mardi, 21 août 2018
 

Merci Mr. Bruno le Maire. Vous frappez dans le mille de la réforme des Institutions.

Peu importe, Monsieur le Député, que votre sortie apparaisse comme celle de Jean Baptiste préparant « la voie de celui qui Vient après lui et qui lui a été préféré parce qu’il était avant lui ». J’ai nommé le Messie incarné aujourd’hui par Nicolas Sarkozy. C’est que l’angoisse et la contestation ont changé de camp. Alors « reviendra ou reviendra pas ? » C’est comme la question rappelée aux J.O. de Londres "to be or not to be".

Je suis heureuse de vous entendre dire que vous avez démissionné de la fonction publique pour vous consacrer à votre mandat de Député et de dénoncer, au passage, la sur représentation des fonctionnaires (35%) cajolés par la République et les Syndicats - le tout faisant caste des castes - cette confiscation des sièges de l’AN qui consacre une supériorité citoyenne aux fonctionnaires au détriment de tous les autres.

Merci, grand merci de le dire, car depuis 2007, je l’ai mentionné dans le « clonage institutionnel » (photo) pour en tirer les mêmes conclusions que vous. Où est la prise de risques qu’on réclame par exemple aux chômeurs sommés de se trouver un emploi, sinon... on leur coupe les vivres ? Où est l’égalité de traitement et d’injonction du côté des fonctionnaires qui peuvent aller se présenter aux élections tout en conservant leurs avantages de la fonction publique ? C’est de l’escroquerie en bande organisée. Clair, net.

Merci, car je me suis toujours étonnée de cette « confiscation des territoires », chapitre clé du « clonage institutionnel ». Où a-t-on vu un pays civilisé entretenir les mieux lotis et les surprotéger y compris au risque de couler le pays dans la dette et le déficit ? Comment ces élus prédateurs peuvent-ils se réclamer de l’excellence voire de comportements exemplaires alors qu’ils se comportent comme les petites frappes banlieusardes pour lesquelles ils n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer les trafics ?

Ce qui se passe dans le cumul des mandats et des fonctions c’est du trafic d’influence. Donc du trafic tout court. Quel intérêt y a-t-il, sachant qu’on est déjà de la fonction publique et assuré de retrouver un salaire et son poste, après un échec improbable - les partis ayant verrouillé les élections -, quel intérêt y avait-il de se voter en plus des indemnités de chômage de cinq ans, en guise de troisième filet de sécurité, le premier étant la fonction publique et le statut éternel de fonctionnaire et le second, le statut d’élu sécurisé par les partis politiques. Le quatrième filet de protection est l’arnaque qui exonère les députés de passer le CAPA pour devenir Avocats.

Il est bon de rappeler que la Suisse a supprimé ce statut vorace et anti républicain. Le contrat de travail doit être unique.

Cela nous change des histoires de chambre privée du jour d’une tweeteuse célèbre, pour ses excuses à répétition. Que cachent ces excuses à répétition ? Veut-on laver le scandale et l’impolitesse de New York ? ou y a-t-il le feu à la Maison Elysée ?

La France a tellement pris du retard dans ces réformes qu’il faut évidemment accélérer le tempo et vous avez raison de dire que la Droite ne reviendra que si elle propose du Neuf à travers des idées nouvelles. Moi j’applaudis vos propositions et je vous dis Bravo.

Rénovation démocratique, dites-vous ? Je signe.

>>> “L’impossibilité faite aux parlementaires d’avoir plus de trois mandats successifs ainsi que la réduction du nombre de députés de 577 à 450 et du nombre des sénateurs à 250” rapportés par le Monde. Je dis Oui.

>>> “Tout membre de la fonction publique élu sénateur ou député doit démissionner de la fonction publique ainsi que cela se pratique en Angleterre et en Allemagne”. Je dis Oui. Plutôt deux fois qu’une.

>>> “Le statut d’élu doit être incompatible avec le maintien dans la fonction publique, dites vous”. Je dis Oui. Trois fois.

