mercredi, 22 octobre 2014
 

Barack Obama critiqué pour l’implication de l’Amérique dans la no-fly zone Libyenne

A trop écouter John McCain, Barack Obama s’est engagé dans la no-fly zone sans prendre le temps du débat démocratique contradictoire et, encore moins, sans laisser le temps de la réflexion stratégique à son admnistration. Alors, les parlementaires américains se sont emparés du sujet et questionnent le Président sur l’organisation de la mission, sur son coût et ses conséquences. Hier, le Président Américain a reçu un panel de parlementaires, pour s’en expliquer. Visiblement sans convaincre. La démocratie rattrape un Barack Obama, parti précisément en croisade démocratique en Libye, égaré dans le vote précipité de la no-fly zone Libyenne. De l’avis des observateurs publics et de certains décideurs au sein de l’Otan, plus l’opération avance, plus il est évident que les bombardiers de la force internationale s’éloignent de l’ordre de mission d’établissement d’une "zone d’exclusion de survol aerien" dans l’Est du territoire (décidée par la résolution 1973 des Nations-Unies) pour la destruction de la capacité d’armement du gouvernement Libyen et le contrôle total du ciel du territoire Lybien. Même les vols commerciaux sont interdits à la Libye, à l’exception des vols humanitaires des avions de la force internationale. Des méthodes brutales qualifiées hier au Conseil de l’OTAN par certains membres de "Nouvel Impérialisme" pour ne pas parler ce Colonialisme. Après la guerre, les mêmes revendront peut-être des armes et des avions à la Libye.

Pour le moment, pour renverser le Président Kadhafi, autre objectif non autorisé par la résolution, la coalition a estimé opportun de détruire son arsenal militaire. Alors, la coalition bombarde les cibles qu’elle veut, depuis une semaine exactement, lorsque la France a ouvert le ballet avec le bombardement d’un avion Lybien samedi dernier. Destruction des bases militaires et des tanks font désormais partie de la mission dont l’interprétation sur le terrain déborde le cadre de la mission définie par l’ONU. Cette interprétation élastique et libre de la résolution est un autre volet de contestation exprimé par les parlementaires américains qui se posent des questions déontologiques. Que ce soit les Républicains qui mènent cette réflexion sur le respect des normes démocratiques et déontologiques montrent à quel point le pouvoir "corrompt" les esprits lorsqu’ils sont mus par la volonté de domination, à moins que la panique ait dominé les esprits. Qu’est-ce qui faisait paniquer ? Les membres de la coalition répondent qu’il y avait urgence à sauver des vies. Sauf que la Lybie est le seul pays où les manifestants sont armés. Ceux-ci se sont précipités dans les dépôts d’armements, dès le début des prostestations.

 « L’OPTIMISME EST DE MISE MAIS LA PLUS GRANDE PRUDENCE S’IMPOSE »

Un expert disait chez Al Jazeera qu’au delà des jeunes dont les revendications sont sincères, plusieurs leaders ont profité des révoltes pour mettre en oeuvre leur agenda personnel. C’est ainsi qu’il faut interpréter la déclaration d’un Chef de l’Opposition Lybien indiquant qu’il s’est préparé depuis l’âge de 10 ans (CNN) à cette insurrection contre Kadhafi. Afin de contrecarrer l’effet hold up électoral, le Président du Yemen a déclaré hier à une foule de manifestants mécontents qui demandent son départ qu’il ne laissera le pouvoir qu’aux mains capables et légitimes des personnes qui seront choisies lors des élections. Il est prêt à partir en Janvier 2012 avec l’organisation de telles élections. En contrepoint, un manifestant exalté par l’espoir de meilleurs lendemains répondait dans les micros d’Al Jazeera "qu’il s’en aille. Le peuple est capable de se diriger tout seul". Belle candeur.

L’expert de Al Jazeera a complété son analyse en disant que trois scénarios menacent de faire capoter les révolutions arabes.

