Cuba. 500 000 fonctionnaires de moins dans les 6 prochains mois

Havane, Cuba. Il ya tout juste une semaine, le journaliste Américain Jeffrey Goldberg du journal Atlantide publiait dans son blog hébergé par son journal des extraits de l’interview exceptionnelle que le leader Maximo lui avait accordée à Cuba C’était mardi dernier. Dans cette interview Fidel Castro annonçait deux choses. Premièrement, il faisait le constat que le modèle Cubain était arrivé en bout de cycle et qu’il fallait le réformer.
Deuxièmement, il précisait que l’un des axes de la réforme était la réduction de l’effectif des fonctionnaires d’un cinquième au moins. Pour justifier son propos, il avait indiqué que beaucoup de fonctionnaires étaient des doublons. Supprimer les doublons devenait une nécessité et une urgence.
Sitôt dit, sitôt fait. Hier lundi, une semaine après avoir accordé cette interview le gouvernement Cubain a effectivement annoncé la suppression de 500 000 agents de l’Etat dans les 6 prochains mois. Cette annonce n’est pas véritablement nouvelle compte tenu du fait que le Président Raoul Castro avait pris l’engagement public de le faire le mois dernier. Ce qui est nouveau c’est que le Président Raoul Castro avait prévu que ce licenciement se ferait sur 5 ans. Cette durée a été ramenée à 6 mois. Fidel Castro a donc bel et bien repris du service, puisqu’on peut voir la marque de sa haute main sur cette accélération soudaine qui intervient une semaine seulement après ses propres déclarations.
Remettre l’économie du pays en marche
Apparemment la mesure a le soutien des syndicats. Pourrait-il en être autrment ? Le sureffectif n’était plus viable. Au fil du temps, il s’est révélé contreproductif pour l’économie toute entière.
Au sein de la population Cubaine, les avis sont partagés. Ceux qui considéraient l’emploi public comme un emploi garanti à vie sur le modèle du communisme sont forcément inquiets. Pourtant, il y a ceux qui pensent qu’ils sont en mesure de tenter l’aventure individuelle et de tirer leur épingle du jeu. Ceux-ci sont tentés par l’espace de liberté ainsi ouvert pour fixer leur prix dans l’espoir de mieux gagner leur vie comparativement au salaire moyen national versé par l’Etat Cubain et qui est de 20 dollars par mois. Il est vrai que ce salaire ne tient pas compte du logement gratuit offert et équipé par l’Etat ainsi que de la couverture médicale elle aussi offerte et de l’école gratuite également.
Revirement idéologique
Traditionnellement l’Etat était présent partout et contrôlait tous les secteurs d’activité : laboratoires scientifiques, professions libérales et indépendants, usines, stations d’essence, tout. Même les menuisiers, les plombiers et les coordonniers, les barbiers, etc.. étaient des agents de l’Etat. En fait, Cuba restitue la liberté d’entreprise à beaucoup d’agents abusivement employés par l’Etat puisque captés par le communisme. Il libéralise du même coup le marché du travail et une partie de l’économie.
"Au sein du secteur public, il ne sera possible d’embaucher que pour les catégories où la main d’oeuvre qualifiée est insuffisante. Le secteur de l’agriculture, le bâtiment, l’enseignement, la police, par exemple". En clair, l’opération annoncée ressemble plus à un reclassement qu’à un véritable licenciement.
L’importance de cette annonce est le revirement idéologique de Cuba vers le libéralisme que le régime Cubain a tant honni et critiqué 50 ans durant.
Pour la première fois, le leader Maximo rend les armes communistes. ll ne perd pourtant pas la face puisqu’il reste mâitre de son calendrier.