François Hollande fait du surplace. Le Bilan des 100 premiers jours d’un quinquennat Normal.
Pôles universitaires - Monde à part - Période charnière - Expertise politique - Arnaque corporatiste - Principe de réalité

Comment réformer un système à bout de souffle et en fin de cycle ?
La sortie de Henri Guaino disant que "la campagne présidentielle a été gagnée "sur un mensonge" (AFP) rappelle une réalité que seuls les aveugles, le sourds et les malentendants osent nier. En psychologie, la chose porte un nom : la dissonance cognitive. C’est le nom qu’on donne a cette tendance de l’individu à rationaliser ses choix, afin qu’ils soient toujours en accord avec son Moi. y compris lorsqu’ils sont totalement illogiques. Cela permet de préserver l’équilibre psychique et de structurer la personnalité afin que l’individu ne bascule pas dans l’errance. D’une certaine manière, cela nous protège de la folie.
Vous avez alors des électeurs de F. Hollande qui vous disent "on n’avait personne d’autre" ; on voulait que "Sarko s’en aille" ; peu importe qui pour le remplacer. En clair "Hollande est un président par défaut" : une réalité incontestable qu’il ferait bien d’intégrer. Plus que cela, cette réalité l’oblige - l’obligeait ? - à faire un GOUVERNEMENT D’UNION, car son premier devoir est - était ? - de réconcilier les Français. Nul signe d’apaisement ne remplacera celui-là. Au fait où est passé "le Rassemblement" tant déclamé au moment des élections ? S’il y a un Président à qui l’exigence d’une Ouverture la plus large possible, bien au-delà des partis politiques s’impose - s’imposait ? - comme une évidence, c’est bien à François Hollande, car il est l’un des présidents les plus mal élus de la République et l’a été par défaut et, disons-le par chance pure. La conjonction exceptionnelle d’un DSK défaillant, d’une crise financière et économique brutale de l’euro ; elle-même faisant suite à une crise économique mondiale datant de 2008 donnent - donnaient ? - à François Hollande les cartes en main pour un Gouvernement d’union nationale, en phase avec la période charnière que l’Europe et le Monde entier traversent. C’était l’un des messages de la cérémonie d’ouverture des J.O. de Londres.
Ce gouvernement d’union - toujours d’actualité - va bien au-delà des partis politiques qui ont confisqué le système à leur avantage en le verrouillant. Il est vrai qu’ici, j’incrimine les électeurs, tous autant que nous sommes et les abstentionnistes qui votent toujours pour les mêmes "has been", alors qu’ils se plaignent de leur inconstance et de leur inaptitude à apporter des solutions.
Mais que voulez-vous le monde est ainsi fait. Ce qui est étonnant c’est d’observer le jeu sado-maso tissé entre les politiques (sado) et les électeurs (maso). L’un (le sadique) se ne sent bien que lorsqu’il frappe et fait du mal y compris malgré lui, par son indifférence, arrogance et condescendance. Il peut se le permettre car, en face, l’autre (l’électeur) aime le suivisme et avoir mal. Et pourtant, il ne se sent pas bien. Dans les deux cas, les politiques sont plus cohérents que les électeurs. Ce sur toute la ligne. C’est pourquoi ils gagnent, c’est imparable. Beaucoup se déconnectent de la vraie société sachant que dans tous les cas, le peuple est béat d’admiration, il est veul, servile, presque débile sauf quand, dans un sursaut ultime, il se lève. Mais, c’est généralement pour retomber dans la torpeur, voire dans la critique stérile d’un verbiage d’autant plus virulent que celui-ci ne sera suivi d’aucun engagement politique. Je ne parle pas d’adhésion politique à des partis qui ne compte pas en soi, car c’est le chemin de la reproduction du Même schéma de gouvernance sclérosée depuis longtemps.
Cohérence ?
