jeudi, 20 septembre 2018
 

Quel est le statut de Valérie T. auprès du Président ? Escort ? Concubine ? Promise ? Attention à l’abus des biens publics et au conflit d’intérêts.

Besoin de clarification urgent.

L’idée qu’il y a une ligne de démarcation entre la vie privée et publique d’un homme public, qui plus est, d’un Chef d’Etat est une idée franco-française. Cette séparation n’existe pas, car la vie privée d’un homme public le rattrape toujours en public. D’autre part, élisant un Président, on élit aussi un Homme et non un Robot. Donc, il est grand temps pour la France de sortir de la grande hypocrisie d’une séparation entre les deux.

Voilà qui nous emmène aux flous de l’interview du président, le 14 Juillet sur sa "prétendue" vie privée qui ne peut pas en être.

Quel est le statut de Valérie Massonneau aux côtés du Président ? La chose semble visiblement relever du domaine du concubinage ou du copinage. Cela devrait donc être une affaire strictement privée.

Mais, voilà, tout au long de la campagne présidentielle, le Président l’a imposée à moins que ce soit elle que ce soit imposée au bord de l’overdose, tant sa présence ne s’imposait justement pas, sauf à jouer les people ou les just married de 20-25 ans. Le couple faisait donc un peu couple d’ados attardés. Ce n’est pas péjoratif. C’est clinique.

Mais passons. Aujourd’hui, on est dans le dur. Hollande président, soit Valérie est dans le privé et elle y reste. Soit elle est femme publique et il fallait que Hollande le dise. Maintenant, il ne suffit pas de dire « elle est ma femme (ou ma compagne) pour que cela soit ». Il faut un engagement officiel, sinon l’Elysée devient un bordel où on peut emmener ses petites amies et en changer aussi souvent que possible. Il faut respecter les Institutions. La Normalité ne doit pas se traduire par la Banalité. Cela a déjà été dit par ailleurs.

Les journalistes se sont concentrés sur l’affaire du tweet. Ce tweet montre bien que Valérie T. a agi en privé - en citoyenne. Pourtant, son acte a eu un retentissement public, tout simplement parce qu’il contredisait l’avis du président qui soutenait un candidat contraire. Si le tweet de VT était un tweet de soutien à Mme Royal, l’aurait-on condamnée ? Je ne crois pas. On aurait au contraire applaudi la hauteur de vue de VT et loué sa grandeur, même feinte. Il y a beaucoup d’ambiguités ici et elles proviennent de la non clarification des choses, contrairement à ce que le président a indiqué.

Au passage, je suis déçue que VT se débine, elle qui la jouait superbe en revendiquant sa liberté d’expression de journaliste qu’elle veut continuer à exercer. Encore une autre aberration Hollandaise. Michelle Obama est une puissante Avocate et elle n’exerce pas, depuis que son Mari est à la Maison Blanche. C’est une journaliste en France qui va nous faire le coup de "Moi, journaliste, je...". C’est un peu court... Il faut respecter l’esprit des institutions.

Hollande voudrait que son escort girl soit toujours à ses côtés en public. Elle voudrait qu’on voit comment ils s’aiment, se touchent et se font des bisous. Hollande veut pour sa dulcinée un bureau et des secrétaires et autres employés et l’entretien de son escort payés par l’Etat. Elle voudrait en plus conserver son boulot dans son journal.

Question : Y aura-t-il un service de sécurité affecté à ses virées dans son journal ? Qui va payer ce service d’ordre ?

Question : de quel droit et à quel titre jouit-elle d’un bureau à l’Elysée, elle qui n’a aucun statut juridique ?

Question : Quel est son rôle à l’Elysée ? Comme à Solferino, faire la "chienne de garde" ou autre chose ? Pourquoi pas un bureau en ville, dans le privé ? Et puis il y a une jurisprudence en la matière : toute journaliste qui vit avec un homme politique est tenue de démissionner de son poste. Aucune exception n’est tolérable.

A un moment, se posera la question de l’abus des biens publics pour satisfaire un objet de plaisir sexuel privé. Attention. Il faut impérativement mettre cette situation ubuesque au clair.

