mardi, 21 août 2018
 

Le gouvernement Hollande/Ayrault voit Rouge. Les effets d’optique et de manche ne suffisent plus à faire illusion.

Les limites du trompe-l’oeil et des effets d’optique.

Faut-il croire aux derniers sondages de Hollande, même en "chute libre" ? A défaut de pouvoir répondre par un Oui franc ou par un Non péremptoire, disons qu’on va croire à moitié ; un peu comme si on disait que « dans le doute, s’abstenir ».

Depuis le début des primaires, il y a de quoi s’interroger sur la véracité des sondages de Hollande, soutenu publiquement au-delà du raisonnable. Avec le recul, on se demande si les 60 % de Janvier/Mai n’était pas gonflé par ce soutien indécent et indigeste auquel il convient d’ajouter le dénigrement systématique de Nicolas Sarkozy qui a eu pour effet d’ajouter à la bulle sondagière Hollandaise. Qu’en était-il réellement ? Les sondages de la bataille des primaires socialistes étaient-ils déjà "tripatouillés" pour favoriser Hollande ?

La question se pose d’autant que, en 2007, Ségolene, sans le soutien publiquement affiché des médias qui avait choisi Sarkozy, a réalisé exactement le même score que Hollande, si on tient compte de la part du PS au sein des Gauches. Si donc Mme Royal fait le même score que Hollande, sans le soutien massif des médias et associés et sans le rejet social, attisé et nourri par les médias en sus - d’un Président sortant, alors, il y a place pour le doute des sondages de F. Hollande.

Serait-ce pire au point qu’on a encore arrangé les chiffres pour ne pas mettre de l’huile au feu ? Dans le doute, s’abstenir.

Effets d’optique et trompe-l’oeil

Le gouvernement navigue à vue. C’est clair, au vu des premières mesures.

1. En premier lieu, la composition du gouvernement qui est le seul "changement, c’est maintenant" en pire. Des Ministres qui ressemblent à des stagiaires des Grandes Ecoles en formation. Manque de crédibilité et de compétences. Un gouvernement sans colonne vertébrale et nervures. Déjà l’expectative.

2. Les décisions à la marge. L’installation des commissions et les ordres de mission confiées aux potes : premier signe d’impuissance agrémenté d’une couche de clanisme.

3. Le ratage des priorités. Le mariage gay, la taxation éventuelle des retraités ou l’annonce de continuer à faire payer les propriétaires en fin de crédit, le vote des étrangers aux élections locales sans compter les grandes messes du dialogue social et écolo.

4. Navigation à vue. Exemple : la construction de logements au hasard des achats de terrain décidés par à-coups, sans consulter certains grands acteurs.

5. La précipitation dans l’annulation des mesures prises par le gouvernement Sarkozy/Fillon non remplacées par de nouvelles dispositions en faveur de la compétitivité. Exemple emblématique : la TVA compétitivité et la suppression des heures supplémentaires.

Bilan. Tout ce qui importe est mis de côté et reporté à plus tard. Le gouvernement n’a pas de plan de route, ni de boussole tout simplement parce qu’il n’a pas de cap. Il agira au coup par coup et advienne que pourra. D’où cette forte impression de lenteur et d’errance.

Dernier avatar : le coup de Trafalgar d’EELV qui a bu une dose de potion amère sur le nucléaire et freine des quatre fers sur le traité européen. Mais, sur quoi portait alors l’accord du gouvernement entre le PS et EELV ?

Il est vrai qu’à l’époque, Hollande pensait qu’il allait tout seul obtenir l’annulation de ce traité. Tel un superman. A ceux qui avaient alerté au moment des faits que cela ne se pouvait pas, on leur avait répondu qu’ils étaient des "incapables" et des "fachos". Où en sommes-nous ? Le déni de réalité rattrape l’électorat et ses élus en plein vol. D’où le trou d’air.

Ce couac sur le traité européen qui est une prolongation de l’attitude du PS durant la campagne, signe à lui tout seul, l’ignorance des institutions européennes de ceux qui nous gouvernent. C’était vrai hier du PS. C’est vrai aujourd’hui de EELV.

Les effets d’optique et de manche ne suffisent plus à faire illusion. Conséquence, la bulle sondagière Hollandaise se dégonfle. Rien d’étonnant. Les sondages sont peut-être pire.

 
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