Rama Yade a plagié à l’insu de son plein gré.

« A l’insu de son plein gré », l’expression a connu une fortune dans un épisode cycliste appartenant au passé - au cours d’un tour de France. Par la suite, des sportifs dont les contrôles se sont révélés positifs ont tantôt accusé leur régime alimentaire, un steack "blindé" aux amphétamines par exemple par les cuisiniers qui voulaient le perdre, les vitamines ou encore le traitement d’une grippe dont les prescriptions contenaient des substances susceptibles de donner des résultats positifs aux contrôles. Tous ont toujours nié l’évidence et fait appel pour un second contrôle.
Trait caractéristique de ces sportifs contrôlés positifs : des champions célèbres.
Avec Rama Yade, c’est pareil. Voici une célébrité, chouchou des médias et - paraît-il - des Français à égalité avec Yannick Noah - Sauf que lorsqu’on voit les réactions aux propos de Noah sur le soupçon de dopage des athlètes Espagnols qui gagnent presque toutes les compétitions mondiales, on a des doutes sur le classement des personnalités préférées des Français : soit on les veut lisses et muettes ou en tout cas le plus consensuels et lénifiants, soit les critères du classement sont à revoir.
Rama Yade invente les citations-ventriloques
Qu’y a-t-il de commun entre des athlètes dopés qui nient tout en bloc et des auteurs de la « société du spectacle » qui se défendent dans le genre, « j’ai oublié de mettre des guillemets aux citations empruntées, mais, dans ma bibliographie étoffée (une vingtaine de livres lus ? par qui ?), leurs noms apparaissent » :"Citations libres", nous dit Rama Yade, c’est-à-dire qu’il appartient à chaque lecteur de bien vouloir rattacher les non-citations (puisque sans guillemets dans le texte) aux noms des auteurs listés dans la bibliographie. On dirait le jeu des mots fléchés.
Rama Yade invente les citations-ventriloques. Non seulement, elles ne sont pas répérables dans le texte ; ce qui suppose que le lecteur doit les répérer par divination et ensuite les attribuer au bon auteur dans la bibliographie. Le tout par intuition et sans qu’il y ait un validateur ou un corrigé. Si vous pensez que vous avez raison, c’est bien. Si non, c’est tant mieux.
"Plus c’est gros, plus ça passe"
Problème, le nombre de morceaux "piqués" ici et là, dans des sources disparates est tel qu’il est temps pour Rama Yade de dire la vérité toute nue : "J’ai utilisé un Nègre et, par conséquent, n’ayant pas la maîtrise de l’oeuvre, je ne pouvais pas du tout savoir". La chose passerait mieux, puisqu’il s’agit d’une pratique largement pratiquée par les hommes au Pouvoir.
Comme les sportifs, Rama Yade a plagié à l’insu de son plein gré, car elle ne pouvait pas savoir. On utilise en Nègre lorsqu’on s’attaque à un sujet pour lequel on n’a pas le temps d’écrire soi-même ou pour un sujet au-dessus de nos capacités intellectuelles. Et puis, lorsqu’on est une célébrité (politique, sportive, médiatique figurant au top 10 des personnalités préférées des Français), on se dit que : « plus c’est gros, plus ça passera ». Donc, on prend ses libertés avec tout. Après tout, l’éditeur est la couverture et la caution publiques. Grasset, ça fait classe et très sérieux. Du lourd quoi. Qui irait voir de près ? Qui irait soupçonner quoi que ce soit, surtout en ces temps de campagne et de débats intenses y compris d’attributions des circonscriptions législatives ?
Non, il était tentant de croire que les gens regarderaient ailleurs.
Ca rappelle le flamboyant Ministre des Affaires Etrangères Allemand, chouchou des médias à qui on prédisait un avenir flamboyant qui a démissionné récemment...pour plagiat. Alerté par un blogonaute, une communauté de bloggeurs s’est constituée et a traqué toute la thèse de Doctorat de notre Ministre. Verdict : 75 % de la thèse de notre flamboyant Ministre avait été plagiée, sources et preuves à l’appui. Un peu ce que fait Yann Barthes dans son petit Journal juteux et épicé. Tout au long de cette semaine, un extrait plagié est lu à deux voix sur l’antenne de Canal. L’image est surréaliste.