Voici en substance, ce que le Guide Suprême a dit.
"Si à chaque fois qu’un camp perdra, il ira contester dans la rue, que seront les élections demain ? C’est ainsi que commencent les dictatures. Dans toutes les élections au monde, il y a toujours eu un perdant et un gagnant. Il existe des moyens légaux pour contester une élection. J’invite les candidats à suivre les moyens légaux qui existent dans ce pays, pour présenter leurs requêtes à la Justice".
"Ceux qui croient qu’ils feront pression sur les autorités afin que celles-ci changent de décision ont fait un faux calcul. Ils se trompent. Le choix des électeurs se fait dans les urnes et non dans la rue".
Le Guide avertit qu’il faut que "les défilés dans la rue cessent et ceux qui encourageront ces manifestations seront tenus responsables du sang et de la violence que cela pourrait engendrer et rendront des comptes pénalement". D’autre part, insiste le Guide, "si ces manifestations venaient à être infiltrer par des terroristes qui y commettraient des actes imprévisibles, qui en serait tenu responsable ? Le Guide invite le peuple et l’élite politique à observer la fraternité, l’amitié et le respect de la loi".
La victoire d’Ahmadinejad est définitive. On ne revotera pas
"A ceux qui contestent la régularité des résultats, le Guide Suprême a précisé que s’il s’agissait d’une différence de 100 000 voix voire d’un million de voix, la chose serait audible ; mais on parle ici d’une différence de 11 millions de voix. Pour mémoire, Ahmadinejad a obtenu 24 500 000 de voix et Moussavi un peu plus de 13 000 000 de voix. La victoire du Président est acquise et le temps des élections est terminé. D’ailleurs, précise le Guide Suprême, les gens n’ont pas seulement voté pour le candidat Ahmadinejad, mais pour la poursuite de la Révolution. Le peuple a confiance à l’Establishment et il l’a prouvé".
L’Iran est une démocratie religieuse
Avant d’aboutir à cette conclusion sans appel, le Guide a passé en revue les grandes questions qui se sont posées durant cette campagne. Son discours comportait deux parties. Un premier sermon, conforme à sa position de Guide Spirituel de la Nation où il a rappelé aux Iraniens que "l’Iran est une République religieuse, qui repose dans la foi en un Dieu Tout puissant et dans l’Islam. La paix et la tranquillité doivent dominer quelles que soient les circonstances. En 30 ans de révolution, l’Iran a connu des périodes tourmentées mais le bateau a toujours été maintenu à flot ; il a toujours été fermement stabilisé. Tout dans nos gestes, nos positions, nos paroles et nos cœurs doit obéir aux enseignements divins. C’est ce dont nous avons tous besoin : de la dignité, de calme et de tranquillité".
La séquence vérité
Après l’homélie du sermont 1, place au sermont 2 et au concret : les élections en Iran et le tournant de la contestation dans la rue. Ici, le Guide Suprême n’a pas mâché ses mots en disant qu’il "allait s’adresser aux candidats et à l’élite politique, aux leaders et aux médias occidentaux. Et, bien sûr parler des élections".
1. Sur les élections : La République de l’Iran est crédible et solide
Le Guide Suprême a pris la Révolution pour repère historique pour rappeler que "depuis 1979, à l’exception du seul référendum qui s’est tenu 1 an après la Révolution, il y a toujours eu des élections en Iran. Pour cette élection, les électeurs étaient libres, ils n’étaient confinés nulle part. D’ailleurs, si tel avait été le cas, comment aurait-il pu accéder aux bureaux de vote ? Cette élection a prouvé que les Iraniens font confiance à leur Establishment. Et l’ennemi veut jeter un doute sur le vote car il sait que, ce faisant, il jettera un doute sur la légitimité du processus et fera vaciller votre confiance en vos institutions. Ne faites pas écho à ce vœu".
2. Aux candidats et à l’élite politique. Les candidats appartiennent tous à l’Establishment Islamique.
"Contrairement à ce qui a été dit ici et là, tous les candidats sont membres de l’Establishment. L’un (Moussavi) a été 8 ans Premier Ministre, mon Premier Ministre ; un autre a été Commandant de la Garde de la Révolution Islamique ; un autre encore Commandant du temps de la guerre contre l’Irak et un autre à la tête du Parlement Islamique. Ils se connaissent tous et je les connais tous personnellement".
"Leur compétition a lieu au sein de l’Establishment. Contrairement à ce qui a été rapporté aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, ils font tous partis de l’Establishment. [En clair, il n’y a pas de contre Révolution]. Les candidats ont exprimé des opinions différentes dans le cadre de l’Establishment et non à l’extérieur. Travestir cette réalité est une traitrise".
