mardi, 21 mai 2013
 

Elysée 2012. A qui va profiter l’espace politique laissé vide par DSK ?

Condamné ou relaxé, avec ou sans caution, la question de l’espace politique libéré par DSK va être intéressante à explorer. Ce matin, chez BFM, Gilles Legendre a lancé le débat de façon très inattendue.

D’abord, il a dit que la mise à l’écart de DSK n’est « finalement pas une si mauvaise nouvelle que ça ». Au-delà du choc violent que constituent les faits reprochés à DSK et à l’agressivité de l’arrestation, poursuivie par un DSK vu aujourd’hui sortant du Commissariat de Police de Harlem menotté et encadré par deux policiers qui lui tiennent les bras (vision proprement horrible) qui rappelle de très mauvais souvenirs, DSK, a dit Gilles Legendre, représentait un peu l’apogée du bling-bling en politique et du cynisme politique.

En cela, il était le double parfait de Nicolas Sarkozy. Le pari de Gilles Legendre est que les gens sont à la recherche de personnalités capables d’exprimer de l’empathie, un peu sur le modèle de François Hollande. DSK fait partie de ces hommes politiques qui nous invitaient toujours à partager les frasques de leur vie personnelle. Il y a comme cela une fatigue à la fois physique et psychologique des gens. Et donc, finalement, ce n’est pas une si mauvaise nouvelle pour les socialistes.

Là, il y a eu comme un froid.

Mais, voici ce qui complète cette élégante analyse. Sur le plan de l’expertise économique, le professionnel DSK excellait en la matière. Cet aspect des choses n’est pas remis en cause : il est même incontestable. Simplement, ajoute Gilles Legendre, les candidats doivent cesser de se présenter et d’être évalués à travers le « prisme de l’expertise économique » seule qui, du reste n’est pas entendue, ni en France, ni même au niveau mondial. Bien sûr des radios comme BFM existent pour faire une pédagogie de l’économie et la vulgariser tout comme François Hollande peut faire ce travail de pédagogie de l’économie.

 « Il y a un déficit de politique tout court, des valeurs et des hommes capables de les porter. Nous sommes à la recherche de quelqu’un qui porte des valeurs politiques, sur le vivre ensemble et le sens du collectif » (Gilles Legendre)

Fin de l’apogée du cynisme politique et de l’expertise économique Roi ?

En 2008, Barack Obama avait été élu sur le positionnement décrit par Gilles Legendre ici et sur la critique du cynisme politique. Pourtant, le cynisme politique est toujours là dans la gouvernance d’Obama. Et Barack Obama fait presque tout le contraire de ce qu’il avait promis, au moins dans la démarche.

Qui peut nous garantir qu’un François Hollande, empathique aujourd’hui ne nous laissera pas tomber demain en se détournant des promesses de campagne ? Comment déminer le mensonge en politique, quand il est encore temps ? Comment débusquer le mensonge en période électorale ? C’est un exercice qui relève de l’art de la divination. Et là, on est démunis.

Est-ce que le comportement peut être un indice, comme semble le suggérer Gilles Legendre ? Malgré toutes ces questions, j’achète l’idée. On va marquer "VENDU" sur cette analyse comportementale et psychologique des candidats.

  « Les candidats doivent cesser de se présenter et d’être évalués à travers le « prisme de l’expertise économique » (G. Legendre)

Sobrieté et empathie avant ou sans l’expertise économique ?

Hervé Morin prône la sobrieté dans l’exercice de la politique et, dans son livre sur « la société de la reconnaissance », on perçoit de l’empathie.

Dans ce registre sobrieté et empathie, François Hollande en a déjà fait une image de marque, depuis le lancement plutôt réussi de sa pré-campagne tout en douceur. Sa silhouette affinée désormais glisse sur les pavés et flotte sans faire de bruit. Il reste à convaincre sur la distance prise par rapport au "cynisme politique" de Gauche.

La force de DSK résidait dans sa capacité à rassembler la Droite de la Gauche, le Centre et la Gauche de la Droite. Cet espace pourrait être occupé par J.L. Borloo dont la formation des Radicaux a définitivement sauté le pas de la rupture avec l’UMP pour rejoindre la confédération des centristes.

Reste Nicolas Hulot, celui qui, pour le moment s’est positionné au plus près de l’analyse de Gilles Legendre sur le besoin de politique et de construire un nouveau modèle du vivre ensemble. La déclaration de Nicolas Hulot est un modèle qui pourrait faire l’objet d’études dans les Facs et Ecoles. Politique de part en part, tout en évitant de rester franco-française.

Alors 2012 sera-t-elle l’année de la vraie rupture ? Car pour Gilles Legendre, DSK n’était pas véritablement une rupture par rapport au Président Sarkozy. Ils étaient plutôt le reflet l’un de l’autre. La vraie rupture serait un outsider. Si Nicolas Hulot l’est radicalement par son parcours, François Hollande n’a jamais été Ministre et conserve une certaine "juvenilité" voire fraîcheur par rapport à cela, même s’il a exercé des fonctions qui lui donnaient les honneurs de ce rang.

Question. Connnaissant le conservatisme légendaire des Français, quand il s’agit de choisir leurs dirigeants, quelles sont les chances des outsiders, sans parler des nouveaux en politique ? Avantage donc à François Hollande. A condition qu’il franchisse l’obstacle des Primaires chez les Socialistes.

 Sondages du mardi 18 Mai parus dans le Parisien. François Hollande : 37 %. DSK : 27 %. Martine Aubry : 22 %. Segolène Royal : 14 %.

Gilles Legendre était ce matin l’un des trois invités du débat des Experts de BFM radio, animé par Nicolas Doze et non par Stéphane Soumier, son collègue de Good Morning Business, comme je l’ai mentionné une fois par erreur. Brillant.

Hervé Morin.

Nicolas Hulot.

Jean-Louis Borloo.

 
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