Quoi qu’il fasse, autant le quinquennat de Nicolas Sarkozy restera marqué par la crise, autant celui de F. Hollande est d’ores et déjà inscrit dans la Transition. Malgré lui. C’est le contexte qui impose sa marque et bat la mesure. S’il veut réussir cette transition, Hollande doit sortir de lui-même. Etre tout ce qu’il n’est pas ("un président normal)" afin de devenir ce qu’il veut être : Président de la République. François Hollande doit sortir d’un "Rôle" ; d’un "Jeu de rôles" et de composition ayant culminé avec "Moi, président, je", au duel présidentiel. Ca c’était avant, pendant les élections.
Contrairement à ce qu’il croit en disant qu’il fallait qu’il prenne son temps, le temps lui est compté. De dire, à deux semaines des 100 premiers jours auxquels il faut ajouter les vacances - inutiles au demeurant pour ce gouvernement d’urgence et de transition qui peut bien reporter ses vacances ou les répartir en plusieurs périodes sur cette première année décisive - dire « qu’il n’y a plus de temps à perdre » alors que le gouvernement prend les vacances jusqu’au 21-22 Août, cela n’a aucun sens, puisque totalement contradictoire.
Cohérence ?
Hollande, riche élu et notable ; adepte de la pratique du cumul des mandats et de celle des SCI où on planque l’argent hors du fisc, au moment où il envisage une augmentation des impôts et ses semblables statutaires du PS, ont-ils eux aussi souffert de la "brutalité" de Nicolas Sarkozy qui a donné à la Gauche plus de postes qu’aucun président ne l’a fait en guise d’ouverture ? Ont-ils eux-aussi souffert de la politique en faveur des Riches comme eux, menée par Nicolas Sarkozy pour leur confort ?
Qu’elle est ingrate et machiavélique cette Gauche au pouvoir !
Ayant été le président le plus mal élu, avec et malgré le gros mensonge, le premier devoir de F. Hollande n’était pas d’apaiser en apposant les mains malignes sur les têtes des âmes faussement sensibles soi-disant ayant souffert sous le quinquennat Sarkozy. C’est précisément ce faux prétexte qui a servi le double mensonge.
Lorsqu’on se présente sous une fausse identité "un président normal" dont on sait maintenant qu’il n’en était rien, mais un "Faux" vendu comme "Vrai", tout ceci s’apparente à une « usurpation d’identité », délit repréhensible. Premier mensonge cautionné et adoubé par les médias que beaucoup boivent comme de l’eau bénite.
Second mensonge. La distorsion des faits visant à faire accroire que la crise c’était Nicolas Sarkozy ou plutôt la conséquence de sa gestion soi-disant "brutale". Par conséquent, il suffisait de faire disparaître Nicolas Sarkozy pour que la crise et la brutalité de la gouvernance nationale de Nicolas Sarkozy disparaissent comme par enchantement et, avec cette disparition, celle de la gouvernance tout aussi brutale du couple Merkozy - ici, pour faire plus salace - il était de bon ton d’ajouter que Nicolas Sarkozy était le toutou de Mme Merkel. Donc incapable de s’opposer à elle et de lui tenir tête.
On parlait alors des « plans d’austérité », alors qu’il s’agissait avant tout de discipline budgétaire vitale pour l’existence de l’euro. En exagérant l’aspect contraignant du package, en dédaignant dans une mauvaise foi historique que la discipline budgétaire appelait une consolidation des finances publiques, un retour à l’équilibre des comptes publics : d’où la règle d’or dont on sait que le président normal a contesté le bien-fondé, François Hollande a manipulé les foules en leurs faisant miroiter une porte de sortie imaginaire tout droit sortie de son Esprit Machiavélique : le pacte de croissance.
Vous connaissez le Prince Machiavel, je ne vais pas vous faire un dessin. Voir par ex. Wikipedia pour une synthèse explicative.
Reculer pour mieux sauter ?
L’Espagne et l’Italie sont tombées dans le panneau. Mais, le principe de réalité s’est rappelé à elles. Pour la France, ce qu’on a vu c’est une entreprise de démolition des symboles du Sarkozysme. Tout a été passé à la machine à broyer. Hollande a fait place nette au Sarkozysme. Maintenant qu’il s’est fait plaisir en tuant le "Père", on entre dans le dur. Plus de temps à perdre après en avoir pris pour en gagner, entend-on le président dire. Soit. La chose porte un nom reculer pour mieux sauter. Une fois qu’on a dit cela, il faut sauter.
