Réflexions du camarade Fidel sur le remaniement ministériel
Il revient sur l’éviction des deux figures emblématiques du remaniement en disant qu’ils ont été sortis du Gouvernement "parce que "le goût du miel du pouvoir les a conduits à des comportements indignes".
Le leader maximo précise qu’il a été consulté sur les nominations, même s’il pense que le Président n’était pas obligé de le faire "puisqu’il lui a abandonné ses prérogatives depuis qu’il a quitté le Pouvoir".

- Fidel Castro
- "Le miel du pouvoir a conduit certains à des comportements indignes"
Il ajoute qu’il n’a pas fait de propositions, pour la majorité des remplacements. "Presque sans exception, les nouveaux entrants au Cabinet ont été proposés par d’autres collègues du parti ou de l’Etat". "Je ne me suis pas impliqué dans cette sélection".
Malgré tout, pour les deux évictions surprises : celle du Ministre des Affaires Etrangères, Felipe Perez Roque (43 ans) et celle du Vice-Ministre de l’économie, Carlos Lage, Fidel Castro a précisé que "l’amour du pouvoir pour lequel ils n’ont consenti aucun sacrifice a réveillé en eux des ambitions qui les ont conduits à des comportements indignes".
"Le miel du pouvoir a conduit certains à des comportements indignes" Fidel Castro
La traduction ici est hasardeuse. Mais, on va risquer deux hypothèses : soit ces derniers contestaient l’autorité voire la légitimité du Président du Conseil de l’Etat, véritable organe décisionnel qui n’est autre que le Président Raoul Castro et nourrissaient des ambitions personnelles. Soit, ils ont été coupables de corruption.
Le Président Raoul Castro a été élu Président de la République Cubaine par l’Assemblée Nationale, l’an dernier. Sa légitimité peut être sujette à caution, dans la mesure où, dans une République moderne, le Président se fait élire par le suffrage universel direct. D’un autre côté, à quoi aurait-il servi de procéder à des élections "démocratiques", puisque celles-ci peuvent parfaitement être truquées, comme c’est le cas dans les pays non démocratiques ? Le Leader historique a donc épargné le peuple d’une mascarade et d’une dépense inutile pour l’organisation de telles élections.
Les deux personnalités mises en cause - sans les nommer - ne se sont pas exprimées.
Sur la question du remplacement des hommes de Raoul Castro (les Raoulistes) par les anciens de Fidel Castro (les Fidélistes), le leader maximo a rejeté les rumeurs d’une telle substitution, même si d’anciennes figures, compagnons et fidèles du leader maximo, ont vu leurs fonctions changer.
Tout va bien : le leader historique n’est pas encore mort.