dimanche, 28 mai 2017
 

La Marinière est un code vestimentaire homo. Le journalisme est un contrepouvoir et non un pouvoir. Rappel.

La République de l’Inquisition et de la Prohibition

Si on m’avait dit un jour que je serais l’auteur d’un texte où Mme Carla Bruni rappellerait des vérités « essentialistes » au monde des médias, à l’Elysée et sur la responsabilité des adultes face à l’échec, devant les jeunes, j’aurai dit, "mais non". Eh oui, il ne faut jamais jurer de rien, car, voici que je fais exactement ce qui ne me semblait pas être de l’ordre du possible.

Mais quel plaisir de lire Mme Bruni aujourd’hui dans le Point. Quel plaisir de voir cette métamorphose à moins que ce soit là une face cachée de Carla, mise en veilleuse pendant la mandature de son époux. Chère Mme, permettez-moi de vous dire : « vous me faites énormément plaisir et je vous aime ».

Pour avoir qualifié de "complexe et difficile" le choix de Valérie T. de prétendre continuer le journalisme, cela suffit à mon plaisir. "Même culturel, le journalisme est censé être un contre-pouvoir, c’est même une de ses missions, il me semble", dites-vous. Comment ne pas adhérer ? Je l’ai dit à ma façon et il semblerait que cela faisait "mère fouettard". Alors dites leur et répétez le leur que le contre-pouvoir existe pour borner le pouvoir dans sa tentation tentaculaire naturelle. Que c’est ainsi que le monde évolue depuis. Que tout pouvoir déborde toujours sur les autres qu’il veut engloutir dans sa gueule géante jamais assouvie. Que la nature de tout pouvoir est d’être hégémonique et violent et que les contre pouvoirs sont là pour canaliser cette tentation dictatoriale. Que tout pouvoir est cannibale et que sa faim et son désir - y compris sexuel - sont inarrêtables et inénarrables. Cf DSK et les copains.

Non le journalisme n’est pas un pouvoir, mais un contre pouvoir. Pour être plus précis, on pourrait dire que le journalisme est un pouvoir précisément parce qu’il en est le contrepouvoir. Exactement comme la Marinière, tenue d’une masse susceptible de se révolter contre la brutalité de ses dirigeants. Lorsqu’une journaliste oublie cela et fait "cric crac" à répétition avec les hommes politiques uniquement pour arriver au pouvoir et penser le gérer depuis son bureau de journaliste chez Match, je laisse au lecteur le soin de réfléchir à cela. Carla Bruni fait aujourd’hui une sortie brillante de lucidité et énonce une réalité cardinale et oubliée par nos amis les médias. Je dois dire que depuis qu’ils sont confrontés à l’échec de leur choix, la profession fait amende honorable et a reculé. Elle est revenue sur cette confusion précipitée. Nous pouvons tous nous tromper. Dont acte. Comme on dit, ce sont des choses telles qu’elles arrivent.

Comportements civilisés, confusion entre le pouvoir et les contrepouvoirs, nous mènent directement à la marinière et à la sortie fracassante du PDG de Mitsubishi. Deux "injures" assénées sèchement envers notre « Ministre contreproductif » qualifié de « débile » et de je ne sais plus quoi.

Une sortie en costaud

Certains ont crié au scandale. Comment ? un Japonais, PDG de Mitsubishi vient insulter un Ministre de la République en France ! Comprendre, un étranger en France. Mais en voilà des manières, ajoutent-t-ils ! Mais d’abord, qui roule en Mitsubishi ? Pas moi, répondent-ils dans leur colère. Mistubishi représente quoi en France ? Presque rien. Ils font les questions et les réponses et soliloquent pour passer la rage et la fureur. C’est bien, cela leur permet, par la même occasion, de soulager leur rancoeur contenue contre le gouvernement et d’évacuer la fumée du feu qui brûle à l’intérieur par les oreilles. Ils évoquent les « bonnes manières », le « savoir-vivre », le « respect des institutions ». Tiens donc, qui a commencé à s’essuyer les pieds sur les institutions, en particulier sur la fonction suprême de Chef d’Etat, en piétinant Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle ? Qui ? Le président actuel. La fin justifie-t-elle les moyens ?

De mémoire de la 5ème, aucun candidat n’a jamais insulté et méprisé un Chef d’Etat sortant -même pas J. Chirac dont on connaissait le tempérament chaud et précipité - comme cela s’est fait lors de la confrontation présidentielle de 2012. Au-delà de la défaite, ce mépris-là ne passera pas avant 2017. Non seulement le candidat Sarkozy a été volé par la conspiration qui roulait pour Hollande, il a été humilié et piétiné. Volé et piétiné : c’était un viol collectif mené par les conspirateurs. Les Sarkozystes ressentent encore les souffrances de ce viol dans leur chair et, dans les forums, cela se ressent fortement. Une souffrance non évacuée. Un traumatisme, non pas de l’échec électoral qui n’est rien, mais du viol collectif.

