dimanche, 27 mai 2018
 

Bayrou en pleine déroute. Entre leurre et chantage politique.

En 1995, aux aurores de l’entrée de l’Ecologie en politique, il y avait un candidat Ecolo qui avait le don de tourner les gens en rond et les choses en toupie. Philippe Séguin avait alors eu ce mot plein : l’invention du trottoir en politique. La tradition a continué discrètement sans s’afficher avec autant d’ostentation que ce que nous vivons dans cette élection 2012 avec F. Bayrou et Marine le Pen qui peuvent parfaitement échanger leurs prénoms ici sur l’axe du chantage politique pour ne pas dire "trottoir politique" comme Philippe Séguin, mais c’est tout comme. Les indispensables sont vraiment dans les cimetières. Vraiment.

Déjà en 2007, François Bayrou s’est maintenu au second tour, malgré son élimination au premier tour. Il a continué à s’exprimer comme s’il était finaliste ; il est même allé jusqu’à faire une caricature de débat avec Mme Royal en perdition entre les deux tours : débat relayé par un ou deux médias. La chose était surréaliste et frisait le ridicule. Mais, le ridicule en politique, lorsqu’il est mené par le PS est normalisé. En revanche, quand il s’agit de la droite, alors, les médias font grossir l’évènement à la loupe jusqu’à la déformation totale, suivant le principe de l’anamorphose.

Déjà, en 2007, F. Bayrou enfreignait les règles comportementales en politique et "polluait la confrontation finale" en ne respectant pas le protocole électoral. Lorsqu’on n’est plus dans la compétition, on se tait. Et, pour assurer le respect d’une règle cardinale, le fair-play, on se retire et on laisse la compétition avoir lieu sans intervention extérieure d’un candidat déjà éliminé qui viendrait troubler la compétition et brouiller les messages. C’est de la triche et de la fraude électorale. En 2007 déjà, le PS et François Bayrou étaient ligués contre Nicolas Sarkozy. Bien entendu, Bayrou n’a pas donné de consigne de vote. Mais c’était tout comme, puisqu’il avait dit qu’il ne voterait pas Nicolas Sarkozy sans indiquer qu’il voterait pour Mme Royal.

En 2012, F. Bayrou remet le couvert au prétexte qu’il a une lettre à adresser aux candidats. Finalement, ladite lettre ne pose pas des questions mais dresse une liste de doléances, comme si F. Bayrou était Mr tout le monde qui n’a pas accès à ses anciens collègues ou à l’Elysée. C’est bien connu, le Président de la République reçoit les dirigeants des partis politiques à l’Elysée, tous sans exception et même les candidats.

En 2007, après son élection, malgré le front Bayrou/PS, Nicolas Sarkozy avait reçu Mme Royal à l’Elysée. La lettre de F. Bayrou est un leurre, ni plus ni moins. Pire, il se permet de critiquer Nicolas Sarkozy entre les deux tours alors qu’il n’a plus droit à la parole. A l’avenir, le CSA devrait inviter les candidats sortis de la course à réserver leurs commentaires à la fin du match.

Dans sa lettre aux militants qui accompagne sa lettre aux candidats finalistes, F. Bayrou indique ceci : "Vous verrez que j’ai souligné dans cette lettre l’importance que nous attachons aux valeurs de comportement, autant qu’aux orientations programmatiques en un moment de crise profonde du pays". Valeurs de comportement ? Avant de donner des leçons de comportement et de bonne conduite aux autres, il faut déjà se les appliquer à soi-même. On frise l’imposture avec cette parole Bayrou arrivé 5ème, derrière FH, NS, MLP et JL. Mélenchon avec un score à moins de 10 %. L’humilité en politique, François Bayrou connaît ?