On saute quand ? On nous dit après les vacances inutiles. A la rentrée donc. D’ici là, le chômage technique des Députés depuis leur élection se poursuit. Que du temps perdu pour mieux sauter. Le problème du saut, c’est qu’on sait d’où on part. Le point de chute lui n’est pas garanti. Qu’est-ce qui permet de le penser ?
Le parti pris institutionnel. Autrement dit "l’entre soi".
François Hollande, comme Nicolas Sarkozy, tout comme Jacques Chirac et François Mitterand sont corsetés et enfermés dans une camisole de force : le parti pris institutionnel. Il n’y a qu’à voir qui officie autour d’eux. Des politiques, des politiques et encore des politiques. Profil dominant : sortie des grandes écoles. Tout compte fait, les Grandes Ecoles sont un lobby qu’il faut protéger, car c’est la sève et l’ultime justification de la suprématie revendiquée par les hommes politiques. Une véritable arnaque corporatiste dirige la France depuis des lustres.
J.P. Raffarin a eu un mot juste disant qu’on avait assisté, avec Nicolas Sarkozy, à un "formidable exercice solitaire du pouvoir". C’est excellement dit et cela suffit à expliquer l’échec de Nicolas Sarkozy durant son mandat et à se faire réélire. La diversité des parcours et des figures au gouvernement est la seule façon de rester au contact et de faire de l’intérêt général et non un intérêt corporatiste des partis politiques et de leurs clientèles respectives. Pour l’avoir démontré, j’affirme ici que si Nicolas Sarkozy avait fait entrer des personnalités comme moi - écrivains, intellectuels, experts, ou société civile - pour tenir son porte parolat qui était très faible et inaudible, pour ne pas dire inexistant, il aurait gagné haut la main. Je me souviens d’un Philippe Séguin faisant campagne pour J. Chirac contre le duo Balladur/Sarko, les frères consanguins. A chaque saillie ou apparition médiatique de P. Séguin, les sondages bougeaient positivement. C’est à cela que se mesure l’efficacité d’un porte parolat : à sa capacité à faire bouger l’électorat.
S’il l’avait fait dans son mandat, il aurait réussi. Encore fallait-il qu’il soit capable d’écouter une parole autre qu’institutionnelle et marquée du sceau du politique (le maire, le ministre, le sénateur, le député du coin) comme s’ils étaient les seuls capables d’exercer une expertise politique. C’est qu’il faut bien justifier l’existence de ce Monde à Part que sont les Grandes Ecoles Françaises qui gravitent dangereusement en dehors du système universitaire.
Moi, Elise, faisant partie de l’équipe du porte-parolat de Sarko, il aurait gagné. Clair. Net. C’est qui Elise ? C’est moi. C’est rien et c’est tout. La preuve a été apportée par ce site au moment opportun. Soutien déterminant qui a confortablement gêné le sacre annoncé du président normal. Le sénateur a raison, il faut être "collectif". Sarko l’a joué perso. Au moment où il vient au jeu collectif, le temps a tellement passé qu’il n’est plus possible de refaire le retard. Hollande nous dit que son temps passé à reculer pendant 3 mois et demi - au pointage le 21 Août - servira à en gagner. Au vu de l’expérience de Nicolas Sarkozy qui en a perdu beaucoup de temps au cours de son quinquennat, la manoeuvre reste à prouver.
Vous avez dit réforme universitaire ? No comment.
Je vois que le président s’est souvenu de la Jeunesse dans son programme. Autre mot captif largement scandé au cours de la campagne présidentielle et oublié depuis bientôt 3 mois. Une vraie fausse promesse en somme.
Moi, Elise, je fais de l’Opposition critique. Comprenne qui pourra ou qui voudra. Il m’est impossible de faire et de vivre autrement. C’est mon ADN. Un homme intelligent peut capitaliser abondamment. Un homme enfermé dans son carcan ne peut pas comprendre, car justement, les carcans sont tout ce que je déteste. Ils sont nuisibles au monde entier et empêchent la souplesse d’esprit. Ils rigidifient tout. Les carcans figent tout. Ils sont à proscrire, tous pareillement. Les Grandes Ecoles en sont aujourd’hui, car elles bloquent l’épanouissement et le développement d’un Système Intégré de l’Enseignement Supérieur.
