vendredi, 24 mai 2013
 

Jean Sarkozy, au nom du Père.

Donc, voilà, nous y sommes. Exactement là où les dérives de la 5ème République devaient nous conduire ; aux portes de ce que nous dénonçons collectivement. En sus des réserves philosophiques et politiques rapportées ci-dessus, Noël Mamère a mis en cause l’âge très jeune du gamin Sarkozy [23 ans] ; son cursus universitaire heurté [redoublement de la deuxième année de Droit] ; son expérience politique : Néant. Bref tout le contraire du discours sur le mérite Républicain de quelque point de vue que l’on considère le sujet.

Sauf que celui dont il est question ici est le fils de son père. Cela lui avait déjà valu d’être élu Conseiller Général des Hauts-de-Seine, comme son père avant. Cela lui vaudra d’être nommé Président de l’EPAD (Etablissement Public chargé de l’Aménagement du quartier de la Défense). Chic et Glamour. Argent, Politique et Pouvoir. Les ingrédients traditionnels du Pouvoir.

Alors quoi ! A titre personnel, je ne suis ni surprise, ni étonnée, ni même choquée. Ca fait longtemps que plus rien ne devrait nous étonner en France, dans le domaine des nominations et des postes politiques. Ceci, à tous les niveaux du territoire. Après tout, que reproche-t-on au Président ?

De vouloir nommer son fils à la tête d’un organisme Public, poste traditionnellement réservé à l’énarchie ? Que reproche-t-on au Président ? De faire comme tous les élus de France, Parlementaires, Présidents et Administrateurs de collectivités territoriales qui recrutent leurs proches, enfants, épouses et concubines, nièces, cousins et cousines, petits copains et enfants des copains pour administrer le Bien Public ?

 Une société où la Presse ne joue pas son rôle de quatrième pouvoir et donc de contre pouvoir mais se contente de singer le Politique est une société démocratiquement exposée au pire

Secrétariats Parlementaires, Cabinets Ministériels, Etablissements Publics, commissions diverses, collectivités territoriales sont d’excellentes niches amicales et familiales. On parle de sureffectif de la fonction publique territoriale et après ? Rien ne se passe. Ceci est vrai des collectivités territoriales de Gauche ou de Droite. C’est la 5ème République, la République des partis politiques qui veut qu’il en soit ainsi. Le parti est un clan fermé. Soit vous en faites partie et vous serez exempté du mérite. Soit vous n’en faites pas partie et aucun mérite ne vous sera reconnu. Les copains et la famille d’abord.

La Gauche peut alléguer le Népotisme ; elle le pratique au sein des instances qu’elle dirige : dans le parti et ailleurs. Le Front National peut invoquer la République Bananière, il n’est pas plus crédible, car Marine Le Pen est la fille de son père et c’est cela qui lui a valu d’en prendre la succession dans tous les sens du terme, au détriment de Bruno Goldnish qui s’est empêtré dans des thèses négationnistes. Vaches sacrées hautes tensions. Il s’y est électrocuté. Exit.

Les médias relèvent eux aussi la régression républicaine de cette nomination. Mais, justement, si les médias avaient assuré la veille depuis que le dérives s’éternisent dans ce pays, avec la main basse de l’énarchie sur la République ; le cumul des mandats, le copinage dans le microcosme politico-médiatique ; quand ce ne sont pas des ménages, ce sont des mariages voire des concubinages dans un chassé-croisé qui donne le vertige. Si les médias avaient assuré la veille Républicaine, on n’en serait pas là. Ces derniers temps, on peut dire qu’il y a un léger mieux. De toutes façons, on avait déjà touché le fond de la complaisance médiatique ; on ne pouvait que remonter. Une société où la Presse ne joue pas son rôle de quatrième pouvoir et donc de contre pouvoir mais se contente de singer le Politique est une société démocratiquement exposée au pire.

 Compétence obligatoire : la carte du parti ou le ralliement au parti

En 2007, nous avons été nombreux à voter pour la rupture proposée par le candidat Nicolas Sarkozy. Nous sommes déçus du statu quo d’une gouvernance clanique. Les Ministres sont choisis au sein du parti. Unique compétence requise : la carte du parti. La carte du parti est un passeport multiterrain gouvernemental. Ministre du Travail hier, Ministre de l’Education demain. Secrétaire d’Etat à la Prospective hier, Ministre de l’Immigration demain. Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme hier, le même poste aux Sports demain, etc...