Seul bémol : comment arrivez-vous aux chiffres de 450 et de 250 députés et sénateurs ? Quelle est la règle de péréquation que vous appliquez ?

Hier, on disait que le drame d’Echirolles avait partie liée avec des zones où le système Educatif n’était pas au top. Bémol, là aussi. Pour avoir séjourné une année dans un Lycée, je sais que les enseignants - fonctionnaires purs et durs - sont pour l’égalité pour autant que leur progéniture, à l’instar de celles des Enarques et des Grandes Ecoles qui pratiquent la reproduction, suivent les traces des champions de la Reproduction justement. Ainsi Claude Allègre, alors Ministre de l’Education Nationale, avait-il constaté dans "Toute vérité est bonne à dire" que 50% des enfants qui fréquentent aujourd’hui les grandes écoles ont une mère enseignante du secondaire. Au lycée justement. Là où, j’ai observé que le tri se fait brutalement.

La chose s’apparente au "délit d’initié", car ayant une connaissance approfondie du marché des filières mieux que quiconque, les enseignants en font prioritairement bénéficier à leurs enfants et, le cas échéant, aux enfants auprès desquels ils font du soutien scolaire chez Acadomia par exemple. Il y a une insulte ici : un enseignant fonctionnaire qui bénéficie déjà de la sécurité de l’emploi et qui se plaint d’avoir beaucoup de charges de travail ne devrait pas venir en plus squatter et accaparer les boulots dans le privé que d’autres peuvent exercer. C’est scandaleux. Là aussi, il faudra légiférer. De deux choses l’une, soit ils sont débordés et ils ne peuvent pas trouver le temps pour aller faire de l’extra-scolaire dans le privé ; soit les enseignants ne le sont pas.

Mr. le Maire, c’est toute la société qui doublonne ainsi. C’est dans le “clonage institutionnel”. Démonstration à l’appui. Noir sur blanc.

En échange de quoi, on retombe sur Echirolles, les enfants des immigrés sont souvent trop vite orientés vers les voies de garage et des formations en alternance sousvalorisées. Déclassement injustement ressenti qui m’a été plusieurs fois rapporté par les familles. Un sentiment qui génère la colère et la révolte de certains jeunes qui se sentent incompris, dévalorisés et humiliés. Je ne dis pas que les enseignants ont systématiquement tort dans l’orientation scolaire. Ce que je crois c’est que l’Ecole ne valorise pas suffisamment les enfants en difficultés et que la société, à son tour, ne valorise pas non plus la jeunesse. Ce n’est pas un poste de porte parole artificiel confié à Belkacem qui changera quelque chose ou qui sert de modèle, c’est un travail sur le terrain.

J’ai essayé avec le « projet d’accompagnement citoyen » dont j’ai parlé ici sur ce site, maintes et maintes fois, projet porté par une association "La Voie Lactée". Mais, ce sont les élus de la municipalité de Villefontaine, de l’agglomération du Nord Isère, du Conseil Général de l’Isère et du Conseil Régional RA qui ont cassé le projet. C’est dire la chaîne d’irresponsabilités. Il est vrai qu’au Lycée, certains enseignants s’étonnaient du fait que j’ai reçu la validation de la Région pour intervenir dans un Lycée, alors que je n’étais que Docteur d’Université. Comprendre, sans être passée par la canal moutonnier. Je défends par ailleurs l’idée d’une communauté enseignante qui ne soit pas réservée à des filières exclusives. C’est un appauvrissement généralisé.

L’Ecole a besoin d’une Révolution dans ses pratiques. Mais ceci est une autre histoire que je relate dans le chapitre intitulé "la société scolaire".

Lorsque j’ai eu fini d’écrire “le clonage institutionnel”, je suis allée voir les libraires avec une copie de l’édition. L’un d’entre eux m’a dit une chose que je retiens toujours : "Il me semble que vous êtes en avance sur le temps". C’est dommage, car ce que vous dites est vrai et intéressant. Mais, en ce moment d’hyper-présidence - Sarkozy venait d’être élu - et tel que c’est parti, on aura du mal à vendre votre ouvrage qui ne trouvera pas un espace pour être audible.

