UMP. La galère c’est maintenant.

Soumis à la dictature médiatique, les membres du gouvernement Nicolas Sarkozy et les ténors de l’UMP, sans oublier l’ensemble des forces politiques de Droite, y compris du centre droit avaient enterré prématurément leur Joker. Tous les sondages n’annonçaient-ils pas une défaite cuisante, une humiliation suprême, car un Sauveur, un Génie était né, de la cuisse de DSK, notre président actuel. Sauf que tout ceci était un château de cartes, conçu pour berner les politiques dont le principal moteur est tout entier contenu dans cette formidable formulation de Daniel Cohn Bendit : "l’insoutenable légèreté de l’arrivisme".
Donc, toutes les personnalités politiques en vue de la Droite ont été d’une discrétion rare, sauf lorsqu’il fallait monter sur les podiums pour discourir ; certains ont même rallié le camp PS. Ils y ont perdu leur âme, leur honneur, dévoilant une seule chose : "leur insoutenable légèreté de l’arrivisme". Les Verts et François Bayrou au premier chef devant lesquels Marine Le Pen fait symbole de pureté et de fierté. Un comble.
Le retour du bâton
Voici donc l’UMP aux prises avec ce qui lui pend au nez depuis, son épée de Damoclès sur sa trahison légendaire. Les Copéistes contre les Fillonistes. Fillon au gouvernement ne faisait pas peur à une mouche. Hors du gouvernement, il veut tout : être Député et être Chef de l’UMP, car il en est un membre fondateur, au même titre qu’Alain Juppé et J.P. Raffarin et revendique le poste suprême de droit.
Tous les membres du gouvernement qui vient de passer se disent Fillonistes. Le contraire aurait été étonnant. A l’exception de Nadine Morano, Henri Guaino, Claude Guéant et Brice Hortefeux (dans une moindre mesure), on voit qui croyait encore que la reélection de leur candidat était encore possible. Même pas J.F. Copé.
Nadine Morano est donc l’une des rares fidèles de NS et c’est probablement pour cela qu’elle a été victime du canular de Dahan. Le fait que Dahan ait déjeuné avec le fils Hollande n’est pas un bon signe et donnerait plutôt raison à Nadine Morano, indépendamment du score final. Envoyer un humoriste piéger une candidate doit effectivement être puni. Ce déjeuner ressemble comme deux gouttes d’eau à une complicité coupable.
Conclusion. On ne peut pas avoir été Sarkozyste et être Filloniste, c’est incompatible. Sarkopéiste ? Est-ce compatible ? Dans la résonance oui : sarko et copé s’emboîtent parfaitement. Sarko - filon, ça fait un peu "Sarko... filons". Mais c’est juste une question d’écho.
Le parricide est facile. C’est après que les choses sérieuses commencent. Pour l’UMP, les temps de la galère s’ouvrent. Mais personne ne va pleurer. Ils avaient tout pour gagner collectivement et poursuivre les réformes, si tenté que cela leur importait. Au lieu de jouer collectif, ils ont sacrifié cela pour leur ego : "l’insoutenable légèreté de l’Etre".
Au demeurant, la meilleure campagne lors des présidentielles a été celle de J.L. Mélenchon. Sarko a trop patiné au début pour rattraper son retard à la fin sur le fil. Et, autour de lui, ça ne suivait pas. J.L. Mélenchon a tout de suite trouvé le contact avec le peuple qui, lui, suivait, jusqu’à la consigne fatale du "vote utile", en faveur du candidat PS et du "vote sanction" de l’UMPS, en faveur de Marine Le Pen. Un peu normal qu’il peste aujourd’hui contre le non soutien du PS à Hénin-Beaumont.