Quelle est la compétence réelle des Ministres en poste ? Ont-ils un cursus universitaire ou scolaire en rapport avec leur poste ministériel ? Que devient le mérite ? Aux Etats-Unis, l’administration Obama en transition au pouvoir a passé des nuits blanches à sélectionner des candidats compétents, au cursus et aux fonctions de terrain compatibles avec les postes à pourvoir. Cette sélection s’est étendue au-delà du parti pour englober les universitaires, les intellectuels et autres corps de la société.

On a épluché les parcours individuels des candidats éventuels y compris l’Initiative Globale du Président Clinton qui pouvait gêner la nomination de son épouse au poste de Secrétaire d’Etat, en raison d’un conflit d’intérêts évident. Le Président Bill Clinton avait dû faire des concessions de transparence auprès de l’administration, notamment en rendant publique la liste jusque là tenue secrète des donataires de la Fondation, au cas où certains de ces donateurs seraient de nature à compromettre la nouvelle action de l’administration Obama. Des candidats ont démissionné d’eux-mêmes, parce qu’ils avaient oublié de régler leurs impôts : comportement anticitoyen, par excellence, surtout à un certain niveau de revenus et de responsabilités publiques.

Lire conflits d’intérêts chez les Clinton

 Nos gouvernants ne sont même plus des Républicains, mais des VIP de leurs propres formations politiques. Au mieux, comme le disait le Général de Gaulle, ce sont des veaux. Au pire, ce sont des vendeurs de cartes électorales ou de parti, c’est tout comme

Chez nous, on nomme un Ministre de la Culture, en l’occurrence, F. Mitterand, sans voir qu’il s’était vanté d’avoir pratiqué du tourisme sexuel, acte proscrit par la loi et qu’il avait remporté un prix littéraire pour cela ? Cela nous renseigne sur le niveau et la corruption de ces prix. Car, il est manifeste que ce prix a été décerné au neveu du Président de François Mitterand. Le même statut qui lui vaut d’être nommé Ministre aujourd’hui.

Tonton Mitterand devrait se retourner dans la tombe. A la veille de sa sortie de l’Elysée, il avait clairement pris position en faveur du Président Jacques Chirac contre la bande à Balladur engagée dans une compétition fratricide pour l’élection présidentielle de 1995. Le Président F. Mitterand avait mis son responsable de la communication au service du Président J. Chirac contre ses adversaires. Au sein de ceux-ci, figurait notre actuel Président, Nicolas Sarkozy. Tout le monde avait noté le contentement du Président F. Mitterand disant aurevoir au Président J. Chirac sur le perron de l’Elysée au moment de son départ.

Comment s’étonner que ceux qui sont nommés dans ces conditions de complaisance, soit d’accord à 1000% avec le Président à qui ils doivent tout de leur nomination, y compris le report de la date de départ à la retraite. 23 ans, 32 ans, 41 ans ou 65, peu importe, c’est du pareil au même.

 Il y a des passe partout et des passe droits : la carte du parti, l’énarchie et la filiation paternelle en sont. Le reste c’est du discours.

Que demander après à de telles personnalités ? Rien sinon de faire continûment allégeance au Roi. De le bénir tous les matins. De dire qu’on est à 100, 1 000% d’accord avec lui. Du moment qu’on ne veut pas démissionner ou qu’on ne peut pas être démissionné, c’est ce qu’il reste à faire. La 5ème République est entrain de tuer l’esprit de la République. Nos gouvernants ne sont même plus des Républicains, mais des VIP de leurs propres formations politiques. Au mieux, comme le disait le Général de Gaulle, ce sont des veaux. Au pire, ce sont des vendeurs de cartes électorales ou de parti, c’est tout comme.

Jean Sarkozy a demandé à être jugé aux résultats. Mais quels résultats ? Il ne sera pas nommé pour cela, mais pour occuper la place ou la scène, au choix. Et pourquoi est-ce si important ? C’est que le circuit des subventions publiques et la mainmise sur l’attribution des marchés publics suivent le même cheminement que les nominations et les candidatures aux élections. Argent, Politique et Pouvoir. Celui qui règne sur les orientations budgétaires d’un Etablissement Public, règne sur les subventions publiques et sur les attributions des marchés publics. C’est un véritable Seigneur des Terres au sens féodal du terme. Aujourd’hui, la terre a changé d’appellation : on parle de territoires.

