Le Sénat Américain vote le budget du Président de 3 500 milliards
G20

- Je suis venu en Europe cette semaine pour renouveler notre partenariat
La surenchère du sommet du G20 de la part des pays membres de l’Union Européenne, pour brutale qu’elle soit – dans son expression – n’a fort heureusement étonné personne tant l’anti américanisme primaire, de ce côté de l’atlantique et le mépris de l’Europe, toujours considérée comme tout droit sortie d’un socialisme larvé, de l’autre côté de l’atlantique sont de notoriété publique. Les crispations du G20 étaient donc plus ou moins attendues.
Passé le temps du sommet, Barack Obama est revenu sur ce désaccordement dans son discours de Strasbourg, lors du 60ème anniversaire de l’Otan. Non sans avoir rappelé deux choses importantes : l’histoire de l’alliance entre l’Europe et les Etats-Unis et le fait que l’Amérique est en train de changer.
Au-delà des démonstrations qui ont été faites au sommet du G20 de Londres sur le caractère multidimensionnel de la reprise économique, à Prague, Barack Obama a également démontré que la prospérité économique et la sécurité sont liées. Il a rappelé « le Plan Marshall, il y a 61 ans, qui a pu produire tous ses effets parce que dans le même temps, il y a 60 ans, 12 nations ont signé le traité de Washington qui stipulait une chose très simple : l’attaque d’une des nations signataires équivalait à l’attaque de toutes les autres nations signataires ».
L’extrait du discours qui suit précise le lien entre l’économie et la sécurité.
« Ces dernières années, nous avons laissé notre alliance s’effriter. Je suis conscient du fait qu’il y a eu de véritables désaccords politiques, mais nous savons aussi que quelque chose d’autre s’est greffé sur nos relations. L’Amérique ne croit pas à l’Europe en tant que force motrice du Monde. Au lieu de féliciter votre dynamique Union (européenne) et de rechercher des partenariats avec vous, l’Amérique a parfois fait preuve d’arrogance, a ignoré ou a tout simplement tourné l’Europe en dérision ».

- L’Amérique est en train de changer. Mais elle ne doit pas être seule à le faire

« De ce côté-ci, il existe en Europe, un anti-Américanisme parfois réel et parfois insidieux. Au lieu de reconnaître le bon côté de ce que l’Amérique fait très souvent dans le Monde, l’Europe choisit souvent de critiquer l’Amérique sur ce qu’elle fait de mauvais". "Des deux côtés de l’atlantique, ces attitudes ne sont que trop fréquentes. Elles ne sont pas avisées. Elles ne représentent pas la vérité. Elles tendent d’élargir le fossé à travers l’atlantique et à nous isoler de plus en plus. Elles pêchent par leur ignorance de ce fait fondamental qui est que l’Amérique ne peut pas affronter les défis de ce siècle toute seule tout autant que l’Europe ne peut les affronter sans l’Amérique ».
« L’Amérique ne peut pas affronter les défis de ce siècle toute seule tout autant que l’Europe ne peut les affronter sans l’Amérique »
« Je suis venu en Europe cette semaine pour renouveler notre partenariat : un partenariat dans lequel l’Amérique écoute et apprend de ses autres amis et alliés ; un partenariat où nos amis et alliés prennent leur part pour partager le fardeau (de la conduite du monde). Aujourd’hui, nous devons trouver des solutions communes à des problèmes communs. Alors, laissez-moi le dire le plus clairement possible : l’Amérique est en train de changer. Mais elle ne doit pas être seule à le faire ».
« Nous sommes confrontés à la plus grande crise économique depuis la seconde guerre mondiale. La seule manière de nous affronter à cette crise sans précédent est de mettre en oeuvre une coordination sans précédent. Et, en même temps que nous restaurons notre prospérité commune, nous devons nous lever pour notre sécurité commune. Et nous savons aussi que la sécurité est plus complexe que le pouvoir militaire ». Extrait du discours du 3 Avril (2009) à Strasbourg.
Ce sont tous ses éléments programmatiques qui figurent dans le budget que le Sénat vient de voter. Le budget de l’Amérique finance, la guerre avec ses deux volets sécuritaire et militaire : renforcement des troupes en Afghanistan, aide à la reconstruction de l’Afghanistan, renforcement de l’équipement militaire, retrait des troupes d’Irak et aide à la reconstruction et à la formation des forces de sécurité locales ; la reprise économique et le budget du fonctionnement de l’Etat. Le budget est forcément colossal si on tient compte en plus du fait que le coût de la guerre est désormais transparent et compris dans le budget présenté au Senat. Avant, ce coût était secret.