Dieu merci, tout vient à point pour qui sait attendre.

Puisque vous faites allusion, Mr. Le Maire, au Royaume-Uni, là-bas on a supprimé les allocations familiales aux plus aisés, car les alloc sont allouées sur conditions de ressources. A la lettre, cela implique qu’une bonne catégorie n’y a pas droit. Au lieu de cela, une femme avec un seul enfant sans revenus de travail ne perçoit pas d’alloc. Mais une femme travaillant et gagnant bien sa vie avec 2 enfants peut en percevoir, pour le nombre d’enfants.

On paie quoi, la quantité ou le citoyen ? C’est d’une tristesse absolue ces inégalités chroniques et inexplicables qui profitent toujours aux mêmes. Il faut supprimer les alloc à partir d’un certain seuil de revenus que l’Assemblée nationale peut parfaitement définir, quitte à baisser les impôts à l’autre bout de la chaîne. C’est indécent de payer des alloc pour que certains enfants s’en servent comme argent de poche alors que d’autres ont toutes les peines du monde à se payer un ciné ou un voyage et glandent dans les cités.

Ceci n’explique aucun meurtre, mais la violence. On voit bien qu’en haut et au milieu, on vole :

- cumul des mandats, mandats éternels 20-30 ans comme dans les dictatures et les pays Africains, placements des épouses, concubines et enfants à des postes importants ainsi que des enfants des amis et puis la filière opaque du recrutement des assistants parlementaires laissée (la filière) à la discrétion de chaque parlementaire qui peut recruter au sein du réseau familial et amical. Ceci n’est pas acceptable.

- on voit bien qu’en haut, on vole et on triche comme ces alliances contre-nature entre les journalistes et les politiques, comme ces innombrables niches fiscales auxquelles le budget actuel n’a pas eu le courage de s’attaquer. Pourquoi ne pas voler en bas ? C’est mécanique. Et Moscovici nous dit que les 3% de déficit budgétaire sont tenables. Mission impossible. Motif premier : les 10 milliards de réductions de la dépense publique proviennent du gouvernement Fillon qui a expliqué sur la Une que cela provenait de trois postes budgétaires :

Un. La réforme des retraites

Deux. La réduction des intérêts de la dette.

Trois. La RGPP qui a permis de dégager 4,5 milliards environ avec la réforme sur le non recrutement d’un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite.

On attend toujours la réduction de la dépense publique du gouvernement Ayrault. Pour le moment, c’est zéro réduction.

Pour conclure provisoirement, car ce sujet est vaste, j’ai entendu une ex élue de 40 ans de mandats dire récemment qu’elle faisait oeuvre de "salubrité publique" en acceptant de participer bénévolement à la commission sur la réforme des institutions qu’elle n’a pas seulement évoquée une seule fois dans sa carrière, depuis qu’elle profite de la situation. Et même si elle l’avait évoquée, c’était pour faire bien. 40 ans de mandats tout bénef perso ; népotisme à l’appui et gabegie des fonds publics (vaccins) ; c’est incompatible avec la "salubrité publique". Ce serait même exactement le contraire.

Mais c’est typiquement frenchy ça, le clairon est aussi fort que la preuve par les actes est faible. Se réclamer de « salubrité publique » quand on a passé 30 ans au pouvoir sans discontinuer sans y laisser une trace indélébile ou proclamer qu’on atteindra les 3% l’année prochaine sans le justifier, c’est kif kif. Du clairon.

Monsieur le Maire, merci encore pour vos propos. Comme ça au moins, je suis rassurée de ne pas prêcher dans le désert, comme Jean Baptiste, depuis 2002. Ouf !

Le lecteur intéressé peut lire l’interview du Député Bruno le Maire, dans le Monde. Et l’Editeur intéressé est bienvenu.

Photo. Le clonage institutionnel. Edition provisoire. Avril 2007.

Référendums. Commençons par l’abolition des privilèges. Vous avez dit "Assistanat" ?

 
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