Comment survit-on à la perte de ses allocations chômage en Amérique ?

Une recherche Américaine sur l’explosion des bénéficiaires des prestations d’Invalidité montre qu’un certain nombre de faits inquiétants sur l’état des chômeurs aux Etats-Unis sont préoccupants. "Je suis malade du Chômage" pourrait être le titre des résultats de la recherche qui s’est posée la question de savoir « où vont les personnes qui ont cessé de chercher un emploi ? » Leur absence dans le calcul du nombre de chômeurs enregistrés crée une distortion du taux de chômage qui le fait passer à plus bas que la plupart pense qu’il est en réalité.
Les rapports auxquels il est fait allusion suggérent que plusieurs chômeurs sont en fait passés dans la catégorie Invalidité. Près de 25 % de ceux qui ne cherchent pas activement du travail ont déposé un dossier de demande dans ce sens et ont été admis en Invalidité indemnisée par la Sécurité Sociale.
Business Insider publie les élements du rapport récupéré sur le site SoberLook.com, le site des agitateurs de conscience en Amérique, sur la question suivante : Comment un chômeur survit-il après avoir perdu ses indemnités-chômage ?
Réponse. « Très clairement, les gens luttent ». Une des manières de payer ses factures restent la soumission d’un dossier pour le bénéfice des indemnités d’invalidité - à supposer qu’on a un handicap. Il est intéressant de noter que la Grande Récesion et la reprise lente générent un quelque sorte plusieurs bénéficiaires d’allocations d’invalidité.
Voici l’analyse de la situation globale attribuée à JPMorgan par le site SoberLook.com.
JPMorgan : En Janvier, plus de 8.5 millions d’individus recevaient des paiements pour incapacité du budget fédéral. A cela se sont ajoutés 2 millions de conjoints et enfants des travailleurs déclarés en incapacité qui ont eux aussi reçu des indemnités d’invalidité. Depuis le début de la crise et de la lente reprise qui a suivi, la montée des chiffres s’est accélérée et a progressé plus vite que l’ensemble de la population active potentielle. Au point qu’actuellement, 5.3% de la population âgée de 25 à 64 émarge dans le budget fédéral pour Invalidité. Soit une augmentation de 4.5% par rapport au début de la récession.
Quelle est la nature des maladies déclarées et la composition de ceux qui entrent dans le dispositif ?
JPMorgan indique que l’augmentation du nombre de bénéficiaires compte pour un quart dans la baisse de la participation des employeurs pour l’emploi. De plus, pendant les épisodes de récessions, le nombre de prestations d’invalidité a augmenté alors que dans le même temps, celui des emplois à haut risque de blessures comme dans le bâtiment a baissé. Comment expliquer cela ?
La moitié des bénéficiaires des prestations d’invalidité déclarent souffrir de "troubles mentaux" ; "de douleurs musculatoires au niveau du squelette" comme les maux de dos. Les "troubles de l’humeur" à eux seuls représentent 10 % des nouvelles entrées dans le dispositif. Et lorsque quelqu’un entre dans le dispositif et commence à recevoir les prestations, la sortie du programme devient quasiment impossible.
En 2011, seulement 1% des bénéficiaires ont perdu leurs prestations car ils n’étaient plus considérés comme invalides.
Alors combien le programme coûte-t-il aux contribuables ?
JPMorgan : Apparemment pas mal. Le coût pour le budget fédéral de ces programmes est en escalade tout comme le nombre de demandeurs a explosé. Il est de $200 milliards par an - soit plus que les budgets des Départements du Commerce, de l’Energie, de la Sécurité Intérieure, de l’Intérieur, de la Justice, et de l’Etat combinés.
En fait, un quart des personnes qui quittent la main d’oeuvre et sortent du dispositif du chômage, passent tout simplement dans la dispositif "Invalidité". Et la majorité y reste jusqu’à ce qu’on les bascule dans un programme du régime général de la Sécurité Sociale autre que celui de l’Invalidité. C’est la même source qui paie, mais des programmes différents sont activés.
Une recherche du MIT a mis en évidence cette corrélation inhabituelle entre le taux de chômage et les demandes d’incapacité. Mais alors, ces gens agissent-ils sous le coup du désespoir ou sont-ils des fraudeurs ? A moins que tant de gens soient réellement en situation de handicaps/malades imaginaires du genre "lorsque je sens que mes droits au chômage vont arriver à terme et qu’il n’y a aucun emploi en vue, il est presque naturel de me regarder dans la glace et de me demander pourquoi je ne me sens pas bien"...
Après, c’est chacun qui voit.
PS. Toute ressemblance avec des annonces de référendum en France n’est que pure coïncidence. Et dans la foulée, on se demande bien de quel côté se situe la générosité finalement ? Là aussi, c’est chacun qui voit.
Photo. Pete Souza Maison Blanche - 14 Février dans le « Eisenhower Executive Office Building South Court Auditorium ».