Comment l’administration Obama a œuvré pour la paix au Soudan ?

« La situation du Soudan est urgente et elle requiert l’attention du monde. En ce moment, le sort de millions de personnes est sur la balance. Ce qui se passera au Soudan dans les jours qui viennent sera décisif. Nous saurons alors si ce peuple qui a longuement souffert de la guerre va en sortir définitivement ou retourner en arrière dans le bain de sang. Et, ce qui se passe au Soudan concerne toute l’Afrique sub-Saharienne ainsi que le monde entier ».
C’est sur ces mots que Barack Obama a débuté son allocution sur la situation au Soudan au 65ème sommet des Nations-Unies consacré à l’évaluation de l’avancée des Objectifs du Millénaire. Le discours a été prononcé à la session spéciale consacrée au Soudan et en présence des Vice-présidents du Soudan, Taha et Kiir qui représentaient leur Président, El Béchir sous le coup d’un mandat d’arrêt international. L’Afrique, le Moyen Orient, l’Asie et l’Europe étaient également représentés. Barack Obama leur a dit « Votre présence envoie un message sans équivoque au peuple Soudanais et à ses dirigeants à savoir que nous sommes tous liés ».
« Le problème du Soudan n’est pas celui de savoir quelle direction il faut emprunter - nous savons tous laquelle - mais si les dirigeants de ce pays auront le courage de suivre cette voie. L’autre problème est que cette décision ne peut plus attendre. Le référendum sur l’autodétermination programmé pour le 9 Janvier doit se tenir en temps en en heure et dans la paix. L’Accord de Paix qui a mis fin à la guerre civile doit être complètement exécuté. La volonté des populations du Sud du Soudan et de la région d’Abyei doit être respectée ».
« A moins de cent jours du référendum, les préparations sont en retard sur le calendrier et un récent pic de violence est survenu au Darfour où des centaines de personnes y ont perdu leur vie. Les enjeux sont énormes. Nous savons tous le terrible prix payé par les Soudanais la dernière fois que le Nord et le Sud se sont enfoncés dans la guerre. 2 millions de morts. D’autres millions sans logis. Des millions de déplacés dans des camps de refugiés ; un exode mettant l’équilibre regional en danger. Au Darfour, la mort des centaines de milliers de personnes a choqué le monde. C’est cela l’héritage horrible du conflit au Soudan – la voie que le Soudan doit impérativement éviter d’emprunter dans le futur ».
L’action de l’administration américaine pour la paix au Soudan
Photo Maison Blanche
« Depuis mon arrivée au pouvoir, mon administration a travaillé pour la paix au Soudan. Dans mes rencontres avec les leaders du monde, j’ai engagé mes homologues à soutenir totalement et à contribuer à l’effort international demandé. L’Ambassadeur des Etats-Unis aux Nations-Unies, Susan Rice a travaillé sans relâche à la construction d’une coaliton forte et active pour faire avancer les choses. Mon envoyé spécial, le Général Gration s’est directement impliqué avec les parties concernées au cours des 20 visites effectuées dans la région ».
« Il y a eu des progrès. Ensemble avec nos partenaires, nous avons aidé à mettre un terme au conflit entre le Soudan et le Tchad. Nous avons travaillé avec diligence pour améliorer les conditions humanitaires sur le terrain. Et nous menons l’effort pour transformer l’Armée de Libération du Peuple Soudanais en une force de sécurité professionnalisée, ce qui inclut de mettre fin à l’emploi des enfants soldats ».
« Ayant reconnu que le Sud du Soudan devait continuer à se développer et à améliorer la vie de ses populations – ce qui restera valable indépendamment des résultats du référendum – nous et la mission des Nations Unies aidons le gouvernement du Sud du Soudan à parfaire la fourniture de nourriture, d’eau et des soins de santé et à renforcer l’agriculture ».
« Tout récemment, nous avons redoublé d’efforts pour nous assurer que le référendum aura lieu comme prévu. Le Vice-Président Biden à recemment visité la région pour souligner que les résultats du référendum doivent être respectés. La Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton a, à plusieurs reprises, transmis aux leaders du Soudan nos attentes. Nous avons augmenté notre présence diplomatique au Sud du Soudan et invité les autres à faire de même, de se préparer au vote du 9 Janvier et à ce qui en sortira ».
« Qu’il soit bien clair que personne ne peut imposer le progrès à une autre nation. En définitive, seuls les dirigeants du Soudan pourront assurer la tenue du référendum et la paix au Soudan. Une chose est sûre, il y a beaucoup de travail à faire et cela doit se faire assez rapidement ».
« Si les dirigeants du Soudan choisissent de fuir leurs responsabilités, il y aura des conséquences à savoir plus de pression et plus d’isolement. En revanche, s’ils choisissent de les remplir, cela conduira à l’amélioration des relations entre les Etats-Unis et le Soudan. Ce qui se traduira par le soutien à l’agriculture, le développement pour tous les Soudanais, l’expansion du commerce et de l’investissement, l’échange des Ambassadeurs et, en fin de compte, on pourra travailler à lever les sanctions ; à condition que les dirigeants du Soudan remplissent leurs obligations ».
Le rôle de la communauté internationale dans la résolution de la paix au Soudan.
« Le gouvernement du Soudan s’est engagé à améliorer la sécurité et les conditions de vie dans le Darfour et c’est une bonne chose. Il ne doit pas attendre la finalisation de l’accord de paix. Il doit agir maintenant pour stopper la violence et créer les conditions d’accès et de sécurité pour que les employés et les soldats de la paix accèdent à ceux qui sont dans le besoin. Les infrastructures et le service public ont besoin d’être améliorés. Et ceux qui ciblent les innocents, les civils, les humainitiaires qui apportent de l’aide, les forces de la paix doivent rendre des comptes ».
« Nous devons promouvoir la dignité et les droits de l’homme dans tout le Soudan. Cela inclut de prolonger le mandat de l’expert indépendant des Nations-Unies au Soudan ».
« Enfin, il n y aura pas de paix durable au Darfour ni de normalisation des relations entre les Etats-Unis et le Soudan sans que les crimes qui ont été commis soient jugés. La responsabilité est essentielle pas seulement pour le futur du Soudan, mais parce qu’elle envoie un message puissant sur la responsabilité à toutes les nations ; ce message est que : un certain comportement est simplement inacceptable dans ce monde ; que le génocide n’est pas acceptable. Au 21ème siècle, les lois et les valeurs universelles doivent être respectées ».
Barack Obama. Le 24 Septembre 2010, New-York. Nations-Unies.
PS. Un important gisement de pétrole a été découvert dans le Sud du Soudan. La région devient un centre d’intérêt privilégié qui occulte les autres coins de l’Afrique ravagés par la corruption devenue la nouvelle arme de destruction massive en lieu et place de la guerre.
En RDC (République Démocratique du Congo) où les femmes paient le prix fort des viols collectifs et systématiques suivis d’amputation, de mort ou de grossesses non désirées, on ne voit pas le même engouement Américain dans le pays. Il n’y a pas de Georges Clooney en Ambassadeur. Cela pose beaucoup de questions sur la sélection Américaine des pays à aider en priorité.
Le Président Obama a dit « qu’un seul pays ne pouvait pas tout faire tout seul. De la même façon qu’un gouvernement ne peut prétendre à apporter le développement tout seul ». On en prend acte pour la suite et sur la nouvelle sélectivité instaurée par la nouvelle approche Américaine en matière d’aide au développement.
Lire la corruption va-t-elle être qualifiée en crimes contre l’humanité ?
Lire notre éditorial sur la secession programmée du Darfour.