J.L. Mélenchon est respectueux et élégant dans son attitude de réserve et de respect du match final. Depuis que les candidats se sont retirés ou ont perdu la partie : Hervé Morin, Dominique de Villepin, Christine Boutin, Dupont Aignan, Valls, Montebourg, Mme Royal, Mme Aubry, on n’a entendu personne polluer le débat et la compétition. Le droit de réserve est observé à la lettre. Même les cadres du Modem sont partis chacun dans son camp, en évitant le ridicule et le mélodrame Bayrou sur la scène publique. Il est vrai que Mme Lepage, Bayrouiste de la première heure et qui l’a laissé tomber depuis, fait comme son ancien Maître : elle invite son ancien mentor à suivre FH où elle s’est réfugiée, en tant qu’ancienne Ministre de l’environnement sous un gouvernement de Droite, dans l’attente d’un poste en guise de remerciement de la transhumance.

La lettre de F. Bayrou est un leurre. Ni plus ni moins.

Est-ce le même F. Bayrou qui qualifiait hier encore le ralliement de Fadela Amara et de Martin Hirsch ainsi que des anciens de la Gauche qui ont profité de l’ouverture de Nicolas Sarkozy de troupeaux allant brouter (transhumance) et de personnalités allant à la soupe ? Ira-t-il à la soupe lui-aussi ? A moins que lorsqu’il prendra enfin le courage de dire qu’il va chez Hollande, il ne dise qu’il va "à la source d’eau vive" et non à l’abreuvoir. Peut-être, comme Jean-Baptiste, nous dira-t-il qu’il va baptiser François Hollande au fleuve Jourdain. Manque de pot : Hollande ne croit pas en Dieu, il l’a dit. C’est un Athée comme son mentor, Lionel Jospin se décrivant lui-même. C’est pourquoi, Hollande est pour le mariage homosexuel. Il est également pour l’adoption des enfants par les homosexuels, c’est cohérent avec son esprit.

On verra comment le Chrétien Bayrou va digérer tout ceci. Ca devient schizophrénique. Nous soutenions hier que, plus l’Europe s’écartera spirituellement de sa base Chrétienne, plus elle rencontrera des problèmes insurmontables. La preuve, en oubliant "la charité chrétienne" devenue "solidarité républicaine", elle a mis en place des plans d’austérité diabolique qui coûte des vies. L’esprit Chrétien défend la vie et sa reproduction "Allez et multipliez vous". C’est tout sauf une culture de la mort ou de l’apologie de la mort, voire de la stérilité comprise dans le mariage homosexuel.

Les homosexuels peuvent contracter une union civile. Ils le savent très bien.

Le chantage politique à la sauce Marine Bayrou : une vraie marinade.

Un malheur n’arrivant jamais seul, l’exemple Bayrou déteint sur Marine Le pen qui elle aussi est montée sur le créneau du chantage "ma consigne de vote pour l’UMP contre son soutien pour les candidats FN au second tour des législatives". On n’a pas fini d’élire le Président de la République que déjà le commerce des voix et les marchands de tapis sont toute voile dehors. Dans une République ! De Gaulle où es-tu ? Jeanne d’Arc, où es-tu ? Victor Hugo ou es-tu ? Jaurès où es-tu ? Où sont les Républicains ? Les Démocrates ? Les vrais ? Le temps de la démocratie cristallisé dans le suffrage universel doit être respecté : c’est un moment sacré dans la vie d’une démocratie. Si des dirigeants de premier plan foulent aux pieds ces moments sacrés, ces temps symboliques, chargés d’une histoire : la Révolution Française, alors, ces dirigeants là ne méritent pas leur place, car ils désacralisent la République et donnent un très mauvais exemple aux enfants avec leur pédagogie d’épicier et d’épicière. Rien à voir avec leurs électeurs.

Si François Bayrou veut encore préserver un tant soit peu de crédibilité, qu’il se retire. Il rendra un service d’intérêt général, pour une fois, et cessera de voir les choses à partir de son nombril et pour son compte. En 2007, il avait dit qu’il ne voterait pas Nicolas Sarkozy mais qu’il n’appelait pas non plus à voter pour Mme Royal. En 2012, il nous dira certainement qu’il va faire comme Montebourg qui disait que Hollande et Mme Aubry c’était blanc bonnet - bonnet blanc, mais qu’il allait quand même choisir de suivre Hollande. Explication : les sondages donnaient Hollande gagnant. Voilà comment on fait la politique aujourd’hui, non pas pour des convictions, mais pour soi. L’espace politique est donc devenu une véritable bourse de valeurs où on joue le fric.

