dimanche, 27 mai 2018
 

Réforme des Institutions. Qu’est devenu le rapport Attali sur les freins à la croissance et la relance de la compétitivité ?

Le renouveau productif face au déclinisme Français. La France peut-elle se réinventer un nouveau destin ?

Avec l’annonce de la Commission sur la réforme des Institutions, proposée par Hollande à Jospin, on avait presque oublié le lien direct entre cette réforme et celle des freins à la croissance présidée par Jacques Attali, commandée par Nicolas Sarkozy. Que de temps perdu, avant Hollande. Si un "environnement favorable" à l’esprit d’entreprise figure en bonne place dans les critères d’attribution de l’aide au développement aux pays en voie de développement, c’est que à la fois les Institutions et les règlements qu’elles produisent impactent le climat des affaires dans le pays. Bien évidemment, la démocratie est concernée.

Une réforme des Institutions crédible sera forcément jugée à l’aune de sa capacité à évacuer les freins de la croissance. Pour le dire autrement, la commission Attali qui ne s’appelait pas "réforme institutionnelle" en était une, car elle débouchait précisément sur la "réforme institutionnelle" qu’elle avait l’avantage en sus de déborder.

Pour reprendre une métaphore cinématographique, les freins à la croissance offre un panoramique à 360 % de la question, là ou la réforme institutionnelle offre un travelling. Préférons le panoramique de Jacques Attali en l’occurrence, car il prend en compte l’ensemble du paysage frappé par le déclin.

"Voici 12 réformes qui ne coûtent rien et rapporteraient de la croissance" de J. Attali qui réinstallent la question à l’ordre du jour et dans l’actualité, en ces temps d’érosion de la cote de popularité du couple de l’Exécutif, de l’idolâtrie des fantômes, sortes d’ombres portées, qui hantent toujours le pouvoir par leur Force passée, actuelle et probablement future. Et toujours la crise qui rôde.

1. La Décentralisation. « Réduire le nombre de collectivités territoriales, en confiant les actuelles responsabilités des départements aux agglomérations, en zone urbaine,et en considérant les départements ruraux comme des agglomérations ». Je souscris fortement à cette mesure, en particulier.

2. « Développer l’enseignement sur mesure à l’école primaire ».

3. « Reprendre aux Maires le pouvoir d’attribuer les permis de construire afin de donner à l’Etat les moyens de libérer les espaces destinés à la construction ». (C’est un impératif). Sur « la hauteur des immeubles », je suis un peu plus réservée, surtout lorsqu’on la met en rapport avec l’écologie. Mais ça se discute, dirait J.L. Delarue qui nous quitte trop tôt. Mais, « ce n’est qu’un Aurevoir ». Avec un tel talent, même au ciel, je suis sûre qu’il trouvera le moyen de refaire une émission avec ceux qui nous ont dévancés.

4. Réduire à 20 le nombre de ministères et de ministres pour diminuer le nombre d’autorités dépensières et regrouper leurs services. (Autorités dépensières ? J’adhère).

5. Pas de publication de nouveau décret sans suppression d’une ou de deux réglementations existantes. La coalition au pouvoir en Grande Bretagne a dit "one in-one out".

Puis la 10ème proposition qui me plaît beaucoup aussi, et qui prescrit la « suppression des dizaines de "hautes autorités" ou autres "commissions permanentes", qui ne font, pour l’essentiel, que retarder les décisions publiques, sans avoir aucune utilité sociale ». Avec la permission de J. Attali, j’ajouterais « sans utilité publique ». Et j’ajouterais « qui font double emploi », car du personnel au sein des Administrations concernées, il n’en manque pas. Qui dit « double emploi », dit « sureffectif », là où il faut en supprimer 1 sur 2.

Les hautes autorités et autres commissions permanentes sont inutiles sur toute la ligne : elles coûtent cher, aggravent le déficit et alourdissent le fonctionnement institutionnel déjà très alourdi par ses protocoles en interne comme en externe et la bureaucratie, maladie française et des pays communistes.

Le risque, prévient Jacques Attali, c’est l’impopularité pour un temps. Mais, c’est bien connu, qui ne risque rien n’a rien.

On perd du temps

"Retarder les décisions publiques" n’est pas seulement le fait des "hautes autorités" et "autres commissions permanentes", J. Attali conviendra aisément que les rapports produits par les commissions ne sont pas suivis d’effets par les présidents commanditaires. On perd du temps, en n’appliquant pas les mesures préconisées dans les rapports et, surtout, en reconduisant les mêmes commissions sous d’autres appellations d’une présidence de Droite à une présidence de Gauche et vice versa.

Lire l’ensemble des 12 mesures dans le détail dans "L’audace par nécessité", par Jacques Attali, l’Express du 22 Août.

Rapport J. Attali et les freins à la croissance. Débat.

La France peut-elle se réinventer un nouveau destin ? Comment changer de logiciel ?

Ce n’est qu’un Aurevoir. Pour Jean Luc

 
A propos de Mon site SPIP
Sans réagir sur le fond des motifs du mandat d’arrêt international du Président Soudanais : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’Union Africaine a pourtant manifesté son extrême prudence pour cette condamnation d’un de ses membres. Raison avancée : la sécurité et la paix doivent primées sur la (...)
En savoir plus »
Thèmes