Scénario 1. La confiscation du pouvoir par l’Armée (Exemples. Tunisie et Egypte)

Scénario 2. L’émergence des Etats incapables et voués à l’échec. (en Lybie et en Syrie).

Scénario 3. Une nouvelle majorité qui se revèlerait encore plus brutale que celle chassée. (Le Yemen pourrait bien illustrer ce scénario).

Il conclut en disant que l’optimisme est de mise mais la plus grande prudence s’impose.

Pour revenir à la Lybie, en mer, les navires de la force internationale assurent l’embargo sur les armes. Peut-être bientôt sur l’alimentation et les médicaments, comme en Irak ? Qu’adviendra-t-il des bombardements et de la coalition si, à la fin, on découvrait, comme en Itak que l’Opposition n’est pas ce qu’on croyait ? C’est-à-dire des anges et des victimes ?

 LES NOUVELLES DU FRONT LIBYEN

Ce samedi, les rebelles annoncent qu’ils contrôlent la totalité de la ville disputée d’Ajdabiya, à l’Est de la Libye. Territoire stratégique pour l’avancée des rebelles sur Tripoli que les bombardements de l’OTAN vont favoriser et soutenir militairement du ciel - sans autorisation des Nations Unies et en toute illégalité et impunité - alors que les leaders déclarent qu’il appartient aux Lybiens et à eux seuls de choisir leurs dirigeants. Sans commentaires.

Pour ajouter à la cacophonie, le tandem franco-britannique, à l’origine de la no-fly zone, a annoncé qu’éventuellement il (le tandem) pourrait prendre la tête d’une initiative diplomatique en Libye en vue d’une sortie de crise, si les bombardements ne réglaient pas le problème Kadhafi. Une façon de jouer les pompiers pyromanes et de se racheter une conscience ou de trouver une porte de sortie honorable à une destruction injustifiable dont ils sont les auteurs historiques. Chacun des dirigeants franco-britannique voulait laisser son nom dans l’histoire. C’est fait. On verra dans quelle catégorie ils seront classés dans l’Histoire. Celle des Grands leaders éclairés, avisés et visionnaires ou celle des destructeurs. On peut imaginer des variantes.

L’Union Africaine propose, pour une fois, une solution de sortie de crise basée sur le cessez-le-feu et le dialogue. Solution différente de celles de l’Occident, c’est une première et c’est un excellent présage que la coupe est pleine. Ce qu’il faudrait c’est que l’Union Africaine, les pays de la coalition de soutien d’Hugo Chavez et, éventuellement les membres réticents à l’intervention appellent à voter contre cette résolution 1973 aux Nations-Unies.

L’Allemagne reste en dehors de la no-fly zone et de l’intervention de l’OTAN dans ce cadre. La défiance s’est installée au sein du couple franco allemand. L’OTAN a pris le commandement des opérations de bombardements depuis vendredi dans la nuit, après des séances mouvementées. L’OTAN sert ainsi d’écran à l’Amérique qui restera aux commandes. Bien évidemment. Sauf que le commandement sera dissimulé.

Pour le reste, le quatrième scénario pourrait bien être une guerre civile en Lybie. Pour combien de temps ? Jusqu’aux prochaines présidentielles en France et aux U.S. en 2012 par exemple ? Wait and see.

Mardi prochain devrait se tenir à Londres une conférence sur la Libye. Les représentants du Conseil de l’Oppotion dit de transition sont invités. Le Président Français est le seul Chef d’Etat à avoir reconnu ce conseil de transition Libyen comme unique représentant officiel de la Libye et seul interlocuteur ? Les membres de ce conseil occulte de l’opposition Lybienne ont été reçus à l’Elysée avant la croisade de la no-fly zone. Peut-être ont-ils donné des cartes de guerre et de territoires utiles à la coalition. Ce sont là des actes de guerre. L’Assemblée nationale française a-t-elle été consultée sur un choix aussi grave ?

A SUIVRE EXTRAITS DES DEBATS EN AMERIQUE. L’OTAN SERT D’ECRAN A L’AMERIQUE

 
A propos de Scène Publique Internationale
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