Le consensus de Londres
Barack Obama en Europe - G20. consensus de Londres - Objectifs du Millénaire - Protectionnisme - Prolifération nucléaire
Pour sa première visite européenne, le Président Barack Obama s’est dit heureux de l’effectuer à Londres, en raison de la profonde amitié qui lie leurs deux peuples. Et au nom de la Reine. Il a redit son affection pour le peuple britannique. Et, par dessus tout, son respect pour "the Queen", la Reine qui recevra le couple Obama en fin d’après-midi pour l’apéritif, avec les autres membres du G 20. "Michelle ne croît pas encore que c’est vrai" a-t-il dit provoquant le rire de la salle. Le couple présidentiel dînera au 10, Downing Street.
De son côté, Gordon Brown qui a pris la parole en premier a redit la joie du peuple britannique d’accueillir le couple présidentiel Américain.

- "Ce G 20 ne doit pas être le plus petit dénominateur commun"
Après ces formalités de bienvenue et de réaffirmation de l’amitié mutuelle, le Premier Ministre britannique est entré dans le vif du sujet : le G 20. Aujourd’hui, la journée sera consacrée aux consultations entre les dirigeants. Demain, on prendra les décisions. La base de travail, ce consensus entre Gordon Brown et Barack Obama affiché en conférence de presse.
Gordon Brown a rappelé que lorsque la crise de 1929 a frappé, il a fallu attendre 1945 pour refonder le capitalisme (les fameux accords de Bretton Woods). Cette fois-ci, le Monde a réagi rapidement. Cette réaction rapide est un signe positif. Ceci étant, il ne faut pas que les mesures prises dans ce sommet soient le plus petit dénominateur commun. Nous devons rester déterminés pour faire tout ce qui sera nécessaire pour les banques, poser un cadre de régulation, relancer la croissance et le développement des pays émergents, rejeter le protectionnisme et faire le choix du commerce global, respecter les objectifs du Millénaire et tenir nos engagements sur l’aide au développement.
Gordon Brown précise par ailleurs, qu’avec le Président Obama, ils sont d’accord pour dire que l’énergie verte et les technologies de ce secteur constituent un moteur principal pour la création des millions d’emplois.
"Nous ne nous contenterons pas de demi-mesures" : Barack Obama

- "La dimension humaine doit être le point de départ et d’arrivée de l’agenda de ce G 20".
"La dimension humaine de cette crise, avec des gens qui perdent leurs emplois, leurs maisons, leurs entreprises pour lesquelles ils ont travaillé dur, ceux qui perdent leur sécurité sociale comme aux Etats-Unis, des gens déjà désespérés dans le monde qui se trouvent maintenant désemparés ; cette dimension humaine doit être le point de départ et d’arrivée de l’agenda de ce G 20". Le mot agenda en anglais recouvre le programme, l’objectif et la mission globale.
Nous ne pourrons pas créer des emplois aux Etats-Unis si nous ne faisons pas notre part en soutenant des marchés forts et stables dans le monde.
Dans les prochains jours, nous devons faire tout ce qui sera nécessaire pour restaurer la croissance, stabiliser le système financier, rejeter le protectionnisme et accélérer les efforts de soutien aux pays émergents.
S’agissant du terrorisme, Barack Obama a rappelé qu’hier avait lieu un sommet sur l’Afghanistan à la Hague qui a regroupé plus de 80 pays. Il remercie les soldats britanniques qui combattent aux côtés des soldats Américains. Barack Obama a précisé qu’il rencontrera le Président Russe Medvedev, cet après-midi, avec qui il parlera diplomatie pour le soutien de l’action des Etats-Unis en Afghanistan.
En dépit des divergences entre les deux pays, rappelées par une question d’un journaliste en conférence de presse, le Président Obama a dit que la question des efforts sur la prolifération nucléaire et la réduction de l’arsenal nucléaire est un bon point de départ du dialogue entre les Etats-Unis et la Russie. Cela suppose, bien entendu que l’Iran ne puisse pas fabriquer la bombe, avec l’aide des scientifiques Russes, soupçonnés d’aider l’Iran dans ce sens.
La Russie s’était déjà déclarée disposée à apporter son aide pour cela, lors de la première visite d’Hillary Clinton à Bruxelles et à Genève où elle avait rencontré le Ministre des Affaires Etrangères de la Russie, Mr. Lavrov. Hier, à la Hague, Hillary était présente et elle était présente en conférence de presse à Londres aujourd’hui. La Russie a envoyé une délégation à la Hague hier pour la conférence sur l’Afghanistan. Le dialogue entre les deux pays est déjà assez avancé. L’entretien entre leurs deux Présidents intervient pour finaliser les accords.
Barack Obama et le Président de la Chine, Hu Jintao se sont également rencontrés cet après-midi.
Désir théâtral européen
Interrogé sur ce qu’il pensait de la déclaration du Président Nicolas Sarkozy qui menace de quitter le G 20 si rien de significatif ne se fait, Barack Obama a répondu que "dans des occasions pareilles, le désir est grand d’injecter du drama,

