Gaza/Israël. Une éclaircie des chemins de la Paix
Le Président a donc effectué une navette entre les deux capitales dans l’ordre suivant : le Caire - Damas - le Caire en passant par Israël et par une visite à l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas. Il semblerait que ses efforts n’aient pas été vains, puisque la proposition d’une trève co-présentée par la France et l’Egypte, depuis le Caire, est actuellement étudiée par Israël, réuni en cabinet de crise.
Depuis 12 jours que dure le conflit, la situation n’a pas progressé à Gaza. Le Hamas demande le retrait sans condition d’Israël de son territoire. Israël demande l’arrêt préalable des tirs de roquettes sur le Sud de son territoire. Langage de sourds donc et blocage assuré. D’un côté, le Président G. Bush a apporté son soutien sans faille à Israël. De l’autre, le Président de la Syrie, Bashar Al-Assad est d’accord avec le Hamas qui revendique un Etat Palestinien Indépendant et le droit à l’auto-défense ; le même droit que le Président G. Bush avait reconnu à Israël pour lui donner raison contre ceux qui "tuent les innoncents" en Israël.
Le Hamas est une organisation politique, sociale et culturelle
Accusé de ne faire aucun cas de la situation humanitaire, Israël s’est défendu en maintenant un corridor humanitaire pour convoyer l’aide de l’ONU et de la Croix Rouge surplace. Accusé également de ne faire aucune distinction entre les civils et les militants du Hamas, Israël a répondu que le Hamas utilisait les enfants et les populations civiles comme boucliers humains. La vérité, comme l’a dit un spécialiste hier sur CNN, c’est que le Hamas est une organisation politique, sociale et culturelle. Il est impliqué dans la vie quotidienne des habitants : ses structures sont implantées dans les quartiers, près des habitants. Le Hamas est partout ; il contrôle ou gère les écoles, les lieux de culte, les Ministères et les établissements publics. Le Hamas partage les mêmes espaces de vie que les populations. Il est donc difficile de s’attaquer à ses infrastructures sans toucher les civils, en raison de cette proximité relationnelle.
Pour le représentant de l’ONU, il est certain à 99,9 % qu’il n’y avait aucun militant du Hamas présent dans cette école au moment du bombardement
Ce qui explique l’incident d’hier d’un bombardement d’une école de l’ONU qui a fait 30 morts dont aucun militant du Hamas. Invités sur CNN, Chris Gunness, porte parole de l’ONU surplace et Ygor Palmor, représentant d’Israël ont eu cet échange. Pour le représentant de l’ONU, il est certain à 99,9 % qu’il n’y avait aucun militant du Hamas présent dans cette école au moment du bombardement. Ni militant, ni leader du Hamas. L’ONU a fait des enquêtes auprès des habitants et ceux-ci sont formels là-dessus. Ce à quoi le représentant d’Israël a répondu : comment pouvez-vous en être aussi sûr ? En Octobre 2007, Israël a constaté des tirs de roquettes depuis cette école et a porté plainte auprès de l’ONU qui s’est engagé à faire une enquête. Nous sommes en Janvier 2008, on n’a vu aucun résultat de cette enquête. "No result of that investigation". Et vous voulez qu’on vous croit maintenant ? Quelle est la crédibilité de votre jugement ?
En Octobre 2007, les militants du Hamas ont tiré des roquettes sur Israël depuis les salles de cette école de l’ONU
Question de la journaliste au représentant Israëlien : de votre côté, pouvez-vous confirmer le contraire, qu’il y avait des militants du Hamas dans l’école ? Réponse. Nous restons sur notre constat d’Octobre 2007 à savoir que les militants du Hamas ont utilisé les salles de cours de cette Ecole pour tirer des roquettes.
Le Président de l’Etat d’Israël, Shimon Peres, soutient la stratégie et affirme que c’est la faute du Hamas qui se sert des hôpitaux et des enfants comme abris. De son côté, sous la pression de l’homme de la rue, le Président Barack Obama s’est dit "préoccupé par la perte des vies tant côté Palestinien qu’Israël et qu’il s’exprimera directement à partir du 20. Nous allons agir de manière efficace et cohérente pour résoudre ce conflit". Constitutionnellement, les affaires étrangères sont du ressort du Président G. Bush jusqu’au 20 Janvier.
Le 20 Janvier, il sera trop tard pour beaucoup de Palestiniens. Il est donc urgent d’obtenir un cessez-le-feu avant cette date. Puisse les chemins de la paix s’éclaircir dans cette perspective.
Dernière nouvelle : Israël s’engage à cesser le feu 3 heures par jour afin de permettre aux populations de faire leurs achats de survie.