mercredi, 22 novembre 2017
 

Susan Rice ne figure plus sur la liste des prétendants au Secrétariat d’Etat

Dès l’annonce de l’éventualité de sa nomination au poste de Secrétaire d’Etat, le Sénateur McCain (Arizona) et son homologue, le sénateur Graham du New Hampshire ainsi que Jim Inhofe de l’Oklahom, membre de la commission des armées et des Affaires Etrangères se sont érigés contre.

Ils ont pris Susan Rice en grippe l’accusant d’avoir mal géré les attentats de Benghazi en en donnant un compte rendu inexact visant à tromper les Américains sur les causes réelles, selon eux, du crime des 4 diplomates américains dont l’Ambassadeur.

Pour eux, la version de Mme Rice soutenant que l’enquête a permis de démontrer que l’incident était spontané est destinée à couvrir l’absence de sécurité dont les diplomates avaient besoin. Derrière tout ceci, il faut lire le discours insidieux : les crimes étant intervenus le 11 Septembre, jour anniversaire des deux tours jumelles écroulées, à 2 mois des présidentielles, le discours de Susan Rice a servi à couvrir l’administration Obama.

On en revient à la défaite des Républicains toujours pas digérée. Pour McCain en particulier, il s’agit d’une double défaite. La sienne en 2008, déjà lourde et celle encore plus lourde de Romney en 2012. McCain est le soutien de la première heure de Romney finaliste. En pesant de tout son poids dans l’élection pour un score aussi decevant, McCain est humilié et prend sa revanche sur Rice.

Il oublie le contexte de la guerre en Lybie qu’il a cautionnée personnellement en se rendant surplace pour accomplir l’humiliation finale de Kadhafi qui n’était pas encore mort, et que cette caution intégrait l’alliance avec les forces d’Al Qaeda contre l’armée officielle de Kadhafi.

Un an et demi après, il y a ce crime impliquant les amis des Américains d’hier, al-Qaeda et McCain qui agite le drapeau rouge devant la nomination de Rice pour non vigilance envers leurs alliés d’hier. C’est à ne rien comprendre. Il se renie lui-même et jubile. Il félicité Rice pour sa sage décision.

Le Sénat Américain a son mot à dire sur la nomination du Secrétaire d’Etat.

Rice a annoncé sur NBC qu’elle avait transmis une lettre au président Obama pour lui dire qu’elle renonçait car sa nomination risquait d’être longue et politiquement coûteuse. Le président a pris acte de cette décision qu’il regrette.

Mme Rice est Ambassadrice des US aux Nations Unies. Clinton s’en va et dit qu’elle ne devrait pas se présenter en 2016. Les sondages la donnent pourtant favori. Loin loin devant tous les autres candidats possibles. Mais, en professionnelle, elle sait qu’être favori à 4 ans d’une échéance n’est qu’un instantané. Combien de favoris 2-4 ans avant l’échéance se sont écroulés à la fin ? Beaucoup.

La question n’est donc pas à l’ordre du jour. L’heure est toujours au règlement des comptes présidentiels entre les Républicains qui avaient juré de faire d’Obama le président d’un mandat et qui sont humiliés devant celui qu’ils considèrent comme un "Usurpateur", au nom de leur primauté naturelle sur le poste présidentiel. La même posture explique les blocages sur le budget : les Républicains estiment que c’est à eux de faire la leçon économique à Obama.

Depuis leur échec, les Républicains sont divisés sur le diagnostic : il y a les éternels obtus comme McCain pour qui rien ne doit changer et de nombreuses voix discordantes sur le renouveau impérieux du vieux GOP qui doit s’ajuster sinon dire bye bye à la présidence pour longtemps.

Cette House à majorité Républicaine pourrait bien être une dernière pour longtemps également. En cause, la psychorigidité et le logiciel périmé du Parti Républicain.

Susan Rice a été prise dans cet étau.

 
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