dimanche, 28 mai 2017
 

Fillon se pose en victime expiatoire et reconnaît sa défaite pour la troisième fois.

Si Fillon se retire de la compétition pour un nouveau vote ou ne porte pas sa plainte en Justice, comment saura-t-on qu’il avait gagné au vote initial et que ses accusations de triche visant Copé sont valides ? On a besoin d’un remake Copé/Fillon et/ou d’une action en Justice pour y voir clair.

On a entendu F. Fillon mardi et les médias annoncer que ce dernier était favorable à une élection ouverte à une multitude de candidats, devant se tenir avant l’été 2013 à laquelle il pourrait ne pas participer. Hum...

Si on récapitule, ce sera la troisième fois que Fillon marque le pas avant bien évidemment de foncer encore plus loin :

- la première fois, il a dit, le lendemain de l’élection du 18 Novembre, qu’il abandonnait en échange de Pécresse comme SG de Copé, avant de menacer de se porter en Justice avec dès le lendemain envoi d’Huissier au siège de l’UMP pour saisie de listes électorales.

- la seconde fois est l’annonce du recours en Justice, qui semble désormais la seule issue pour mettre tout le monde d’accord, puisque la consultation des militants fait peur à certains. Question : pourquoi le front du refus du référendum des militants ? Qui s’opposent et pourquoi ? La proposition d’une consultation des seuls parlementaires est sans valeur, car ils n’ont pas une primauté élective sur les militants, en ce qui concerne ce vote et ce serait un rapt électoral inimaginable dans une démocratie. Ce sont ces méthodes qui ont dégoûté les citoyens de l’Europe.

Initiative qui partait peut-être d’une bonne intention, encore que venant d’un ex supporter de Fillon qui se dit non aligné, il y a anguille sous roche. Rappelez-vous du qualificatif de Bruno le Maire sur les non-alignés ; soi-disant.

Recours en Justice suspendu ou abandonné au profit de la création du RUMP. Fuite en avant encore.

- La troisième fois où Fillon reconnaît sa défaite est ce mardi par son sacrifice alors que depuis la menace en Justice, il réclame une revanche. A quoi sert-il de faire une nouvelle élection si lui il annonce qu’il se retire de la compétition ? Comment saura-t-on qu’il a gagné ? Il faut refaire le match à deux : lui contre Copé et non avec tous les autres, ça change tout, car ce n’est plus le même match qui se joue et on perd l’occasion de vérifier que ses accusations étaient exactes.

La fuite en avant de mardi consiste à reconnaître qu’il faut de nouveaux statuts qui ouvrent le jeu à une multitude de candidats et donc, sans en avoir l’air, pourrir encore plus le jeu en le brouillant encore plus.

Au point où on en est, probablement que seule une action en Justice peut apporter la lumière sur les accusations de Fillon et servir de marqueur décisif. S’il a raison, on s’incline. Sinon, il s’incline. Cette fois-ci pour de bon.

Le plus étonnant est de constater comment on s’alarme seulement maintenant de la fraude aux élections en France, d’une manière générale.

Les fillonistes ne veulent pas de consultation des militants, il leur reste la Justice. C’est l’un ou l’autre, car ce sont les voies privilégiées de traitement de conflits prévues par la République. C’est uniquement lorsqu’on les aura épuisées, qu’on pourra en explorer d’autres, puisque la voie humaine semble sans issue.

Bien entendu, ce qui est dit ici sert d’aiguillon et de conseil pour éviter de tourner en rond. En attendant, la Justice ou le référendum des militants, les fillonistes n’ont qu’à garder leur RUMP, si tel est leur souhait. Etant à durée limitée forcément, il ne représente véritablement aucun danger, sauf qu’il fait tache et mauvais genre. Et puis, lorsqu’on accuse un homme, il faut en apporter les preuves intangibles et non des suppositions invérifiables que les médias et les amis ont vite fait de transformer en preuves irréfutables pour organiser un lynchage public en règle.

Je n’accuse Fillon de rien sinon d’une surenchère anti fair-play et d’un déni de la réalité que tout le monde a pu vérifier sur pièces et en action. Lui, il accuse Copé de tricherie, il faut qu’il le prouve.

Le plus surprenant est qu’il se trouve des citoyens lambda qui avalent encore tout ce qui leur est dit sans prendre le temps de mettre en oeuvre leur sens critique et de se donner la peine de vérifier la validité des postulats qui leur sont donnés comme justes. Il suffit pourtant de se poser la première question simple : postulats validés par qui ? pour obtenir un début de réponse, malgré les non-dits.

Il avait été acté qu’on faisait une trève pour ne pas embrouiller le vote de Dimanche prochain. Apparemment, cela ne faisait pas le jeu de certaines sorties médiatiques. Une semaine d’abstinence médiatique, était-ce trop demander ?

Aux militants de l’UMP, en particulier aux jeunes

Ne vous laissez pas décourager par tout ce spectacle à l’emporte-pièce. Derrière cette stratégie, ce qui est visé, c’est l’échec. Jouez la victoire contre le plombage. Embrassez l’exaltation contre la crispation. Ignorer les tentatives de verrouillage et choisissez votre liberté d’action.

A la jeunesse tout particulièrement, ne laissez pas votre liberté entre les mains de vos aînés pour qui seuls comptent à leurs yeux leurs acquis et la protection de ceux-ci, peu importe les moyens employés à cela. Dans cette crise, se joue également un conflit de générations et là où la question générationnelle est posée, celle des valeurs et des principes l’est également. Je ne parle même pas des méthodes.

Le pouvoir, oui, mais pas à tout prix et par tous les moyens est l’un de ses axes clivants. Avant, on bourrait les urnes, tout le monde s’en aperçoit aujourd’hui et cela se faisait nous dit-on, entre autres, au moment où l’assesseur du candidat opposé à l’élu sortant allait aux toilettes pour soulager sa vessie. Une honte.

Aujourd’hui, le bourrage des urnes doit cesser. Comment le faire ? C’est une tâche herculéenne qui relève du "changement annoncé pour maintenant mais qu’on attend toujours" et qu’on jugera ici à l’épreuve. Finalement la crise à l’UMP a du bon, car elle permet de soulever les lièvres cachés de notre système électoral brouillon et tatillon au point que les socialistes ont carrément renoncé à l’exercice, pour ne pas reéditer le couac que l’on sait. Ils ont opté pour la nomination de qui on sait. Alors, entre un Président proclamé et un Premier Secrétaire nommé et imposé par le Président de la République en personne pour éliminer Aubry de la course, car elle restait menaçante et pouvait faire de l’ombre voire être une concurrente redoutable pour Hollande, ce dernier a tranché. Avez-vous entendu les médias faire un tabac là-dessus. Oui, au service minimum.

En face, voyez le tintamarre sur l’UMP. Il est vrai et je le concède à mon grand regret que les élus du PS sont plus adultes que ceux de l’UMP. Ils jouent collectif avant tout. Les Aubrystes ont joué le jeu au lieu de casser l’appareil. Je leur tire mon chapeau. A l’UMP, trop d’amateurs voire de carriérisme aboutit à des ennemis du parti de l’intérieur qui sont les premiers à fournir de la matière aux "ennemis" de l’extérieur, médias et compagnie. Vous avez dit amateurisme ou cynisme ? A vous de juger.

 
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