jeudi, 21 septembre 2017
 

Croissance. Quand le crédit bancaire se transforme en une trappe à ménages et piège les entreprises.

Comment donner un titre à cet article, le choix est vaste. On peut considérer l’aspect purement technique et dire ceci par exemple :

Consommation. Le crédit bancaire a de moins en moins d’incidence sur la croissance.

Ou encore le crédit contre l’épargne. Voir le crédit-piège.

Ou l’aspect plus poétique et dire ceci par exemple :

Le crédit n’est plus ce qu’il était. Ou encore le crédit qui tue.

Et si on considère l’aspect plus sociétal, que j’ai choisi de privilégier, alors, on a l’entête de cet article.

Mais, tout ceci fonctionne ensemble.

Au moment où Ayrault semble enfin s’engager dans la voie des réformes structurelles annoncée pendant la campagne présidentielle, on repense ici à la réforme bancaire et à celle du crédit. On a entendu des choses et puis plus rien. C’est comme pour le redressement de Mr Montebourg dont on n’a pas tout compris sur les grandes orientations et le projet industriel global.

La fiscalité oui, comme instrument de la relance économique et éventuellement de la compétitivité. Mais quid de la croissance pure, emmenée par la consommation des ménages et les exportations ? On répond que la fiscalité, en réduisant le fardeau fiscal sur le dos des ménages, pourrait éventuellement en relever le pouvoir d’achat et pénaliser moins l’investissement des entreprises. Du coup, relancer et l’activité et la consommation.

Pourtant, jusqu’à preuve du contraire, à un moment ou à un autre, tout ceci croisera le chemin du crédit. Les ménages en ont besoin pour de grands projets sur la durée - achats de logements et d’équipements, travaux, voitures, études des enfants au supérieur et au privé - mais aussi pour des loisirs, vacances, sans compter le high tech.

Quant aux entreprises, je n’en parle même pas, le CICE (crédit impôt étant une avance sur trésorerie) qui sert plus le fonctionnement que l’investissement. Bref, Barack Obama avait dit que "le crédit était la sève de l’économie". Il semblerait que la chose soit à remettre à plat aujourd’hui.

Voici un texte de Sofia qui relate une enquête réalisée par l’Institut de la Recherche Economique de l’Académie des Sciences de la Bulgarie (BAS), sur 1 000 Bulgares en âge de voter entre le 1er Août et le 10 Septembre 2013. Ca change de nos sondages express et kleenex sur 2-3 jours.

L’étude dit ceci :

Plus de 58% de Bulgares déclarent qu’ils ne prendront plus jamais de crédit bancaire, quels qu’en soient les termes.

75 % de ceux qui ont répondu au questionnaire ont dit que les taux d’intérêts bancaires et les frais sont beaucoup trop élévés.

Au même moment, 84% font état de ce qu’ils ne sont plus en mesure de mettre de l’argent de côté pour leurs épargnes.

Le taux des crédits impayés par les propriétaires des maisons en Bulgarie se situe entre 19 et 20 % en 2013. En comparaison, il était de seulement 5-6% en 2009.

Sofia,, la capitale détient 30% de ces "créances douteuses" et le reste des régions 42 %.

La tendance générale pour les Bulgares consiste à reporter les dépenses de consommation ; d’épargner autant qu’ils le peuvent ; de payer les dettes anciennes tout en s’éloignant des nouveaux crédits. Ce qui fait du crédit un facteur qui se réduit comme peau de chagrin.

Conclusion des experts : le crédit est un facteur en baisse dans la croissance économique.

Source extrait : Sofia News.

Traduction : Le crédit bancaire a de moins en moins d’incidence sur la croissance : il ne joue donc plus son rôle.

Même la Bulgarie va nous laisser derrière, car là-bas on y fait des études avant de gloser et de se gausser, comme en France où on raisonne en l’air et dans le vide scientifique. Les sondages étant le dernier snapshot qui ajoute les clichés aux clichés. Attention au destin de Kodak et aux sondages Polaroïd ou Kodak.

Lire aussi notre dernier billet d’hier sur la réforme fiscale et les autres réformes à faire pour faire des économies et booster la croissance. - En espérant qu’au bout du bout, la création des emplois suivra, même si, là aussi, selon certains économistes, il semblerait que la croissance ne soit plus forcément synonyme de créations d’emplois. Aïe aïe aïe ! Mais ceci est une autre histoire.

Prochain article . Billet culturel.

Au fait, félicitations à Laurence Broccolini pour son bébé à 50 ans. L’avenir de la femme s’élargit. Bienvenue à sa fillette.

RBS - LA BANQUE TUEUSE - L’EQUIVALENT DE NOTRE BPI

Nous vous conseillons un cas exemplaire de crédit-piège qui a "conduit à des faillites d’entreprises" - Haut le coeur garanti. Dans le Figaro. "La banque britannique RBS (capture) accusée de détrousser des PME"

Notre BPI est actuellement en grand sommeil et de toutes façons ne fera pas mieux que RBS à terme. Donc, tant mieux qu’elle dorme, sinon, gare au pire !

 
A propos de Mon site SPIP
Sans réagir sur le fond des motifs du mandat d’arrêt international du Président Soudanais : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’Union Africaine a pourtant manifesté son extrême prudence pour cette condamnation d’un de ses membres. Raison avancée : la sécurité et la paix doivent primées sur la (...)
En savoir plus »
Thèmes