- Le Président Nicolas Sarkozy brandit la menace de la chaise vide, si...
de théâtraliser sa participation". Tous les pays ont mis en place des plans de relance : le Canada, le Japon, la Chine, l’Australie, l’Inde, l’Europe. Bien sûr que nous ne "pouvons pas nous contenter des demi-mesures. Nous avons le choix : soit nous planifions notre futur ; soit, nous laissons les évènements le faire à notre place. Notre responsabilité est de coordonner nos actions et de trouver un terrain d’entente plutôt que de nous focaliser sur nos différences".
Ces derniers temps, un vent des différences souffle de ce côté de l’Atlantique. Dans une assemblée européenne, le Premier Ministre Tchèque Topolanek a dit la semaine dernière que le plan économique de Barack Obama était semblable à un "chemin pour l’enfer". Voilà qui promet pour la visite du Président Obama en Tchéquie. Les communicants Tchèques ont essayé de faire une explication du texte en disant que dans leur langue, l’enfer n’a pas le même poids diabolique qu’en anglais.
Il semblerait que Mme Merkel, la Chancelière allemande ne soit pas loin de penser tout bas ce que le Premier Ministre Tchèque a dit tout haut mais, ont précisé les communicants, elle maîtrise mieux le langage diplomatique et ne s’exprimera jamais en ces termes. Son communiqué à la chancelière met l’accent sur le refus d’un endettement démesuré. Les pays européens ont refusé de faire des plans de relance supplémentaires, pour cette raison. "Sous l’effet de la crise économique qui grève les finances publiques, les déficits budgétaires de cinq États membres devraient dépasser la limite de 3 % du PIB autorisée par l’UE. Il s’agit de la France, de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne et du Royaume-Uni" (Commission Européenne).
Diplomatie, encore et encore
Le Secrétaire au Trésor, Tim Geithner ; Hillary Clinton, la Secrétaire d’Etat et Robert Gibbs, Secrétaire à la communication de la Maison Blanche accompagnent le Président pour son voyage consacré au G 20, à l’OTAN, au terrorisme : (Afghanistan/Pakistan) ; au contrôle de l’arsenal nucléaire (Iran) ; à la paix entre Israël et la Palestine et au retrait de l’Irak.

- Hillary Clinton et Lavrov se sont rencontrés à Genève le mois dernier
La diplomatie va occuper autant de place, sinon plus que l’économie. Le 3 et le 4 Avril sont consacrés à l’OTAN et à l’Afghanistan. La Russie et l’Iran ont promis leur soutien aux Etats-Unis. L’Iran se trouve dans une position inconfortable : accusé d’une part, pour l’arme nucléaire et associé d’autre part pour la solution au terrorisme et dans la paix en Palestine. Pour compliquer encore plus les choses, Benjamin Netanyahu, à peine installé comme Premier Ministre d’Israël semble contre un Etat Palestinien, tout en étant pour la paix. Et, en prime, il cible l’Iran dans ses attaques.
Barack Obama se rendra en Turquie le 6 Avril. La Turquie a accepté de servir de pont de passage pour le retrait des troupes Américaines de l’Irak.
Les pays du G 20 concentrent les 2/3 de la population mondiale ; 80% du commerce mondial et 90 % de la richesse mondiale. La mission de ce G20 est de revitaliser l’économie - d’empêcher qu’une telle crise ne se reproduise - et de définir un cadre de régulation du système financier. Si tout se passe aussi familièrement que ce qu’on a vu entre Barack et son ami Gordon - c’est ainsi que les deux leaders ont terminé leur conférence, en s’appelant par leurs prénoms - , il y a de l’espoir au bout du compte. On croise les doigts.
A l’issue de la rencontre avec le Président Dmitri Medvedev, on a appris que celui-ci a invité le Président Obama en Russie. Au mois de Juillet, le Président de l’Amérique se rendra à Moscou.