mardi, 21 août 2018
 

2012. "L’élection" laisse un goût amer. Election ou Elimination ? Il est urgent de réformer le Système.

A la suite de ce qui ressemble fort à un "Hold up électoral" dans la 5ème République, le système des Présidentielles est à bout de souffle. Comment le réformer si tenté qu’un quelconque changement soit possible dans le pays France. Voici quelques pistes pour éviter des prochains hold up électoraux qui ne sont rien d’autre que la négation de la République.

Au sortir de cette "élection", si on peut l’appeler ainsi, il faudrait plutôt dire de cette "élimination" pas comme les autres où une certaine "voyoucratie" - passez moi l’expression - a réussi à détourner l’élection et son esprit, il faut réformer le système. Jamais une élection n’a été aussi truquée par les acteurs politiques et jamais on a assisté à tant de négociations opaques entre les femmes et hommes politiques, censés donner l’exemple, en matière de transparence, de loyauté et de responsabilité. L’élection laisse un goût amer.

Le ton a été donné entre les deux tours de la primaire citoyenne avec un report de voix illisible et guidé non pas par la proximité des idées mais par des calculs de placement personnel au sein d’un gouvernement éventuel. A partir de ce moment, tous les ralliements qui ont suivi ceux de Mme Royal et de Mr. Montebourg ont reproduit le même schéma et la même motivation personnelle.

Si ça c’est le changement et une autre façon de faire de la politique, alors le changement est un "piège à cons" - passez moi l’expression - pour ceux qui y ont cru. Comment en est-on arrivé là ? Le rejet du Président sortant justifie-t-il qu’on cautionne toutes sortes de combines au prétexte que tout ce qui peut être fait pour écarter le candidat sortant est bon à prendre ? Dès lors qu’on commence à accepter le premier crime, alors il faudra accepter tous les autres qui suivront.

Du temps de François Mitterand, la Gauche se présentait unie et son projet était clair. Aujourd’hui, J.L. Mélenchon fait une campagne où il affirme l’indépendance du Front de Gauche allant jusqu’à lancer des formules pompeuses le soir du premier tour du genre "il ne demande rien" et "qu’il n’y aura pas d’alliance avec le PS", refusant de prononcer le nom de F. Hollande et d’appeler ses électeurs à voter pour lui.

La position n’a pas tenu une semaine. Comme tous les acteurs passés à la soupe, on a retrouvé notre J.L. Mélenchon en grande forme derrière Hollande et, comble de vulgarité, un Député européen comme lui, qui emploie un langage ordurier disant "qu’il faut que Nicolas Sarkozy dégage" ! Un Député. Dans une République dite civilisée qui parle comme une « racaille des banlieues » ou comme les petits jeunes du forum de 20 mn où les insultes pleuvent lorsqu’ils parlent des personnalités politiques. On a entendu aucun homme politique de Gauche s’en indigner. Ni de Droite d’ailleurs.

Notre nouveau Président, lors du débat, appelait le Président sortant, Nicolas Sarkozy. Au même moment, Nicolas Sarkozy l’appelait Mr. Hollande. La dégradation des Institutions est en marche avec « l’irrespect généralisé » et la corruption des moeurs en politique. C’est triste. Des hommes politiques qui s’expriment comme des voyous et se comportent comme tels (qui, en allant du centre à la gauche ou de la droite à la gauche) non pas au sein d’un contrat d’alliances post électorales - dans une coalition - mais par le truchement de deals souterrains, hors vus dont on ne voit que la partie superficielle de l’iceberg, c’est le signe annonciateur d’une période politique très trouble.

L’avenir nous dira.

French connection politique

Si on va plus loin dans l’analyse, on verra que tout ceci est possible parce que le système n’a pas évolué. Il faudra certainement mieux le codifier afin d’interdire certaines alliances dignes des pratiques du « Milieu » et non de la Politique. Puis, il y a la question des kamikazes qui peuvent surgir du jour au lendemain et se présenter à la candidature suprême. Inutilement. Cheminade, Poutou en particulier sont l’exemple type de ce qu’il ne faut plus refaire. Ils ne représentent qu’eux mêmes. Comme de véritables snipers, ils apparaissent et disparaissent comme ils sont venus, non sans avoir fait des dégâts. Que sont-ils venus faire dans l’élection sinon cracher leur venin sur Sarkozy et augmenter de façon dilatoire le temps de parole des antiSarkozystes et donc du PS. Est-ce cela l’équité du temps de parole ?

Même chose observée chez F. Bayrou qui, entre les deux tours a voulu se maintenir abusivement en critiquant Nicolas Sarkozy. Est-ce cela l’équité du temps de parole ? Du reste, il faudrait interdire aux éliminés de s’exprimer entre les deux tours. S’ils ont des consignes de vote à donner ou non, qu’ils les donnent le soir du premier tour et qu’ils laissent l’élection se poursuivre, puisqu’ils sont éliminés.

