lundi, 18 juin 2018
 

Démission du Premier Ministre de la Hollande, lâché par son Extrême-droite. "Peur sur la ville".

Hier, lundi, le PM de la Hollande, Mark Rutte, a donné sa démissionné à la Reine, à la suite du retrait du parti de l’extrême droite de sa majorité gouvernementale. Des élections anticipées sont annoncées pour cet été, indique le gouvernement.

Le retrait de l’extrême droite de la majorité au gouvernement est un signe de désaccord sur le plan d’austérité de €14.2 milliards soit $18.6 milliards. Les Parlementaires se rencontrent ce mardi pour étudier la suite des évènements.

Comme tous les pays de la zone euro, la Hollande est invitée à observer la rigueur budgétaire. Cela passe par des plans d’austérité drastique, dans un premier temps.

La Reine Béatrice a demandé au PM et au gouvernement de rester en place jusqu’aux prochaines élections. Photo. capture CNN. Arrivée du PM de la Hollande, Mark Rutte, lundi, au Palais Royal pour donner sa démission à la Reine

Il y a deux ans, "le parti de la liberté" de Geert Wilders était arrivé en troisième position aux élections législatives, exactement comme ce qui vient de se passer en France. Le gouvernement de Rutte a fait alliance avec ce troisième laron qui quitte l’alliance aujourd’hui mettant fin à la majorité au pouvoir. En 2010 aucun parti politique n’avait obtenu de majorité pour gouverner, alors Rutt a monté une coalition avec le centre droit et l’extrême droite. Malgré tout, cette coalition avait encore besoin du soutien du parti anti-Musulman pour atteindre la majorité absolue.

Le parti de la liberté n’avait aucun Ministère mais il avait demandé le ban de la burqa. Chose toujours pas faite.

A propos de Wilders, le Chef du "parti de la Liberté" de l’extrême droite

Le "parti de la Liberté" a défié les prédictions en Juin 2010 en remportant 24 sièges de parlementaires, doublant ainsi le nombre de députés que le parti comptait avant le vote.

Au cours de ces dernières années, Wilders a fait l’objet de plusieurs procès, pour répondre des accusations d’incitation à la haine des Musulmans avec son film controversé "Fitna". Mis en ligne en Mars 2008, le film avait créé un tollé international pour la mise en scène d’images troublantes : des versets du Coran en surimpression sur des actes terroristes. Le but affiché était de dépeindre l’islam comme une menace pour la société occidentale et de créer une sorte de "Peur sur la ville".

Bande annonce de "Peur sur la ville", magnifique thriller d’Henri Verneuil avec Jean Paul Belmondo, l’autre magnifique.

La crise exacerbe les passions, les tensions sociales et la haine raciale ainsi que la guerre des religions. Le vote de l’extrême-droite a donc le vent en poupe, car les ingrédients dont il se nourrit remontent à la surface avec la crise. Face à "la Nation" décrétée par l’extrême-droite "en danger", le parti ordonne le retour au protectionnisme et à la fermeture des frontières. D’où les appels aux patriotes et à la Résistance pour faire face et combattre la menace extérieure qui a une double origine cette fois-ci : l’immigration (les étrangers) et la finance (condamnation de l’Europe et du Monde devenus des idéologies et des véhicules de la mort). Même le langage n’est pas neutre. "L’Européisme" et "le Mondialisme" sont des appellations qui doivent nous rappeler la marche destructive d’un cancer. "L’immigrationnisme", plutôt un vampire qui vient sucer le sang, c’est-à-dire les allocations familiales et les aides sociales, le RSA ; bref, la classe de l’Assistanat : les parasites, ceux qui n’ont aucune utilité sociale, les inutiles au Système. En d’autres temps et sur d’autres lieux, les Indésirables étaient appelés les rats.

L’extrême-droite ordonne la protection du territoire national des hordes d’envahisseurs. Jeanne d’Arc reprend du service, là où on ne l’attendait pas. Le retour en force de la bonne vieille souveraineté nationale où "nous décidons seuls de notre destin" devient l’affaire des passionarias, à défaut d’être celle de la Passion (du Christ). Ailleurs, et en d’autres temps - en Bosnie et à Sarajevo par exemple, cela a produit l’épuration ethnique.

Economiquement parlant, les passionarias de l’extrême droite vous diront qu’on ne partage pas la rareté. Ca commence toujours par la fête avant de sombrer dans le Noir. C’est la trame classique de tous les drames historiques. Au départ, c’était la joie et la fête. Du jour au lendemain, c’est devenu un cauchemar.

L’Extrême Droite c’est "Peur sur la Ville". Et ça fonctionne à merveille.

Faut-il s’en étonner ? Même pas. Toutes les civilisations ont connu des stades régressifs, des moments de perte d’identité, de mémoire obscurcie et de fabrication d’une supériorité raciale galvanisée par des Despotes Eclairés adulés par des foules amnésiques et fatiguées par la misère et nourries à l’angoisse. Certains de ces moments paroxystes étaient les signes annonciateurs d’une civilisation en déclin, à bout de souffle et à la recherche d’un souffle nouveau. Ce qui est bien dans toute fin d’époque ou de cycle, c’est qu’elle annonce toujours un autre commencement.

Tout commence donc.

 
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