mercredi, 21 février 2018
 

Hébergement d’urgence. Une facture annuelle astronomique de 93 millions. Mais que font les départements ?

93 millions tous les ans multipliés par 30 ans ça fait 3 milliards environ. Sur 1 700 milliards de dettes, ce n’est pas grand chose. Mais ajoutés aux 15 milliards que coûtent les 35 heures tous les ans depuis 10 ans soit, 150 milliards plus le coût du logement et d’hébergement en foyer des immigrés qui ont émargé pour un statut de "réfugiés politiques" en attente de l’instruction de leurs demandes dont on n’a pas les coûts, plus l’argent hebdomadaire que le Département verse à chaque famille et individu logés dans les hébergements prévus à l’accueil des demandeurs d’asile, ça fait une certaine somme.

Plusieurs femmes arrivent avec leurs enfants et demandent l’asile politique et sont hébergées le plus souvent dans les hôtels en hébergement d’urgence - en principe provisoire - mais qui s’éternisent sur des années en moyenne 5-6 ans aux coûts indiqués sur la 2 dans son 20 heures. 1 700 euros mensuels en moyenne de location auxquels il faut ajouter une allocation hebdomadaire qui tient compte de la taille de la famille pour se nourrir et satisfaire aux besoins quotidiens, déplacements, etc.

Une famille peut coûter le double de cette somme. C’est le département qui paie et suit cela, parallèlement à l’instruction de la demande en Préfecture.

En principe, de ce que j’ai vu et suivi dans la présentation des dossiers en Préfecture, c’est rarement un couple qui est logé. Au départ, c’est la femme et ses enfants qui le sont. Le conjoint les rejoints ou apparaît plus tard dans le processus. On a rarement, comme on l’a vu hier, au départ de l’hébergement, un couple avec un homme touchant la somme de 1 800 euros, au moment où le département décide de loger la famille en hébergement d’hôtel d’urgence. Il faudrait également regarder dans les formules 1, les familles qui y résident définitivement en hébergement d’urgence. Là aussi, la facture est astronomique.

Alors, qu’est-ce que les Départements peuvent faire ? Ils vous répondront « Rien du tout. C’est la faute à l’Etat », comme vu hier sur la 2. A quoi sert-il d’accepter des transferts de compétences si - in fine - on ne peut rien faire ?

Il faut savoir naviguer, c’est l’essentiel : 100 % de gagnants ont tenté leur chance au loto de l’aide sociale.

En fait, c’est toute la politique d’aide sociale apportée aux familles par le Département qui est un jeu à la roulette russe. Une enveloppe globale est allouée par le Département et c’est un jeu à chacun pour soi qui détermine le montant de l’aide reçue annuellement. Si vous êtes doué(e), ça peut être très bénéfique, si votre assistante sociale est douée, c’est bon pour vous également. Il se dit même que certains centres sociaux sont plus généreux que d’autres, c’est dire.

En fait, comme pour les titres de séjour où les critères sont à géométrie variable selon les préfectures, l’aide sociale départementale obéit aux mêmes normes. C’est la conjonction entre l’habileté du demandeur et la générosité du centre et de son personnel qui joue. Après, je vous passe les détails. Mais, si vous cherchez la cohérence de l’ensemble, vous aurez du mal. Il faut savoir naviguer, c’est l’essentiel.

La question est, comment se fait-il qu’à niveau de prestations familiales similaires et étant dans des situations familiales identiques, parent élevant seule un même nombre d’enfants et sans salaires, on arrive à des différences d’aides conséquentes ? On vous répond qu’il faut aller se présenter et formuler votre demande. C’est donc comme au loto où 100 % de gagnants ont tenté leur chance.

Si l’aide sociale existe c’est bel et bien que les familles en ont besoin. Maintenant, pourquoi au cours d’une vie, certaines familles seront systématiquement aidées et d’autres percevant les mêmes revenus seront négligées ? On cherche la logique et on ne la voit pas très bien. Soit les revenus sont en-deça du minimum vital et il faudrait les relever pour tous, soit ils sont suffisants et on ne voit pas le pourquoi de l’aide sociale.

Peut-être faudrait-il alors réfléchir à la possibilité d’avancer de l’argent aux familles et d’accorder des crédits par la CAF pour les familles en urgence ou dans le besoin. Oséo va prendre le relais du crédit aux PME, il faudrait également penser à faire la même opération pour les allocataires qui ne peuvent pas bénéficier des crédits bancaires, en accordant cette possibilité à la CAF qui dispose du reste de l’arme absolue : c’est elle qui paie et donc, elle peut opérer des retenues à la source. A signaler que la CAF accorde des prêts ménagers et c’est tant mieux ainsi.

Les aberrations du logement d’urgence se retrouvent dans la distribution des aides sociales aux familles au niveau des Départements. Même chose dans les CCAS en Mairie.

Le Misérabilisme ambiant et cynique de l’aide sociale est l’autre facette du dispositif. Misère. Misère.

 
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