Dérive institutionnelle

Certes, on a entendu qu’il (Hollande) a fait passer le message invitant tout un chacun à la fermer en public. C’est un voeu pieu. Il y aura des couacs à répétition, tant que la situation ne sera pas clarifiée. Cette question de l’officialisation d’une escort qu’on ne prend pas pour épouse, mais qu’on veut ériger au rang officiel d’épouse se situe entre l’imposture, le passage en force et l’abus des biens sociaux. Ca va au-delà du simple clivage vie privée/vie publique. C’est beaucoup plus grave pour la moralisation de la vie publique, des comportements des hommes politiques en société qui exploitent sans vergogne les vides institutionnels. J’espère que la réforme des Institutions annoncée, proposera un code de conduite sur ce sujet où la dérive institutionnelle est manifeste ici.

Mme VT est dans le conflit d’intérêts. C’est clair. Il est surprenant qu’un ancien parlementaire comme le président n’ait pas vu que la chose saute aux yeux. Elle ne peut pas être journaliste et vivre avec le président de la République. Impossible et inacceptable. Il faudra choisir, c’est l’un ou l’autre. Pas les deux.

Visiblement, Hollande fait un usage privatif d’une fonction publique : celle de première dame de France.

Mme Valérie T. accompagne le Président dans ses voyages, c’est donc qu’il veut qu’elle joue un rôle public. Elle a un bureau à l’Elysée et jouit d’un personnel payé par l’Etat. Est-ce normal ? Première question. Doit-on profiter d’un vide institutionnel pour mettre comme cela à disposition d’une "escort girl", car c’est de cela qu’il s’agit pour le moment, tout ce faste bureaucratique qui n’a ici aucune justification ?

Pourquoi les journalistes n’ont pas posé ces questions avec plus de précision ? Depuis le débat présidentiel, il apparaît comme une faiblesse des journalistes présentateurs du JT pour conduire de tels débats, quand ce n’est pas leur âge et leur copinage qui sont en cause (cf ceux qui ont animé le débat présidentiel se contentant d’être là, non comme des modérateurs, mais comme des spectateurs - étonnant pour Pujadas qui a été bon tout au long de ses « paroles et des actes ») ; quand ce n’est pas leur parti pris flagrant comme au débat présidentiel, c’est une sorte de timidité voire de généralisation des questionnements qui a laissé place à beaucoup de non dits, de flous et de trous.

Quel est le profil du bon interviewer d’un Président pour qu’on n’en ressorte pas avec ce goût d’inachevé ?

Cette fois-ci, ce n’était pas la faute à Hollande. On ne lui a pas franchement posé les questions. Claire Chazal a essayé, mais elle et son collègue de la 2 n’étaient pas en raccord, du coup, ça frisait parfois la cacophonie ou le conflit entre les deux, au moment de poser les questions. Un téléscopage entre deux journalistes chargés d’interviewer le président est exceptionnel.

J’ai repensé qu’il faudrait des journalistes aguerris, spécialistes, denses et ayant du charisme et du métier pour interviewer les présidents. Les grandes pointures de la presse écrite qu’on voit passer chez C à dire seraient mieux indiquées : Christophe Barbier, Hervé Gattegno, Franz Olivier Giesbert, J.J. Bourdin, pour citer quelques uns, J.M. Sylvestre pour l’économie, entre autres, sont mieux affûtés et expérimentés, me semble-t-il. Pourquoi ne pas essayer un panel de journalistes qui ne proviendraient pas uniquement de la télé ?

Photo. Dernière interview du Président NS, un mois après la baisse de la note de la France. J.M. Sylvestre était là pour parler économie. Il fallait la même chose pour parler plus en profondeur de PSA et de la crise de l’eurozone autour de la compétitivité, les différents pactes budgétaire et de croissance, etc..

On est resté un peu sur sa faim*, avec cette première interview.

(*) il fallait lire "sur sa faim" et non "sous sa faim". C’est ce qui arrive lorsqu’on corrige directement sur écran et non sur papier. Autant pour moi.

 
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