Faut-il supprimer les Grandes Ecoles ou plutôt les intégrer dans un grand tout pour la construction de véritables « pôles universitaires dignes du 21ème siècle » ? Le débat que tout le monde fuit. Sarko l’a fui comme ses prédécesseurs. Hollande ne touchera pas un seul fil. De ce côté-là, le bilan est déjà tout vu.
Au fait, où est Mme Eva Joly ? Les Verts s’en sont servis comme épouvantail pour écarter Nicolas Hulot et pour mieux placer Cécile Dufflot en orbite, jusque là en embuscade au point qu’on a voulu remplacer la candidate en pleine élection devinez par qui ? Celle qui a rafflé la mise, Cécile devenue Député et Ministre. L’exemple parfait de "l’insouciance légèreté de l’arrivisme", [admirable formule de Cohn Bendit] qui s’est prise au jeu institutionnel où le cynisme n’a pas son pareil, la trahison en sus. Mais, je vous l’ai précisé auparavant, à coup sûr, le politique gagne, même le plus pourri ou le plus corrompu. A fortiori le plus farfelu, l’arriviste parfait.
Pendant cinq ans, la Gauche était dans l’Opposition, elle a largement eu le temps de se reposer. Les Ministres députés qui ont choisi de rester au gouvernement au lieu d’aller profiter des vacances actuelles d’un chômage technique des Députés doivent - devraient ? - assumer. On ne peut pas tout vouloir et demander des vacances en plus. Et puis quoi encore ? Au vu de l’urgence dans laquelle se trouve le pays et du besoin des réformes structurelles, cette demande de vacance gouvernementale est irrecevable. Mais, qui ne voit que la Gauche n’a pas réfléchi pendant 5 ans. Confrontée à la réalité, elle veut gagner du temps en se sauvant en vacances pour réfléchir. En anglais, "gagner du temps" se dit "acheter du temps", car le temps c’est de l’argent. Pourtant, contrairement à notre formule "gagner du temps" qui suppose un plus, dans la langue anglaise, "acheter du temps" est péjoratif ; c’est un signe d’impuissance, un peu comme un sportif en difficulté qui cherche un second souffle ou à récupérer d’un essoufflement. Bref, Hollande perd du temps, en faisant semblant ou en donnant l’impression d’en gagner.
Rappel. L’effort juste n’est pas une expression sensée. Tout ce qui est juste n’appelle aucun effort, car la Justice est un loi naturelle. Quand on se fait violence, on est effectivement dans un effort plus important ; pour autant cela n’a rien à voir avec la Justice. La présidence doit produire un Français intelligent - intelligible si vous préférez.
J’ai bien peur que le principal déficit de la France ne soit l’absence d’une pensée Systémique et organisationnelle. Tant qu’on ne comblera pas cela, le déficit budgétaire, le manque de compétitivité et de croissance seront toujours là. Il faut traiter le mal à la racine. Apporter la pensée au coeur du politique, cela ne s’apprend pas dans les Grandes Ecoles. C’est la limite de ces Ecoles.
Faut-il supprimer les Grandes Ecoles ? Par ici le débat.
Le redressement, la Justice, la jeunesse ce sont des valeurs partagées, cela n’a rien de singularisant. Il faut penser un nouveau Système pour remplacer celui dans lequel nous vivons arrivé en fin de cycle et, pour cette raison, à bout de souffle. C’est - c’était ? - cela la promesse du changement, nous avait-on dit. On nous avait précisé "le changement c’est maintenant". Maintenant ? Bientôt 3 mois et tout ce qu’on a c’est le "redressement, la Justice et la jeunesse" et "revenez plus tard" derrière le "il n’y a plus de temps à perdre" ? Et pourquoi va-t-y en vacances, alors qu’il n’y a plus de temps à perdre ? Mince ! dirait Chipeur à Dora l’exploratrice lui disant "Chipeur, arrête de chiper" ?