Le PDG de Mitsubishi est-il un Sarkozyste déçu ? Je n’en sais rien et ce n’est pas la question. C’est encore autre chose. Le viol collectif a permis de porter « l’Etat PS » au pouvoir. Pourquoi je dis « Etat PS » ? Lorsqu’on apprend que le gouvernement a envoyé un contrôle fiscal à ce PDG, car il était critique, ce sont là des procédés mafieux. Qui ne sortirait pas de ses gonds, dans de telles conditions ? On ne peut plus critiquer un Ministre sous peine d’être sous contrôle fiscal ? C’est la République de l’inquisition. Au demeurant, on apprend que les députés socialistes entrants sont déçus de la discipline collective qu’on leur impose par leur président de groupe caricatural, soutenu avec les mains pour sauver une existence sans consistence, qui fait régner sur le groupe une dictature de dos courbés comme seuls savent le faire des hommes de paille, on apprend que les pauvres entrants n’ont aucune marge de manoeuvre.

Mais, ils et elles s’attendaient à quoi ? Auraient-ils oublié le moule qui les a fabriqués ? Les députés socialistes auraient-ils la mémoire courte du rapt éléctoral dont ils sont issus qui en fait des députés en carton-pâte qui polluent et encombrent les allées de l’Assemblée nationale de leur présence opportuniste et dont ils et elles découvrent l’inutilité ; sans oublier le nombre de repris de justice, de réchappés de la Loi cautionnés par notre République sybilline.

Alors, si le PDG vitupère après un contrôle fiscal, c’est tout à fait Normal. Maintenant, si on condamne ses propos, on doit également condamner fermement la méthode inquisitoriale utilisée par A. Montebourg. C’est indigne de lui et de l’Etat. Scélérats conviendrait bien ici, pour qualifier ceux des Ministres qui usent de ces procédés mesquins. Insultes après un contrôle fiscal abusif : 1-1.

Hier, on rappelait l’origine de la marinière. Prisons et marins. Qu’ont ces deux lieux en commun ? Des groupes d’hommes qui passent des années ensemble dans la galère - soutes et ponts des navires et cellules de prisons - et dont la promiscuité finit, la nature aidant, par précipiter et compromettre dans des liaisons sexuelles. La marinière est un code gay. Gaultier le sait et joue de cette ambiguité dans son art, étant lui même un des leurs. Je ne révèle ici aucun secret de polichinelle. Que notre Ministre du redressement ne le sache pas est étonnant.

Gaultier est dans un rôle "revendicatif" d’un espace de reconnaissance des homos, tout en finesse. Il joue sa partition à merveille. Arnaud Montebourg est donc pris en pleine confusion d’un homme au pouvoir, marié de surcroît à une femme - Dieu merci - on attend les enfants pour être rassuré des fois que ce serait une couverture à la façon d’Elton John qui a fait semblant d’aimer les femmes avant de finir au Canada dans les mains de son époux gay comme lui.

Que défend Arnaud Montebourg ? Le Moulinex, symbole de la technologie conquérante française ou la cause gay ? L’inculture est impardonnable à ce niveau et pour un Ministre du redressement, c’est mal barré.

Pour revenir au théorème de Carla du jour, pouvoir et contrepouvoir, Arnaud Montebourg ne peut donc pas être au pouvoir (l’Etat) et représenter - même de manière subliminale - un contre pouvoir (la cause gay et les revendications du monde du spectacle). Merci Carla de rappeler des choses si simples mais qui sont au fondement de la civilisation, de la vie en cité et de la politis.

Ignorance, goujaterie ou niaiserie ? Arnaud Montebourg remet l’Etat Inquisiteur et la Prohibition à l’ordre du jour. Ce gouvernement de politiques mariés aux journalistes porte la confusion des genres en apothéose au prix du renoncement au Bien public y compris à l’idéologie de la doctrine socialiste. Appelons cela l’apostasie. Et vogue la galère.

Photo. Sarko en campagne. Souvenir, souvenir (Hallyday, reécoutez ci-bas).

Dans Le Point. Le "conseil" de Carla Bruni à Valérie Trierweiler - L’ex-première dame s’exprime à propos du couple Hollande.

Relisez ici le discours de fin de partie de Nicolas Sarkozy dont parle Mme Bruni."On est Grand dans l’Echec" (Nicolas Sarkozy) - tout comme on est Petit dans la Victoire.

Dans l’actualité européenne, relisez aussi. L’union bancaire est une fausse bonne idée pour la sortie de crise de l’eurozone.

 
A propos de Mon site SPIP
Sans réagir sur le fond des motifs du mandat d’arrêt international du Président Soudanais : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’Union Africaine a pourtant manifesté son extrême prudence pour cette condamnation d’un de ses membres. Raison avancée : la sécurité et la paix doivent primées sur la (...)
En savoir plus »
Thèmes