jeudi, 23 mai 2013
 

Bayonne. L’heure de vérité a sonné pour Nicolas Sarkozy.

 

Bayonne restera un temps fort de cette campagne, car il marque l’heure du choix ultime pour Nicolas Sarkozy ; le choix qu’il n’a jamais osé faire : celui de se déshabiller et de revêtir de nouveaux habits. En termes bruts, cela veut dire que si Nicolas Sarkozy veut conserver une seule et unique chance d’espoir dans la course, il doit, dès aujourd’hui, faire savoir que tout son entourage Ministériel actuel et passé ne sera plus présent au gouvernement, lors de son prochain mandat. Cela s’appelle la dimension sacrificielle. Au bout de 5 ans de non résultats, ce sacrifice humain est devenu exigible. Alors, peut-être, peut-être seulement, pourra-t-il croire de nouveau que tout est possible. Ce n’est pas une option, c’est une exigence populaire.

A Bayonne, on a revu une revenante, Mme Alliot Marie, derrière le Président dans le champ de l’agricultrice qui a eu des propos qui, à eux tout seuls, rendent compte du vécu du peuple. Mme Alliot Marie est la Ministre des Affaires Etrangères sacrifiée du gouvernement pour avoir voulu aider son ami Ben Ali à mater la rebellion qui a initié le Printemps Arabe, par l’envoi des forces militaires françaises en Tunisie. Une vraie démocrate du fusil qui fait également dans l’agence immobilière en Tunisie.

Revoir les ex rempiler comme cela, au moment des présidentielles, il n’en faut pas plus pour énerver tout un peuple, lorsqu’on sait en plus que le bilan de ces ex-Ministres n’était pas glorieux. Il ne s’agit plus d’une question d’hommes/femmes mais bel et bien de dire la vérité ici et maintenant.

- Oui ou Non va-t-on assister au retour des "vieilles lunes" au gouvernement ?

- Oui ou Non va-t-on revoir les mêmes têtes que celles présentes actuellement et qui font l’objet d’un rejet populaire ?

- Oui ou Non, va-t-on reactiver le droit au reclassement en opérant tout simplement un simple transfert de tout ce monde du gouvernement au Parlement pour y soutenir le gouvernement ?

Si la réponse est « oui », alors, ce n’est même pas la peine que le candidat-président se donne tant de peine. L’aventure est condamnée d’avance.

Poser ces questions ne relève pas d’une "épuration" - lire le point -, mais bel et bien de la conception de la démocratie : "le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple". Nicolas Sarkozy s’est déclaré "le candidat du peuple", alors, qu’il respecte son engagement. C’est tout ce qu’on lui demande. Les actes et les paroles. Le peuple ne veut plus d’une certaine "présence", alors, il faut faire quelque chose. Appelons cela "la dictature du peuple", cela ne change rien au fond du problème, car celle-ci ne peut être caractérisée comme telle que poussée dans ses derniers retranchements, dans un sursaut légitime de survie.

 Le poids de la crise et son lot de souffrances populaires au quotidien

1. Configuration politique exceptionnelle

Cette élection a vu s’installer deux plans sacrificiels. L’un au sein de la compétition entre les candidats et l’autre entre le candidat Président et le peuple.

Au niveau de la compétition elle-même, les candidats des petites formations politiques voire moyenne comme le Modem en ont fait les frais. Non pas qu’ils étaient (Hervé Morin) ou soient (Dominique de Villepin, François Bayrou, Eva Joly) mauvais ou moins bons, mais la crise a accéléré le temps et installé l’urgence au coeur de la campagne. La configuration profite naturellement à J.L. Mélenchon et à Marine, plus présents dans les médias, car les extrêmes (Front de Gauche et FN) deviennent les seuls pôles de contre-pouvoir aux deux candidats des partis classiques dominants (PS et UMP) qui ont occupé l’espace du Centre, étouffant du même coup toute expression à ce niveau.

Conséquence : les voix et les voies du Centre (Bayrou, Morin, De Villepin et Eva Joly dans une certaine mesure) ont été "compactées" dans une boîte de sardine. Mises en boîte et en sourdine.

La mise à l’écart des autres candidats est un peu de l’ordre du cours de l’histoire. A vrai dire, on ne fait même plus le premier tour, on est déjà dans le second tour. C’est bien une première depuis l’élection présidentielle au suffrage universel en 1962, je crois.

Les candidats des autres formations politiques ont donc été les premiers sacrifiés, à leur corps défendant.

2. Les sacrifices humains : le lourd tribut à payer en cas de crise historique insurmontable. La sortie de crise a aussi un caractère et une dimension symboliques.

Il manque à ce niveau de sacrifice, un second palier, celui du gouvernement dans sa totalité, malheureusement. En dehors d’un Alain Juppé qui semble encore jouir d’un regard d’Homme d’Etat auprès du peuple, j’ai bien peur que pour tous les autres, la messe ne soit dite. Il faudra progressivement "libérer" l’espace - le plus tôt étant le mieux - et faire entrer d’autres personnages de l’UMP ou d’autres bords en scène. Au passage, c’est bon pour le renouvellement. C’est à cette condition-là et à elle seule que Nicolas Sarkozy peut se relancer. Tout le reste ne sera que perte de temps irratrapable.

Le président candidat nous a déjà prouvés qu’il n’écoutait aucun conseil(ler) que lui-même. On nous rapporte que le Maire de Bayonne l’aurait prévenu d’éviter le quartier qu’il est allé visiter. Peine perdue. Le candidat-président semble engagé dans l’autosuicide voire son sacrifice personnel pour la France.

Qui vivra verra !

Catherine Ney. Nicolas Sarkozy est un vaincu de l’amour.

 

 
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