Ca pose la question du moment de l’élection et de sa proximité avec le 1er Mai qui a encore ajouté du temps de parole au candidat PS, en raison des alliances entre les partis de Gauche et les syndicats. Heureusement que le Président Nicolas Sarkozy a eu la bonne intuition d’intervenir lui aussi ce jour-là dans une allocution testamentaire.

Le discours du Trocadero était fort, très fort. Il a valeur de testament. A lui tout seul, il est la marque et la trace qu’un Grand Chef d’Etat a indiqué la vision de la France pour les prochaines années. C’est Grand.

L’idée que l’élection est la rencontre entre un Homme et le peuple a vécu. A l’heure des grandes magouilles et de la corruption des politiques, il faut recadrer les choses. Par exemple, doit être éligible à la candidature, quelqu’un qui est susceptible d’avoir une majorité parlementaire sur laquelle s’appuyer pour gouverner. Ca éliminait toutes les impostures qu’il y a eu comme candidatures. On aurait eu 6 candidats : les deux extrêmes, les deux du centre et les deux partis du gouvernement.

Le temps de parole abusivement distribué à égalité entre un Cheminade, un P. Poutou et le Président sortant était absolument scandaleux. Du grand n’importe quoi. En fait, une perte d’un temps précieux pour l’échange. A y regarder de plus près, le problème vient des parrainages. Il faut en finir pour que la confrontation entre les finalistes ait lieu sur une durée de 2 mois au moins ponctuée de 3 débats, comme dans les grandes démocraties : USA et Royaume Uni.

Au final, si on cumule le temps d’antenne de la primaire socialiste et celui de la campagne, la Droite a été flouée et ce n’est pas normal. Un temps équivalent d’antenne devait être restitué à la Droite qui elle n’a pas tenu de primaires.

En poussant la logique plus loin, peut-être serait-il même souhaitable que la candidature à la fonction suprême soit réservée uniquement aux partis qui ont un groupe parlementaire. Le groupe parlementaire serait la preuve de la légitimité populaire et, à ce titre, il remplacerait le système des parrainages. Ca nous évite les kamikazes, les snipers, les aventuriers, les chasseurs de primes façon F. Bayrou et Dominique de Villepin voire Corinne Lepage et beaucoup d’autres.

Autrement dit, avant que le FN se présente pour régler ses éternels comptes avec la Droite qui en fait toujours les frais, il faudrait que ce parti ait un groupe parlementaire à l’Assemblée. En édictant des règles fortes, on élimine du même coup la possibilité des coups tordus et des alliances faisandées.

En résumé.

Pour faire simple, seules les formations politiques ayant un groupe parlementaire pourront présenter un candidat aux élections présidentielles. La légitimité de la candidature au poste suprême doit respecter la procédure prévue par la démocratie représentative. Un parti comme le FN doit d’abord faire la preuve de sa légitimité en passant par les canaux et procédures de la représentativité et non sauter les étapes. Tout ceci devrait améliorer la lisibilité et la légitimité des candidatures et libérer du temps pour le débat électoral. Actuellement, ce temps est bouffé par une floppée d’individus sans assise représentative.

Le nombre d’électeurs à lui tout seul n’est pas suffisant. C’est une représentativité sauvage. Après tout, les sectes ont un grand nombre d’adeptes et de fidèles qui pourraient voter pour leurs Chefs gourous, en cas d’élection.

L’idée c’est d’arriver rapidement à une confrontation bipolarisée qui a le mérite d’être clair, en lieu et place de notre système qui mélange tout et où les candidats débordent sur leur temps de parole sans être punis ou rappelés à l’ordre. Ainsi Dominique de Villepin qui publie entre les deux tours un entretien pour dire "Nicolas Sarkozy m’effraie et la Gauche m’nquiète". En fait d’info, ce n’est que de l’intox supplémentaire pour discréditer Nicolas Sarkozy. Le FN est ce qu’il est, mais il doit s’amuser de la propension des hommes politiques dits Républicains, parfaitement propres sur eux, qui sont aussi discriminants que le FN. La seule différence, c’est qu’ils sont des caméléons. En public, ils sont les Bons samaritains. En privé, ce sont des "négriers". Point. Tous sans exception, depuis l’extrême gauche jusqu’au FN. C’est par là que le Front les tient. Ils savent que le Front sait qu’eux et elle sont strictement identiques, sur l’axe du rejet de l’Autre.

Bayrou et DDV peuvent dormir tranquille désormais. Nicolas Sarkozy, leur meilleur ennemi, n’est plus le Président de la France. Sauf qu’avec le départ de Nicolas Sarkozy, tous les deux sont politiquement morts aujourd’hui. Avec cette différence de taille : Nicolas Sarkozy a été Président de la République Française. Eux ne le seront jamais. Aigris, ils étaient. Aigris, ils le resteront. Petits dans leur ralliement.

Reste une question : pourquoi tant de haines ? Et pourquoi ce service minimum du côté des ténors de l’UMP ?

 
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