dimanche, 19 mai 2013
 

Mohamed Morsi, candidat des Frères Musulmans, élu Président d’Egypte.

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Tahrir Square était rempli cet après-midi, dans l’attente des résultats de l’élection présidentielle. Lorsque le Président de la Commission Electorale a annoncé la victoire de Mohamed Morsi, c’était l’exultation. C’est que chacun des finalistes, le Président élu et son adversaire éliminé, Ahmed Shafiq, le dernier premier Ministre de Moubarak, revendiquait la victoire.

La victoire de Shafiq représentait une forme de continuité de l’ère Moubarak. Ce contre quoi les Egyptiens luttent depuis bientôt un an et demi qu’ils envahissent régulièrement Tahrir Square devenu le symbole de la résistance de tout un peuple contre 30-40 ans d’un régime dont on ne voyait pas le début de la fin, jusqu’aux évènements de la Tunisie, avec ce jeune commerçant ambulant qui s’est immolé, après que la Police ait saisi sa marchandise. Un désespoir individuel qui témoignait en fait de la déspérance d’une jeunesse sacrifiée sur l’autel des régimes tournés vers la satisfaction des pouvoirs de l’argent et d’une économie basée sur le tourisme et la satisfaction des touristes étrangers.

Avant la déclaration des résultats, les Frères Musulmans ont menacé qu’ils résisteraient aussi longtemps que possible, si leur candidat n’arrivait pas en tête. Il y a une dizaine de jours environ, le Conseil Militaire a dissous l’Assemblée Nationale dominé par les Islamistes pour des raisons "d’inconstitutionnalité". Cette suspension légitimait les menaces des Islamistes, en cas de victoire de Ahmed Shafiq qui serait apparue comme une fraude monumentale légitimant à son tour l’affrontement entre le peuple et le Pouvoir Militaire qui reste le Maître du Jeu.

 Fragilité

60 ans d’opposition entre l’armée et les Frères Musulmans vont-ils faire place à une coopération paisible et amicale ? Mohamed Morsi a fait de la prison, sous Hosni Moubarak. Les frères Musulmans, en tant qu’Islamistes étaient écartés du pouvoir en Egypte ; car le pays se voulait séculier. En Tunisie, Ben Ali faisait emprisonner les barbus. La Lybie était sur la même ligne. La Syrie également. C’est donc un paradoxe absolu de voir que le printemps Arabe se termine avec l’arrivée des Islamistes au pouvoir : Lybie et Egypte et d’un candidat qui affiche sa préférence religieuse en Tunisie.

Droit des femmes et traité de paix avec Israel

Précédemment, Morsi avait annoncé qu’il respecterait l’égalité des droits entre les femmes et les hommes ; en clair qu’il garantirait les droits des femmes et qu’il respecterait le traité de paix entre Israel et l’Egypte. Pour autant, les femmes et l’Amérique doivent-ils être rassurés ? Oui, pour le moment, en raison de la situation économique en lambeaux.

Le principal défi du nouveau Président sera le redressement économique, car la manne touristique a tari, depuis le début du printemps Arabe. L’Egypte est par ailleurs endetté et a besoin de l’aide internationale pour relancer son économie. L’ouverture d’un front d’hostilité avec Israél se traduira par un blocage des finances absolument nécessaires à l’économie du pays et au financement de l’armée.

Par ailleurs, l’Egypte doit réinventer une nouvelle économie plus diversifiée.

Le pays est en alerte.

Mohamed Morsi a obtenu 52 % contre 48 % pour son rival.

Les Egyptiens fêtent dans la rue et font klaxonner les véhicules et résonner tout ce qui peut produire du son et faire du bruit. C’est la liesse.

 

 
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