 Zéro de conduite

Pour conclure, lorsque le Prix Nobel de la Paix a été décerné à Barack Obama pour avoir impulsé une nouvelle orientation plus pacifique du Monde, des voix se sont élevées pour dire "mais, on n’attribue pas le Nobel de la Paix pour une orientation mais pour des résultats". Au demeurant, on nous a repassé chez Canal plus la séquence New Yorkaise de la dernière Assemblée Générale de l’ONU où on voit le Président Nicolas Sarkozy défier le Président Obama de visu et en pleine Assemblée sur le ton du "à quoi a servi votre main tendue à l’Iran ? Quels ont été les résultats ?". Réponse du même : "Rien du tout". A ce niveau de confrontation, on en rit ou on pleure de ridicule. Zéro de conduite. Au passage, il faudrait rappeler que Jean Sarkozy faisait partie de la délégation de papa présente à cette même Assemblée Générale de l’ONU. A quel titre ? Personne ne le sait. Le passeport tous terrains fait foi.

Que le même qui n’apprécie le Nobel de la Paix qu’à travers des résultats antérieurs et l’action passée en soit à nommer précisément un fils qui ne présente ni résultat, ni action passée - son jeune âge ne le lui permettant pas - nous couvre de ridicule. La Bible nous enseigne : "commence à enlever la poutre qui est dans ton œil avant d’ôter la paille qui se trouve dans l’œil de ton frère".

Coïncidence, il y a deux jours, Ali Bongo a été installé dans ses fonctions de Président de la République succédant à son père. Rusé, Ali Bongo a fait campagne sur le thème de la rupture d’avec le père. On peut être dans une République bananière et faire attention aux formes et à la manière. En France, on s’est affranchi depuis longtemps de ces précautions. Nous sommes tous complices de cela.

 In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.

traduite en français par : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

PS. Le 22 Octobre, Jean Sarkozy a renoncé à se présenter à la Présidence de l’Epad. Il dit en avoir parlé avec son père ; non au Président de la République. Aucune différence. Lire iciJean Sarkozy renonce, Inch Allah.

4 Messages de forum

  • Jean Sarkozy, au nom du Père. 16 octobre 2009 13:18, par bellanger

    je suis d’accord à 99%.

    Car Marine LEPEN a hérité de la boutique de son père, d’accord, mais ce n’est pas un maroquin, ni un poste élevé dans l’administration ou dans une grande entreprise nationalisée, bef ce n’est pas le pouvoir qui l’a mise là ou elle est !

    La presse et les médias ne peuvent survivrent sans les gros annonceurs qui sont peu ou prou sous l’allégeance du pouvoir.

    Donc le pouvoir a sous la main tous les interrupteurs.

  • Jean Sarkozy, au nom du Père. 19 octobre 2009 08:55

    Français ,Françaises ôter vos d’oeillères ouvrez vos yeux et vos oreilles ,le président veut nous faire croire que c ’est lui que nous voulons atteindre. Ignorer ses paroles ,réfléchisses bien , si vous laissez à nouveau le pouvoir à un sarkozy nous allons à la catastrophe Jean Sarkozy feras comme son père il ne se gênera pas de nous ponctionnés comme son père , quand il a augmenter son salaire 3 fois le smic sans se soucier des problèmes de la France.Au gouvernement tant qu ’il mene leur petit vie tranquille ils doivent bien se foutre de nous ,ne vous abstenez pas cette fois réagissés pour votre pays.

  • Jean Sarkozy, au nom du Père. 23 octobre 2009 13:10

    non non non ; même comme administrateur nous ne voulons pas de Jean Sarkozy.Monsieur le President vous nous ne bernerer pas encore cette fois ,allez la france reagisser ses notre pays qu’ il faut defendre penser à vos enfants.non non non pas de sarkozy comme administrateur ripostes pour qu il abandonne ce poste même si il a ete elu.

  • Jean Sarkozy, au nom du Père. 30 octobre 2009 08:20, par chrystel62

    Comment la france a t elle pu voter de nouveau la droite, sous la presidence Chirac et ses ministres devillepin et raffarin rapelez vous de leur erreurs,mais la leçon na pas ete bien apprise par la majoritee .votre President ne c ’est pas soucier d’ augmenter son salaire 3 fois le smic et de bien vivre et dormir en se disant les français ayant travailler toute l’ annee je peux me servir maintenant ses mots de remerciments Français, Françaises , mes chers compatriotes pleurés maintenant

    Voir en ligne : SARKOZY+LOUIS XVI

 
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