Sur les débats télévisés. Le Guide Suprême a critiqué la tonalité négative de la campagne
"En Iran, il y a la liberté d’expression. Chacun a le droit de critiquer, de répondre aux critiques et de se défendre. Ce qui a été fait pendant les débats télévisés afin d’aider chaque Iranien à se faire une idée par lui-même. Ce qui s’est traduit par 10 millions de votants de plus pour cette élection comparativement à l’élection de 2005".
"Malheureusement, il y a eu des manquements qui m’ont attristé. D’un côté, la violence explosive des insultes et de fausses allégations accusant le Président sortant de mensonges avec à l’appui de ces accusations des documents fabriqués et l’accusant également de superstition m’ont embarrassé au regard de la loi et de la Morale".
"De l’autre côté, accuser des Hommes d’Etat de corruption, des hommes qui ont servi pendant 30 ans ce pays sape la crédibilité de l’Etat. Si quelqu’un a des accusations de corruption, il doit les porter devant la Justice. Personne ne devrait être accusé publiquement de corruption tant qu’il n’a pas été jugé coupable de cela. J’avais appelé l’attention du Président là-dessus, après le débat. Et je sais qu’il m’écoute".
"Je connais Rafsanjini [l’une des personnalités mises en cause par le Président] depuis 52 ans. Il a été un élément clé de la Révolution ; probablement le plus efficace. Il a échappé a plusieurs assassinats. Avant d’être Président, il a été Président du Parlement et a occupé plusieurs postes importants depuis. Je n’ai pas connaissance des évènements qui aient conduit à un enrichissement personnel de sa part".
"Rafsanjini a des désaccords idéologiques avec le Président Ahamadinejad depuis l’élection présidentielle de 2005. Personnellement, les politiques sociales du Président Ahamadinejad sont proches de mes idées".
3. Au pouvoir arrogant des medias étrangers et aux leaders du Monde.
Le Guide Suprême a rappelé que "le taux de participation de 85 % avait désagréablement surpris les médias étrangers ; alors ils ont essayé de changer de tactique en jetant un doute sur la crédibilité des résultats. Ce taux indique que l’Iran est une République sensée et en bonne santé. Ce qui contrarie les plans de déstabilisation de l’Iran par l’ennemi. C’est un souffle nouveau, une nouvelle opportunité".
En conséquence de quoi, le Guide Suprême "demande à l’élite Iranienne de faire preuve de conscience historique et de ne pas commettre d’erreurs par leurs mots et leurs actions. Le Moyen-Orient, la crise économique, l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan sont des points cruciaux. L’extrémisme peut engendrer un autre et déboucher sur quelque chose d’incontrôlable. L’élite politique ne doit pas ignorer la loi. Elle doit ouvrir les yeux pour voir la main de l’ennemi à l’œuvre. Notre loi électorale n’autorise pas de truquage, ni de tricherie".
Enfin, concernant la position de l’Iran dans le Monde. Le Guide Suprême a "dénoncé la manipulation du Royaume-Uni, des Etats-Unis et de certains pays Européens en leur disant que, fort de la légitimité de la participation électorale des Iraniens, légitimité supérieure partout dans le Monde, y compris dans les sociétés dites développées, un Nouveau chapitre s’ouvre pour la République Islamique tant pour la question du Nucléaire que pour les questions internationales dans leur ensemble".
Sur les Droits de l’homme. "Qui a créé le chaos en Afghanistan ? En Irak ? et qui apporte son soutien permanent à Israël ? Ces pays ne devraient pas ouvrir leur bouche pour nous parler des Droits de l’homme. Partout où les hommes souffrent, l’Iran les soutiendra. L’Iran n’a pas besoin de leçon ni de conseil en ce qui concerne les Droits de l’homme".
Le Guide Suprême a terminé son discours en interpellant les Iranians : "Je me tiens humblement devant vous. La Révolution vous appartient. L’Establishment vous appartient. Nous avons besoin de votre soutien et de vos prières tout au long du chemin".
L’Ayatollah Ali Khamenei est le Guide Spirituel de la Nation et détient le dernier mot. C’est l’équivalent de notre Conseil Constitutionnel à lui tout seul. Son discours était juste, transparent et droit. C’était un grand discours tenu par un immense Leader qui n’a pas cédé au piège du chantage du Conseil des Experts présidé par Rafsanjani ; conseil qui élit le Guide Suprême.
A suivre, les pouvoirs du Guide Suprême..