Il faut quand même avoir en tête qu’au moment de l’organisation de la primaire citoyenne chez les Socialistes, tous ceux qui viennent maintenant se rallier au candidat Hollande émargeaient à Droite y compris les transfuges du PS comme Fadela Amara qui émargeait chez les Radicaux de Borloo. Aucun ne s’était manifesté.

Après ça, on s’étonne que le vote des extrêmes progresse. Eux au moins, ils ne se prostituent pas jusqu’aujourd’hui où Mme Le Pen s’est piquée au jeu et veut faire du Bayrou.

Quels que soient les résultats du second tour, les résultats du premier ont démontré que Nicolas Sarkozy, malgré la crise, malgré l’usure du pouvoir - qui n’est évalué qu’à l’aune des échecs et non des réussites- malgré les défections dans son camp et la saignée du FN sur son électorat ; malgré tous ces handicaps, malgré l’appel au vote utile de François Hollande, l’UMP et le PS font jeu égal.

Le prochain Président doit impérativement veiller à la sacralisation de la République et de la démocratie. Cela implique, que les transfuges passés dans le camp Hollande pour des raisons de portefeuille ne puissent obtenir aucun poste Ministériel, ni être présents dans le gouvernement, si c’est lui qui est élu.

Pour le Président candidat Nicolas Sarkozy, je n’ai aucun doute là-dessus : la République sera préservée et même renforcée. Question d’Autorité. Question de Personnalité du candidat. Question d’Expérience et de Volonté. Là où il y a une volonté, il y a un chemin. Toujours. On le sait tous, mais parfois, il est bon de se rappeler certaines choses qui paraissent évidentes et qui, en réalité et dans la pratique, ne le sont pas toujours.

Hollande peut-il dire, comme Nicolas Sarkozy l’a dit qu’il n’y aura pas de Ministres parmi les transfuges et les ralliements intéressés ? Ca aussi, c’est Moraliser la vie publique. Nicolas Sarkozy a clairement dit : qu’il n’y aura pas de Ministres FN. Ce qui ne veut pas dire que le message des électeurs du FN ne sera pas pris en compte ni laissé sans réponse. Mais c’est lui que cible F. Bayrou.

Au fait, doit-on comptabiliser le temps de parole de F. Bayrou qui passe son temps à critiquer Nicolas Sarkozy dans ce second tour dans le temps de parole de François Hollande ? Il faudra clarifier les choses ici.

Personne n’est parfait. Mais, il y a des choses avec lesquelles on ne joue pas. La République en fait partie tout comme le socle Chrétien de l’Europe - rappelé par Mme Merkel avec raison il y a quelque temps - ainsi que son socle Hellénique qui, ensemble, constituent la base de l’Identité Européenne. La laïcité n’est pas une négation de la religion, c’est juste une séparation entre la sphère privée et publique. Et pourtant, même le plus hypocrite parmi nous sait que les deux sphères sont en interaction. Exemple : Hollande, athée en privé cela donne en public : pour le mariage homosexuel. Pour Sarkozy, c’est l’inverse. On peut aligner plusieurs exemples.

Même le plus hypocrite d’entre nous sait que la liberté n’est pas un concept qui commence avec la République. La liberté est un don de Dieu à chaque homme, confirmé par la Constitution et les Droits de l’Homme. C’est de cette liberté que procèdent l’instinct de survie et la Résistance. Résistons donc à la désacralisation de la République et à sa transformation en marchés publics où ce qui compte le plus c’est la logique transactionnelle et non la logique transformationnelle qui doit nous porter tous. Ici, les haines personnelles n’ont pas de place : seul compte le projet de l’avenir.

P.S. F. Bayrou annonce qu’il s’exprimera le 3 Mai. En quelle qualité ? Il fait ses prolongations et l’imposture continue. Si un leader est incapable de donner de consigne de vote, au moment de son élimination de la compétition, pour s’en servir et rester dans la compétition par une manoeuvre, c’est tout simplement pathétique. On n’attendait mieux de quelqu’un qu’on a tant admiré et respecté.

 
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