur une année parce que les cours mondiaux des marchés de certaines matières sur lesquelles vous étiez positionné étaient en augmentation cette année-là.

- On peut gagner parce qu’on a fait un tube et les années d’après plus rien.

- On peut gagner parce qu’on a fait un bon coup à la Bourse.

- On peut aussi commencer à gagner 10-15 ans après qu’on ait tout vendu pour débuter une activité, au moment où aucune banque ne voulait vous prêter un seul kopec et que l’Etat ne savait même pas que vous existiez. Exemple : ceux qui ont vendu tout ce qu’ils possédaient pour se lancer dans un rêve à haut risque.

Il y a des gains aléatoires (la chance, la bourse, la montée des cours), des gains limités sur une durée relativement courte, et, en face, il y a des gains durables voire organisés entre riches et politiques (pantouflage, concurrence déloyale, abus de position dominante tels que cumuls de mandats par exemple et pantouflage encore, cadeaux fiscaux, retraites dorées, bonus, etc...).

François Hollande sait tout ceci et pourquoi propose-t-il alors sa taxation arbitraire en guise de « chapeau magique » ? C’est que dans la situation actuelle où l’horloge universelle et son curseur ont donné leur verdict : « trop c’est trop, les privilèges il y en a mare alors que la majorité du peuple ne voit pas le bout du tunnel quand les bénéficiaires des minimas sociaux ne sont tout simplement pas taxés de parasites sociaux », la tentation des politiques est de dire : "Ce n’est pas moi le responsable, c’est la faute au Système". Qui c’est le Système ou plutôt c’est quoi le Système ? Dans la bouche de François Hollande "c’est la Finance". Dans celle de Nicolas Sarkozy "c’est la crise et les banquiers qui doivent régler une taxe financière pour réparer les dommages créés".

Cette façon de rejeter la faute sur les autres et de se soustraire de la Responsabilité, comme si on n’avait jamais dirigé le pays, aboutit à la surenchère des propositions et à sacrifier les Riches sur la place publique. Les français détestent les Riches. Les Politiques veulent les conforter dans cette détestation, en essayant par tous les moyens de se désolidariser de ces "Mauvais Riches", tout en bénéficiant de leurs généreuses faveurs : financement des campagnes et baisse du taux d’imposition en contrepartie.

Mais qui peut croire qu’il y a une différence entre les Politiques Privilégiés en France et les Riches de France ? C’est du pareil au même.

Les Forts et les Faibles. Ls Riches et le Collectif.

Lorsque les pauvres sont mécontents, il est d’usage qu’on leur jette de la viande comme à une "meute de chiens" ou de "loups enragés" pour les calmer. La taxation Hollande ne déroge pas à la règle. Pas plus que les 500 euros que le Président-candidat vient de proposer aux profs volontaires pour prolonger leur temps de présence dans les établissements scolaires.

Introduire l’intéressement à l’Ecole est anti-régime scolaire. Soit les prof se plaignent d’être surchargés et ce n’est pas la réponse, il faut recruter. Soit, les élèves ont un véritable besoin de plus d’adultes à leurs côtés à l’école, et l’Etat doit prendre ses responsabilités - en recrutant encore. Oui. Soit, ce n’est ni l’un, ni l’autre et les 500 euros de bonus n’apportent rien aux questions, si questions il y a.

Tout ce discours en guise de « distribution de viandes pour calmer le peuple en colère » dit deux choses :

- Premièrement, il est l’aveu inconscient ou non d’un long cycle d’échec et impuissance à le maîtriser aux bons endroits.

- Et, deuxièmement, il est son propre alibi.

Au final, le même discours qui sert de preuve et de justification de l’échec aujourd’hui, servira plus tard pour justifer les échecs à venir et l’impuissance à les contenir. Et ainsi de suite. C’est de l’habileté politique classique.

La France des Privilèges.

Photo. Gainsbourg brûlant un billet de 500 Francs à la télé pour illustrer ce qui lui restait après les prélèvements de l’Etat. Il s’était justement arrêté après que le billet ait brûlé aux 3/4 aux 75 % de Hollande. Il avait conclu devant le présentateur de l’émission : "Il ne faut pas se foutre de la gueule du monde". Sacré Gainsbourg. Trash et délectable. Un autre « Magnifique » à la Belmondo.

 
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